Dominique Kalifa
Dominique Kalifa
On connaît bien le commissaire de police du xxe siècle, devenu une figure familière grâce à la fiction, dans la littérature d'abord, au cinéma et à la télévision ensuite. On connaît beaucoup moins bien son devancier du xixe siècle, mal vu par ses contemporains et négligé par les historiens. Il ne correspond pourtant que peu à l'image du froid bureaucrate à laquelle on l'a souvent réduit. Si, contrairement à l'inspecteur ou au « limier » de la Sûreté, il n'a alors guère sollicité l'imaginaire, ce fonctionnaire moderne a constitué à partir de la célèbre loi de février 1800 (28 pluviôse an VIII) un rouage essentiel de la construction de l'État. Au contact de citadins de plus en plus nombreux, il a été un agent décisif de l'acculturation à la norme et à l'autorité, gérant au jour le jour les transgressions ordinaires, contribuant à l'édification d'un ordre quotidien. Homme de l'entre-deux - entre pouvoir central et pouvoir local, entre État et société, élites sociales et petit peuple urbain, politisation et professionnalisation -, il résume et accompagne bien des contradictions du siècle. Cet ouvrage collectif, dirigé par Dominique Kalifa (Paris 1) et Pierre Karila-Cohen (Rennes 2), est le premier livre entièrement consacré à ce personnage méconnu qu'il étudie en un long xixe siècle, de la Révolution à la Grande Guerre. Aussi attentif aux origines sociales des commissaires qu'à leurs itinéraires, à leurs pratiques professionnelles ou à leurs conditions de vie, il offre aussi une ample sélection de documents, pour partie inédits, qui témoignent de l'activité quotidienne de ces policiers, appelés à devenir une des figures majeures de notre contemporain.
Une plongée dans l'enfer de l'archipel des bagnes militaires français.Biribi était le nom donné, au XIXe siècle, aux bagnes militaires installés par l'armée française en Afrique du Nord pour se débarrasser de ses " mauvais sujets " : rebelles, fortes têtes, condamnés des conseils de guerre, parfois aussi opposants politiques, homosexuels ou faibles d'esprit. L'auteur décrit l'histoire tragique de ces hommes soumis aux brimades et aux sévices infligés par des sous-officiers indignes, au travail harassant sous un soleil de plomb, à la violence de ce qui constituait les bas-fonds de l'armée. Mais il montre aussi comment le courage de quelques-uns - militants, médecins ou reporters, comme Albert Londres - contribua à faire prendre conscience au pays de l'horreur vécue dans ces camps disciplinaires. Les derniers " corps spéciaux " de l'armée française furent supprimés au début des années 1970.
De la cour des Miracles aux territoires contemporains de la misère ou de la pègre, l'existence des " bas-fonds " revient régulièrement hanter nos imaginaires. Gueux, mendiants, misérables, prostituées, criminels, grands délinquants, détenus, peuplent de leurs figures hideuses, à la fois réelles et fantasmées, l'envers – pour ne pas dire le " Milieu " – de nos sociétés. Ils en constituent le repoussoir, la part maudite, mais aussi l'une des lignes de fuite symbolique et sociale. Quoique centré sur la France des XIXe et XXe siècle, cet ouvrage n'hésite pas pour autant à puiser ses références dans la société médiévale finissante, dans l'underworld victorien, les trottoirs de Hambourg ou les ports coloniaux... Dominique Kalifa élabore ainsi une sociologie comparée extrêmement précise et documentée de cet imaginaire, propre à susciter fantasmes et divagations. Pas à pas, il met ainsi au jour ses constituants (ses décors, ses figures et ses intrigues), ses procédés de fabrication (via le journalisme, la littérature, le cinéma...), mais aussi et surtout les ressorts d'une fascination : souvent dénoncée comme malsaine, celle-ci s'avère pourtant souvent un puissant régulateur des sensibilités et des aspirations sociales.
