Philippe Artières
Philippe Artières
L'EFT (Emotional Freedom Techniques) fait partie de la famille des thérapies psycho-énergétiques dont le but est d'obtenir une harmonie entre le corps et l'esprit. La méthode est simple : il suffit de stimuler manuellement certains points énergétiques tout en se concentrant sur ce que l'on veut traiter. Ce guide pratique vous révèlera comment procéder et il vous apprendra également à appliquer des protocoles simples pour parvenir à gérer vos émotions. Ainsi, 20 protocoles que vous pourrez adapter à votre cas vous permettront d'agir sur le stress, l'anxiété, le manque de confiance en soi, les phobies, les douleurs physiques... Vous apprendrez aussi comment créer vous-même vos propres scripts. Vous constaterez rapidement les effets positifs de cette technique efficace et accessible à tous ! Jean-Michel Guepey est praticien EFT Niveau III. Formé à l'Institut Français de Psychologie énergétique Clinique, il exerce à Marseille et anime régulièrement des conférences et ateliers. Il fait connaître l'EFT à un large public grâce à ses articles et vidéos sur les réseaux sociaux et Internet.
La scène se passe à la prison Saint-Paul de Lyon, il y a tout juste un siècle. Sur un petit cahier d'écolier, un détenu écrit : ce n'est pas un poème, pas davantage une lettre qu'il rédige, mais sa vie, cette existence qui l'a mené là, entre les quatre murs d'une cellule. Page après page, il fait le récit de ses errances, de ses déroutes et de son long parcours vers le crime. Cette autobiographie, ce criminel la rédige, comme neuf autres codétenus le feront après lui, non pour lui-même, mais pour un destinataire prestigieux : le célèbre criminologue Alexandre Lacassagne. Le professeur de médecine légale a en effet un projet fou : celui de rassembler des archives de la déviance, de constituer une encyclopédie vivante du crime à partir des seuls récits autobiographiques produits par des criminels. Maîtres-chanteurs, apaches, parricides, dépeceurs, prostituées ont ainsi écrit en quelques années un Livre des vies coupables, resté jusqu'alors inédit. Philippe Artières a retrouvé ces manuscrits éparpillés dans le fonds Lacassagne de la bibliothèque municipale de Lyon. Il en a reconstitué la genèse, en montrant comment ces textes s'inscrivent dans l'histoire paradoxale de l'écriture en prison et comment ils participent du développement de la criminologie à la fin du XIXe siècle. Mais l'historien se fait aussi passeur et donne à lire ces étranges vies. Il faut écouter avec lui ces voies sorties du mitard de l'histoire, entendre ces murmures, fragiles traces des peines et des émotions de ces infâmes ordinaires, accepter cette plongée dans le monde d'en bas pour appréhender ce que Michel Foucault appelait le « marmonnement du monde ».
En 1971, un plateau du sud de l'Aveyron inconnu de la majorité des Français, le Larzac, surgit dans l'actualité. Un projet d'extension du camp militaire est alors le théâtre d'une contestation menée par une centaine de paysans. Formidable laboratoire de nouveaux modes d'action, objet de convergence de luttes pendant une décennie - celles des agriculteurs, celles de la non-violence et de l'autogestion, celles également de l'Occitanie et de l'écologie -, le Larzac devient un symbole de la résistance contre l'arbitraire politique. Ces événements ne constituent pour autant qu'une partie de l'histoire de ce lieu désertique. En proposant une approche de longue durée de ce plateau calcaire, qui s'ouvre par les traces des premiers peuplements, progresse de siècle en siècle, de l'occupation romaine à l'installation des Templiers, du développement de l'industrie du cuir à celle du fromage de Roquefort, du campement des soldats réservistes au camp d'internement des membres du FLN pendant la guerre d'Algérie, c'est un peuple du divers qui apparaît au fil des pages. Un peuple composé d'humains et de brebis, de sorcières et de potiers, de bergers et de paysans, d'ouvrières et de soldats, de prisonniers et de militants...
