Nathanaël Wallenhorst
Nathanaël Wallenhorst
Depuis novembre 2022, la Terre compte 8 milliards d'êtres humains. Et forcément, au moment où les Nations unies ont publié ce chiffre, le débat traditionnel a ressurgi pour faire le lien entre démographie et ressources naturelles. Frédéric Spinhirny et Nathanaël Wallenhorst y prennent part au travers de ce manifeste joyeux, destiné en particulier aux jeunes. À contre-courant du récit pessimiste ambiant, mais loin de tout discours nataliste, ils remettent en cause l'assertion selon laquelle notre salut dépendrait d'une réduction drastique du nombre des naissances. Ne quittons pas le combat en nous retirant du monde, disent-ils, car ce n'est qu'en relation avec ceux qui feront celui de demain que nous pourrons refonder nos relations au vivant.
Maurice Bellet (1923-2018) a été pleinement un homme de son temps. Soucieux de mettre au jour les enjeux qui sous-tendent la société contemporaine, ce grand théologien, philosophe et psychanalyste a su en saisir la complexité. Mû par la conviction qu'il est toujours possible de choisir et par la conscience du danger qui nous menace - l'inhumanité tapie au coeur de l'humain -, ce penseur, encore trop méconnu, voyait dans la foi l'instance critique par excellence ; dans la relation, ce qui permet à chacun de naître à sa propre humanité. Passage de témoin d'une génération à l'autre, cet entretien inédit avec Nathanaël Wallenhorst, un chercheur de cinquante-sept ans son cadet, brosse un portrait de l'intellectuel en poète, voire en artiste, qui sut au gré des quelque soixante ouvrages qu'il publia rester sensible aux souffrances humaines comme aux fractures du monde. Dialogue complice, il fait émerger les questionnements anthropologiques de Maurice Bellet, et donne à percevoir la substantifique moelle d'une pensée qui parle au coeur, aussi importante que foisonnante.
Crise climatique, effondrement de la biodiversité, pandémies et autres catastrophes... Les raisons ne manquent pas pour expliquer la vogue de la collapsologie. François Prouteau nous propose plutôt de relire L'Odyssée, matrice de notre civilisation, et y puise des leçons pour inspirer l'anthropologie et la politique de demain, aussi bien que les pratiques écologiques et éducatives nécessaires à la sauvegarde de notre maison commune. Oui, 2021-2030 est le temps d'une odyssée écologique, le plus grand défi posé à la décennie. Il faut, tel Ulysse, mettre le cap sur une Terre habitable. Plus que jamais fragiles et reliés, entre humains et non-humains, nous sommes à un nouveau commencement, au début d'un périple semé d'embûches. Saurons-nous saisir cette opportunité ? Être résilients dans les épreuves ? Accueillir le vivant avec hospitalité ?
Depuis quelques années, des groupuscules transhumanistes fantasment une mutation humaine. En nous « augmentant », nous pourrions vaincre la mort, et véritablement être « comme des dieux ». Mais opportunément, les mêmes, refusant tout déterminisme biologique, minimisent la véritable mutation en cours : celle de la planète. Or, si une mutation humaine est l'enjeu du siècle, elle doit nécessairement prendre acte des limites de la Terre. Elle procédera non d'une amélioration ou d'une augmentation de l'individu, mais d'un changement radical de la façon dont nous coexistons, entre humains, et entre humains et non-humains. Elle portera sur cet espace qui est « entre ». Elle sera politique. Dans cet essai, Nathanaël Wallenhorst poursuit son travail d'analyse critique de l'Anthropocène en dénonçant cette soif qui nous pousse à la possession illimitée et à la domination. La mutation qu'il appelle de ses voeux ? Repenser l'humanité comme une aventure en conciliant biologie et politique, jaillissement de la vie et organisation de la pensée. Et cela ne va pas sans soulèvement ni résistance...
Un recueil de poésie où chaque vers murmure l’absence et la nostalgie. Dans les pas de ton silence invite à une marche intime à travers les souvenirs, les rêves inachevés et la lumière d’un été perdu.
Nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l'Anthropocène. C'est un fait historique : d'abord, parce que cette nouvelle ère géologique est directement façonnée par les activités humaines - hélas pas forcément pour le meilleur -, mais aussi parce que c'est la première fois, de mémoire humaine, que nous pouvons penser une ère géologique au moment où elle se déroule ! Et du coup, y agir en connaissance de cause, pour tenter d'infléchir le chemin pris. Ce petit ouvrage souhaite donc aider les humains à comprendre l'Anthropocène, cette période hors normes qu'ils sont en train de vivre. Ce n'est qu'à cette condition que nous pourrons agir, à l'échelle de la société elle-même, en faveur des générations futures.
Et si la liberté individuelle n’était qu’une illusion dans une société où la psychiatrie s’immisce partout ?