En décembre 1901, Henri Vidal, fils d'une hôtelière de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux prostituées, puis assassine une troisième fille publique ainsi qu'une jeune Suissesse. Arrêté parce qu'il voyageait sans billet, celui que le pays surnomme très vite «?le Tueur de femmes?» est condamné à mort par la cour d'assises de Nice, puis gracié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906. Dès ses crimes commis, l'assassin devient l'objet d'une imposante production discursive : faits divers, chroniques judiciaires, témoignages, expertises, ainsi qu'une autobiographie rédigée en prison. À partir de ces matériaux, et sans rien ajouter aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un montage qui permet de dérouler le film de cette existence, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et ses contradictions, construit la figure d'un criminel. Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre singulier, dont la forme suscita l'étonnement, interroge à la fois l'écriture du passé, la nature du récit biographique, les incertitudes et la fragilité de l'histoire.
Le temps est la matière vive de l'Histoire, que l'on s'attache de longue date à découper et à périodiser. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire. À ces "divisions imaginaires du temps", selon l'expression de Charles Seignobos, les historiens ont consacré de nombreux et importants travaux. Un aspect est demeuré cependant en retrait : celui qui a trait aux noms et dénominations de ces époques. On ne s'est en effet jamais contenté de "découper l'Histoire en tranches", on l'a dotée d'une kyrielle de noms propres - de "Moyen Âge" à "Belle Époque", de "Renaissance" à "Ancien Régime" -, qui pèsent sur la compréhension du passé. Car nommer n'est jamais neutre. La désignation d'une période charrie avec elle tout un imaginaire, une théâtralité, voire une dramaturgie qui viennent en gauchir l'historicité, et donc la signification. Élucider les noms d'époque - les linguistes disent "chrononymes" - constitue donc une opération essentielle pour qui souhaite envisager le passé sans anachronisme ni faux-semblants. C'est à cette entreprise que ce livre est consacré. Les quatorze essais qui le composent s'attachent à quatorze "noms d'époque" du contemporain, choisis parmi les plus usuels, en France comme à l'étranger. L'enquête débute au lendemain de la Révolution française, qui a échoué à réordonner le temps, mais réussi à le bouleverser. Elle s'achève dans les dernières années du XXe siècle. Entre-temps se dévoilera une large partie de l'histoire contemporaine, du "Risorgimento" à la "Fin de siècle", du "Gilded Age" aux "Trente Glorieuses", des "Années folles" aux "années noires".
Le temps est la matière vive de l'Histoire, que l'on s'attache de longue date à découper et à périodiser. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire. À ces "divisions imaginaires du temps", selon l'expression de Charles Seignobos, les historiens ont consacré de nombreux et importants travaux. Un aspect est demeuré cependant en retrait : celui qui a trait aux noms et dénominations de ces époques. On ne s'est en effet jamais contenté de "découper l'Histoire en tranches", on l'a dotée d'une kyrielle de noms propres - de "Moyen Âge" à "Belle Époque", de "Renaissance" à "Ancien Régime" -, qui pèsent sur la compréhension du passé. Car nommer n'est jamais neutre. La désignation d'une période charrie avec elle tout un imaginaire, une théâtralité, voire une dramaturgie qui viennent en gauchir l'historicité, et donc la signification. Élucider les noms d'époque - les linguistes disent "chrononymes" - constitue donc une opération essentielle pour qui souhaite envisager le passé sans anachronisme ni faux-semblants. C'est à cette entreprise que ce livre est consacré. Les quatorze essais qui le composent s'attachent à quatorze "noms d'époque" du contemporain, choisis parmi les plus usuels, en France comme à l'étranger. L'enquête débute au lendemain de la Révolution française, qui a échoué à réordonner le temps, mais réussi à le bouleverser. Elle s'achève dans les dernières années du XXe siècle. Entre-temps se dévoilera une large partie de l'histoire contemporaine, du "Risorgimento" à la "Fin de siècle", du "Gilded Age" aux "Trente Glorieuses", des "Années folles" aux "années noires".
Paris, capitale de l'amour ? En tout cas, c'est probablement la seule ville au monde dont on puisse dire qu'elle provoque tous les fantasmes, au point qu'on a pu parler, en 1869, de "parisine", le parfum sensuel qui émane du sol de Paris. On trouvera dans ce livre de l'historien Dominique Kalifa une foule d'anecdotes et de faits curieux : la carte imaginaire des adultères, arrondissement par arrondissement, établie en 1928 ; Léon Blum suivant une femme dans la rue ; Landru repérant ses victimes dans le métro ; ou encore des sections consacrées aux petits salons des restaurants, à l'amour dans les fiacres ou sous les portes cochères, aux rencontres amoureuses dans le métro ou, comme Marguerite Duras dans les années 1930, dans les piscines municipales, etc. Mais on pourra également lire ce Paris comme l'histoire sur un siècle, de 1860 aux années 1960, de la conquête de la ville, de l'espace public, par les femmes.