"Un ouvrier algérien, M. Mohamed Diab, 40 ans, a été tué d'une rafale de pistolet-mitrailleur le 29 novembre 1972, au cours d'une bagarre avec des gardiens de la paix, dans le commissariat de la caserne de Noailles, à Versailles (Yvelines)." Agence de presse Libération Bulletin n°61 - décembre 1972 Fin novembre 1972, nous habitons en famille à Versailles ; j'ai quatre ans et demi. Jusqu'à l'automne 2022, je n'avais jamais entendu parler de cette affaire. Interroger ce silence, c'est mettre à jour "mon racisme" et son histoire.
"Un ouvrier algérien, M. Mohamed Diab, 40 ans, a été tué d'une rafale de pistolet-mitrailleur le 29 novembre 1972, au cours d'une bagarre avec des gardiens de la paix, dans le commissariat de la caserne de Noailles, à Versailles (Yvelines)." Agence de presse Libération Bulletin n°61 - décembre 1972 Fin novembre 1972, nous habitons en famille à Versailles ; j'ai quatre ans et demi. Jusqu'à l'automne 2022, je n'avais jamais entendu parler de cette affaire. Interroger ce silence, c'est mettre à jour "mon racisme" et son histoire.
Exposition à La contemporaine du 15 novembre 2023 au 16 mars 2024 Le " peace and love ", la culture hippie et la " libération sexuelle " ont eu tendance à faire oublier combien, en France, les années 1970-1974 furent traversées de tensions, de conflits ou d'affrontements. Ce début de décennie post-68 est largement habité par la figure de la violence, celle de l'État ou celle considérée comme une option par les mouvements contestataires. Quels moyens mobiliser dans les luttes locales, nationales ou internationales ? L'occupation d'une usine, la séquestration d'un patron, la préparation au " coup de poing " sont-elles légitimes ? Le recours à des formes d'action directe illégale est-il même inévitable pour espérer " changer la vie " et combattre les diverses formes d'oppression ? Ou bien faut-il malgré tout privilégier la non-violence, la désobéissance civile ? Les archives ici réunies et commentées font entendre les questionnements qui traversent le début des années 1970 - et qui demeurent pour partie les nôtres. Des pièces d'archives - tracts, brochures, affiches, photographies, etc. - choisies et commentées composent un récit vivant qui nous fait redécouvrir la France contestataire du début des années 1970, dont les échos résonnent avec force cinquante ans plus tard. Avec des contributions de Noël Barbe Jean Bérard Sophie Coeuré Victor Collet Xavier Crettiez Olivier Crouillebois Guillaume Denglos Éric Fournier Irène Gimenez Julien Hage Jean-François Hamel Liora Israël Laurent Jeanpierre Maxime Launay Danièle Lochak Emmanuelle Loyer Caroline Moine Emmanuel Naquet Sylvie Ollitrault Georges Palmier Nayeli Palomo Jean-Yves Potel Christophe Prochasson Tramor Quemeneur Judith Revel Isabelle Sommier Danielle Tartakowsky Pierre-Marie Terral Bertrand Tillier Xavier Vigna et Michelle Zancarini-Fournel Postface de Tiphaine Samoyault Exposition à La contemporaine du 15 novembre 2023 au 16 mars 2024
En décembre 1901, Henri Vidal, fils d'une hôtelière de Hyères âgé de 34 ans, agresse à coups de couteau deux prostituées, puis assassine une troisième fille publique ainsi qu'une jeune Suissesse. Arrêté parce qu'il voyageait sans billet, celui que le pays surnomme très vite «?le Tueur de femmes?» est condamné à mort par la cour d'assises de Nice, puis gracié et envoyé au bagne de Cayenne où il meurt en 1906. Dès ses crimes commis, l'assassin devient l'objet d'une imposante production discursive : faits divers, chroniques judiciaires, témoignages, expertises, ainsi qu'une autobiographie rédigée en prison. À partir de ces matériaux, et sans rien ajouter aux paroles des contemporains, les auteurs ont réalisé un montage qui permet de dérouler le film de cette existence, mais qui montre aussi comment une société, dans sa diversité et ses contradictions, construit la figure d'un criminel. Publié en 2001, longtemps indisponible, ce livre singulier, dont la forme suscita l'étonnement, interroge à la fois l'écriture du passé, la nature du récit biographique, les incertitudes et la fragilité de l'histoire.