A quoi ressemblerait notre vie quotidienne, en 2049, sur une Terre qui franchirait les principaux points de basculement ? Fort de savoirs sans cesse actualisés, Nathanaël Wallenhorst anticipe d'une façon très concrète ce que pourrait être 2049 côtés écosystème, climat et société. Aurons-nous toujours des saisons en 2049 ? De quoi sera faite notre alimentation ? Quels seront nos loisirs ? Climat, eau, santé et migrations, l'auteur raconte notre quotidien dans ce futur proche si rien ne change. Dessinant ainsi la trajectoire de nos sociétés, l'auteur révèle ce que seront nos conditions d'existence dans vingt-cinq ans. Alors, comment aimerons-nous ? Comment travaillerons-nous ? Comment vivrons-nous ensemble à Thessalonique, en Laponie ou à Rennes ? C'est à toutes ces questions que sont apportées des réponses. Démonstration solide, l'ouvrage dresse un constat clair et détaillé de ce que serait l'habitabilité humaine dans les décennies à venir, si nous n'agissons pas aujourd'hui. De fait, 2049 est un livre majeur.Nathanaël Wallenhorst, né en 1980, est chercheur en sciences de l'environnement et membre de l'Anthropocene Working Group (AWG), le groupe de géologues en charge de la datation de l'entrée dans l'Anthropocène. Il est également professeur à la faculté d'éducation de l'Université catholique de l'Ouest, à Angers, dont il est le doyen.
Nathanaël Wallenhorst COMMENTE L'ARTICLE DE WILL STEFFEN ET SES COLLÈGUES : Nous marchons sur un lac gelé. Deux possibilités : la glace tient, ou elle cède. Ainsi en est-il du contexte bioclimatique : soit il est stable et favorable à la maîtrise des écosystèmes permettant de dégager des excédents agricoles nécessaires à la vie en société ; soit il ne l'est pas, et c'est un chaos civilisationnel. Tels sont les résultats d'une étude scientifique, "Les trajectoires du système Terre durant l'Anthropocène", véritable bombe qui permet de transformer notre compréhension de la Terre, et donc notre représentation du monde. Traduite et présentée par Nathanaël Wallenhorst qui poursuit son travail d'exploration du fonctionnement du système Terre et de la possibilité qu'un ensemble de réactions en chaîne le pousse vers le franchissement d'un seuil qui entraverait la stabilisation du climat à des températures compatibles avec la vie humaine en société. Parce que cette compréhension de la Terre nous donne des outils pour changer le monde. Ni plus, ni moins.
Nous avons modifié de façon durable les conditions d'habitabilité de la Terre pour l'ensemble du vivant et ainsi grandement fragilisé la vie en société. L'auteur décrypte les récits politiques du temps présent qui font chacun le lit possible de l'échec démocratique et/ou de l'échec écologique : le récit mensonger, selon lequel nous ne serions pas sûrs que le changement climatique soit d'origine humaine ; le récit bisounours, qui fait reposer un changement global sur la conversion à l'écologie de chaque citoyen ; le récit californien, qui fait miroiter un salut technoscientifique ; le récit chinois, selon lequel la fin justifierait les moyens ; le récit pervers, qui veut tout faire tenir en même temps. Mais l'histoire n'est pas terminée. Un récit alternatif trace son sillon...
L'homme est-il réellement devenu une force d'ampleur géologique ? Sommes-nous vraiment entrés en Anthropocène ? Les écosystèmes s'effondrent-ils, et si oui, la civilisation les suivra-t-elle ? Les scientifiques sont-ils même d'accord entre eux ? Qui croire ? Que se passe-t-il pour de vrai ? L'état des lieux de notre planète fait débat. Des voix s'élèvent, contradictoires. Préférant les savoirs géoscientifiques à l'agitation sociale, Nathanaël Wallenhorst entend aller y voir de plus près. Mais où les trouver, ces savoirs, sinon dans les publications scientifiques à comité de lecture, en anglais et pas toujours accessibles ? Pour nous, il les passe en revue et en résume la substantifique moelle. Une enquête au coeur de la science, avec à la clé des réponses aux plus vives questions du temps présent. À nous, dans son sillage, de démêler le vrai du fake !
L'Anthropocène, nouvelle période géologique, est caractérisé par l'impact de l'activité humaine sur le système terre. Il fait de l'humain une force géologique et fait se percuter la temporalité longue de la Terre et la temporalité de l'histoire humaine. L'entrée dans l'Anthropocène amène des questions existentielles sans précédent, dont celle de la fin possible de l'aventure humaine. Au-delà du doute portant sur l'amélioration de la qualité de la vie dans l'avenir, c'est sur l'existence même d'un avenir possible que porte l'incertitude contemporaine. L'Anthropocène peut être investi comme un révélateur de nos fondements éducatifs et permettre de penser autrement l'éducation. Bousculant des paradigmes éducatifs, un chantier de définition de ce qu'est éduquer en Anthropocène est à entreprendre. En effet, pour que le sursaut politique espéré par bon nombre de citoyens imprègne durablement l'histoire humaine, c'est le niveau éducatif qu'il faut particulièrement investir. Et à cet égard il est nécessaire de dépasser la logique développementale de l'éducation au développement durable dont le drame est de ne pas avoir renoncé à la croissance.