La « Belle Époque », qui désigne les quinze premières années du XXe siècle, fait partie de notre héritage culturel. Mais sait-on vraiment ce que recouvre cette notion et les différents usages qu'on en a faits ? Ce livre raconte quand et comment l'expression fut forgée - beaucoup plus tard qu'on ne l'a dit - et retrace les multiples visages d'une période perçue, en France et à l'étranger, comme un moment heureux, emblématique d'un certain art de vivre «
Le temps est la matière vive de l'Histoire, que l'on s'attache de longue date à découper et à périodiser. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire. À ces "divisions imaginaires du temps", selon l'expression de Charles Seignobos, les historiens ont consacré de nombreux et importants travaux. Un aspect est demeuré cependant en retrait : celui qui a trait aux noms et dénominations de ces époques. On ne s'est en effet jamais contenté de "découper l'Histoire en tranches", on l'a dotée d'une kyrielle de noms propres - de "Moyen Âge" à "Belle Époque", de "Renaissance" à "Ancien Régime" -, qui pèsent sur la compréhension du passé. Car nommer n'est jamais neutre. La désignation d'une période charrie avec elle tout un imaginaire, une théâtralité, voire une dramaturgie qui viennent en gauchir l'historicité, et donc la signification. Élucider les noms d'époque - les linguistes disent "chrononymes" - constitue donc une opération essentielle pour qui souhaite envisager le passé sans anachronisme ni faux-semblants. C'est à cette entreprise que ce livre est consacré. Les quatorze essais qui le composent s'attachent à quatorze "noms d'époque" du contemporain, choisis parmi les plus usuels, en France comme à l'étranger. L'enquête débute au lendemain de la Révolution française, qui a échoué à réordonner le temps, mais réussi à le bouleverser. Elle s'achève dans les dernières années du XXe siècle. Entre-temps se dévoilera une large partie de l'histoire contemporaine, du "Risorgimento" à la "Fin de siècle", du "Gilded Age" aux "Trente Glorieuses", des "Années folles" aux "années noires".
En novembre 1832, Vidocq, ancien chef emblématique de la Sûreté, crée le « Bureau de renseignements universels dans l'intérêt du commerce ». Ses agents ont pour mission de traquer dans le Paris de la monarchie de Juillet les escrocs en tout genre qui nuisent à la bonne marche des affaires. La police privée est alors une activité en plein essor. Peu à peu, les praticiens de ce nouveau métier passent de la surveillance des escrocs à la chasse aux criminels. Le détective devient une figure populaire incontournable, mais sa réputation sulfureuse le condamne à la marginalité. Loin de l'image prestigieuse associée aux figures de Sherlock Holmes en Angleterre ou de véritables détectives comme Allan Pinkerton aux États-Unis, le détective français ne s'est pas imposé sans peine dans le monde judiciaire hexagonal. Peut-être parce que comme nous le dit l'historien, cet homme de l'ombre, « qui détient l'explication du monde social, qui ouvre et qui referme les portes comme il l'entend », a très vite représenté aux yeux de l'institution policière, une concurrence difficile à tolérer. Ancien professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Dominique Kalifa a notamment publié L'Encre et le sang. Récits de crimes et société à la Belle Époque (Fayard, 1995) et La Culture de masse en France. 1860-1930 (La Découverte, 2001).
Tout le monde est sur facebook... L'ex. Le pokeur frénétique. Le dragueur. Le voisin d'enfance. Le parano. L'intello. Le mystérieux. Le rigolo. Le bonnet de nuit. Le polémiste. Le complusif du statut. Le gnangnan. Le boulet. L'aimable. Le poète. Le membre de la famille. Le beauf. La nympho. Le mytho. Le VDM Le schizophrène. Le mort. L'ado. L'auteur-de-ce-livre... Et toi, t'es qui ?
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