'Enquêter sur des archives qui auraient été rassemblées par Michel Foucault. Déplier chacune de ses pièces pour suivre la trace d'individus qui se sont retirés du monde au XIXe et au XXe siècle. Redécouvrir, en marge du dossier, que dans une forêt des Vosges, il est un autre ermite qui a marqué mon enfance. Lors du dépouillement de cette généalogie sauvage, il arrivera que je me perde, mais n'est-ce pas le propre du chercheur que de s'aventurer en un territoire où plus il avance plus ce qu'il croyait savoir se dérobe sous ses pas.' Philippe Artières.
'Enquêter sur des archives qui auraient été rassemblées par Michel Foucault. Déplier chacune de ses pièces pour suivre la trace d'individus qui se sont retirés du monde au XIXe et au XXe siècle. Redécouvrir, en marge du dossier, que dans une forêt des Vosges, il est un autre ermite qui a marqué mon enfance. Lors du dépouillement de cette généalogie sauvage, il arrivera que je me perde, mais n'est-ce pas le propre du chercheur que de s'aventurer en un territoire où plus il avance plus ce qu'il croyait savoir se dérobe sous ses pas.' Philippe Artières.
Laissant libre cours à ses "désirs d'histoire", le chercheur Philippe Artières propose un recueil d'une trentaine de textes courts. On y trouvera des idées brutes, des pistes incongrues, des ébauches d'enquête, nées à la lecture d'une source ou d'une archive inspirante. L'historien se fait ici explorateur de l'ordinaire, rêvant d'étudier tour à tour la cloison, la ceinture, la banderole, un immeuble, la biographie d'un "salaud" ou d'un aïeul à travers ses modestes papiers. Outre un florilège de sujets potentiels, cet ouvrage illustré offre une leçon de curiosité intimement raisonnée, un outil pour déplacer les questionnements et révéler des objets ignorés. C'est enfin pour l'auteur l'occasion de faire récit ou, du moins, envie d'un récit.
Laissant libre cours à ses "désirs d'histoire", le chercheur Philippe Artières propose un recueil d'une trentaine de textes courts. On y trouvera des idées brutes, des pistes incongrues, des ébauches d'enquête, nées à la lecture d'une source ou d'une archive inspirante. L'historien se fait ici explorateur de l'ordinaire, rêvant d'étudier tour à tour la cloison, la ceinture, la banderole, un immeuble, la biographie d'un "salaud" ou d'un aïeul à travers ses modestes papiers. Outre un florilège de sujets potentiels, cet ouvrage illustré offre une leçon de curiosité intimement raisonnée, un outil pour déplacer les questionnements et révéler des objets ignorés. C'est enfin pour l'auteur l'occasion de faire récit ou, du moins, envie d'un récit.
Collection à l'oeil nuDe 15 à 95 ans, cette collection a pour but de transmettre les savoirs de manière simple et vivante. La recette : une directrice de collection enthousiaste, archéologue et auteur chez Gallimard, Anne Rose de Fontainieu ; un graphiste créatif qui a l'oeil et le bon, Cyril Cohen ; des chercheurs généreux qui font connaître leurs travaux au plus grand nombre ; une dessinatrice inventive qui met en scène toute cette histoire.
Les années 1968 sont le théâtre d'une formidable production visuelle, portée par les utopies révolutionnaires. De 1968 à 1974, artistes et militants d'extrême gauche inventent de nouvelles formes d'expressions visuelles en lien avec les luttes collectives. Images en lutte raconte cette extraordinaire rencontre entre l'art et la politique, qui s'ouvre et se referme aux Beaux-Arts de Paris, de l'Atelier Populaire en 1968 aux réunions du FHAR et du MLF en 1974. Cet ouvrage s'ouvre par plus de 300 affiches de l'Atelier Populaire reproduites en grand format. Il présente pour la première fois de nombreux projets d'affiches ainsi qu'un reportage photographique sur l'occupation de l'Ecole. Des dossiers sont consacrés aux luttes, aux soutiens, aux révolutions, à la libération sexuelle... Il rassemble des peintures, des photographies, des sculptures, des installations, des revues, des tracts, des affiches politiques, des extraits de films et des photographies.
Les années 1968 sont le théâtre d'une formidable production visuelle, portée par les utopies révolutionnaires. De 1968 à 1974, artistes et militants d'extrême gauche inventent de nouvelles formes d'expressions visuelles en lien avec les luttes collectives. Images en lutte raconte cette extraordinaire rencontre entre l'art et la politique, qui s'ouvre et se referme aux Beaux-Arts de Paris, de l'Atelier Populaire en 1968 aux réunions du FHAR et du MLF en 1974. Cet ouvrage s'ouvre par plus de 300 affiches de l'Atelier Populaire reproduites en grand format. Il présente pour la première fois de nombreux projets d'affiches ainsi qu'un reportage photographique sur l'occupation de l'Ecole. Des dossiers sont consacrés aux luttes, aux soutiens, aux révolutions, à la libération sexuelle... Il rassemble des peintures, des photographies, des sculptures, des installations, des revues, des tracts, des affiches politiques, des extraits de films et des photographies.
Un séminariste assassin L'affaire Bladier, 1905 " Ce que je me rappelle bien, c'est que le soir, au lit, avant de m'endormir, je me représentais en train de tuer ou de faire souffrir de jeunes garçons [...] alors ma "verge' grossissait [...] et il me semblait que je jouirais véritablement et que je serais soulagé dès que je pourrais réaliser ce que je me représentais." Jean-Marie Bladier, 17 ans, a écrit ces lignes dérangeantes après avoir étranglé et décapité, le 1erseptembre 1905, dans la forêt de Raulhac (Cantal), l'un de ses jeunes camarades âgé de 13 ans, Jean Raulnay. L'assassin, encouragé par des médecins de l'époque, dont le célèbre professeur Lacassagne, a rédigé une "sidérante" autobiographie. Bladier y décrit avec une inédite minutie l'histoire de son état mental, au point que les experts, dans leur rapport sur ce cas de "sadisme sanguinaire congénital", n'hésitèrent pas à le citer, parfois longuement. Comment comprendre ce fait divers de la France des débuts du xxesiècle, tiraillée entre archaïsme et modernité, catholicisme, traditions rurales et laïcisme républicain ? Comment lire en historien ce double acte de tuer et d'écrire ? Comment interpréter la puissance de cette écriture si incommodante ? Exhumant de précieuses archives, Philippe Artières se confronte à la figure oubliée de cet élève du petit séminaire destiné à la prêtrise avant de commettre ce meurtre. Il propose une autre manière d'écrire l'histoire du crime et des sexualités, à la croisée de l'histoire et de l'anthropologie.
"Mon cher confrère", "mon cher ami" : ces formules de courtoisie commencent les lettres ici rassemblées, dans lesquelles le Docteur H.P., installé dans le nord-ouest de la France au milieu du XXesiècle, remercie des médecins de lui avoir adressé un patient ou une patiente en consultation. En quelques phrases d'une froideur clinique manifestant son assurance et laissant percer son amusement ou son ennui, il dresse en toute complicité professionnelle le portrait de chacun et chacune (autant de "cas intéressants"), avant d'esquisser différentes pistes thérapeutiques. Se révèle alors un feuilleté de techniques qui plonge ses racines au XIXesiècle et ouvre sur le règne contemporain des molécules chimiques. Se mêlent lobotomie ("l'opération n'a aucune gravité en elle-même"), électrochocs, psychanalyse (à condition d'en avoir les moyens intellectuels et financiers, "il ne peut en être question chez ce sujet mental fruste"), cocktails médicamenteux, préconisations de bon sens et aveux d'impuissance devant telle ou telle névrose "absolument incurable". Un témoignage de la souffrance psychique ordinaire où percent d'infimes éclats de vies inconscientes, autant qu'un accès à la fabrique quotidienne du soin psychiatrique, dans un moment de transformation profonde de la prise en charge de la maladie mentale. Un document exceptionnel.
Annoncer, militer, célébrer, revendiquer, dénoncer... La banderole s'infiltre partout. À la fois document et geste, on l'aperçoit dans les gradins des stades, agitée par les supporters, ou brandie par des fidèles dans des processions religieuses. Mais de Nancy à Santiago, de Londres à Gda´nsk, la banderole et sa puissance graphique sont surtout mises au service des villes en révolte. Quel pouvoir peut avoir une parole silencieuse ? Comment cet instrument politique est-il mis en scène ? Quel avenir peut-on imaginer pour la banderole à l'heure où les formes de l'écrit se renouvellent ? En explorant la plasticité incroyable des messages contestataires, Philippe Artières démontre qu'en filigrane de l'histoire de la banderole se dessine celle, captivante, des luttes sociales aux XXe et XXIe siècles.
Annoncer, militer, célébrer, revendiquer, dénoncer... La banderole s'infiltre partout. À la fois document et geste, on l'aperçoit dans les gradins des stades, agitée par les supporters, ou brandie par des fidèles dans des processions religieuses. Mais de Nancy à Santiago, de Londres à Gda´nsk, la banderole et sa puissance graphique sont surtout mises au service des villes en révolte. Quel pouvoir peut avoir une parole silencieuse ? Comment cet instrument politique est-il mis en scène ? Quel avenir peut-on imaginer pour la banderole à l'heure où les formes de l'écrit se renouvellent ? En explorant la plasticité incroyable des messages contestataires, Philippe Artières démontre qu'en filigrane de l'histoire de la banderole se dessine celle, captivante, des luttes sociales aux XXe et XXIe siècles.
Comment rompre le silence traumatique d'une famille lié à la disparition brutale d'un enfant ? C'est la question que se pose Philippe Artières dans Au fond. Un narrateur qui lui ressemble tente de reconstituer les morceaux d'un puzzle épars et se sert de ses propres méthodes d'historien pour y arriver : il étudie le cadre géographique dans lequel évoluait sa famille au moment de la disparition de ce frère (les grandes forêts propriété de la famille depuis des générations) ; il enquête sur les houillères de Lorraine dans les années 1960, où son père, ingénieur, faisait carrière sans cependant devoir aller " au fond " de la mine; surtout, il interroge sa mère sur ce frère aîné si tôt disparu. La douleur enfouie resurgit tout entière dans le récit de cette femme qui parle enfin : les longues journées jamais oubliées de la mort de l'enfant jusqu'à son enterrement, les voisins, la famille, le père anéanti, la petite sœur encore bébé qui oblige par sa présence à ne pas baisser les bras. Un récit qui vient s'entremêler aux voix des mineurs en grève et à celle des hommes de la forêt et qui donne vie à une région marquée au fer rouge par les combats sociaux.
La piste, le chemin, la route, l'autoroute ont progressivement, depuis l'Antiquité, quadrillé les territoires. Ces lignes ont tracé au fur et à mesure un réseau de communication entre les villes. Elles ont dessiné ainsi dans l'espace de nouveaux paysages. Cette histoire est connue, de même que celle des pratiques de représentation qui l'accompagne : des cartes aux plans. Pourtant, si on se place dans la perspective de l'infra-ordinaire, chère à Georges Perec, si on envisage la route comme un dispositif, alors elle apparaît comme un lieu inconnu. Convoquant la littérature, la psychanalyse, le cinéma, la photographie et même les manuels de conduite, ce livre montre comment la route, loin d'être un simple moyen de se rendre d'un endroit à un autre, devient ce lieu en soi, avec son régime propre d'inscriptions, des inscriptions qui ont le pouvoir extraordinaire de construire des espaces nouveaux, propices à la fiction. N'est-ce pas sur la route qu'OEdipe croisa son père sans le reconnaître, et qu'une banale querelle de priorité l'amena à commettre son geste fatal, donnant ainsi naissance à l'un des mythes les plus révélateurs de notre inconscient ? Philippe Artières, Directeur de recherche au CNRS, à l'EHESS (Paris), ancien pensionnaire de la villa Medicis à Rome (section Littérature), a notamment publié une série d'ouvrages sur l'histoire contemporaine de l'écriture dont La Clinique de l'écriture (La Découverte poche, 2013), mais aussi plusieurs récits dont Vie et mort de Paul Gény (Le Seuil, 2013) et Miettes. Une histoire ordinaire de l'année 1980 (Verticales, 2016).
Comment l'écrit, doté d'une puissance subversive, devient l'objet d'un nouveau regard policier au tournant des XIXe et XXe siècles qui va développer une science et des techniques de contrôle donnant naissance à la police scientifique.
L'affaire Clavel survient lors de l'émission mensuelle télévisée à Armes égales du 13 décembre 1971. Ce soir-là, sur le thème « Les Moeurs » un débat réunit l'écrivain et journaliste catholique maoïste Maurice Clavel au député-maire de Tours, Jean Royer, connu pour son hostilité à l'évolution alors du discours sur la sexualité. Le film de Clavel s'intitule Le soulèvement de la vie. Il s'ouvre sur la cathédrale de Chartre et une photographie du Général de Gaulle à la Libération, puis alternent des images de l'interpellation des militants et intellectuels occupant le siège du CNPF en 1971, des plans des monuments aux victimes de l'occupant nazi, une longue séquence montrant un homme allongé sur les marches du métro sous l'oeil indifférent des passants, des images de pollution ou d'ouvriers, mineurs, balayeurs... mais aussi celles de femmes dénudées, d'une fontaine dont une main empêche l'eau de jaillir. Manque néanmoins un extrait d'une déclaration du Président de la République sur la Résistance. Suivie par près de 46 % des téléspectateurs, l'émission est marquée par le départ de Clavel. Furieux d'avoir été censuré, l'écrivain quitte le plateau en prononçant sa célèbre apostrophe : « Messieurs les censeurs, bonsoir ! » À l'Agence de Presse Libération qu'il dirige, Clavel reçoit dès le lendemain et jusqu'en janvier 1972 un nombreux courrier. Ces milliers de missives constituent un formidable témoignage sur les années 68. C'est ce corpus dactylographié ou manuscrit, individuel ou collectif, de femmes ou d'hommes, de lycéens ou de téléspectateurs plus âgés qui est ici publié pour la première fois.
L'affaire Clavel survient lors de l'émission mensuelle télévisée à Armes égales du 13 décembre 1971. Ce soir-là, sur le thème « Les Moeurs » un débat réunit l'écrivain et journaliste catholique maoïste Maurice Clavel au député-maire de Tours, Jean Royer, connu pour son hostilité à l'évolution alors du discours sur la sexualité. Le film de Clavel s'intitule Le soulèvement de la vie. Il s'ouvre sur la cathédrale de Chartre et une photographie du Général de Gaulle à la Libération, puis alternent des images de l'interpellation des militants et intellectuels occupant le siège du CNPF en 1971, des plans des monuments aux victimes de l'occupant nazi, une longue séquence montrant un homme allongé sur les marches du métro sous l'oeil indifférent des passants, des images de pollution ou d'ouvriers, mineurs, balayeurs... mais aussi celles de femmes dénudées, d'une fontaine dont une main empêche l'eau de jaillir. Manque néanmoins un extrait d'une déclaration du Président de la République sur la Résistance. Suivie par près de 46 % des téléspectateurs, l'émission est marquée par le départ de Clavel. Furieux d'avoir été censuré, l'écrivain quitte le plateau en prononçant sa célèbre apostrophe : « Messieurs les censeurs, bonsoir ! » À l'Agence de Presse Libération qu'il dirige, Clavel reçoit dès le lendemain et jusqu'en janvier 1972 un nombreux courrier. Ces milliers de missives constituent un formidable témoignage sur les années 68. C'est ce corpus dactylographié ou manuscrit, individuel ou collectif, de femmes ou d'hommes, de lycéens ou de téléspectateurs plus âgés qui est ici publié pour la première fois.
On ne peut comprendre les raisons et les effets du " moment 68 " sans examiner la longue séquence historique dans laquelle il s'inscrit, de la fin de la guerre d'Algérie en 1962 à l'élection de François Mitterrand en 1981, de la révolution cubaine à la révolution iranienne. Cet ouvrage collectif exceptionnel invite à parcourir l'histoire de ces vingt années qui ont transformé la société française en profondeur.
« Michel Foucault n'a cessé tout au long de son oeuvre d'interroger la médecine et sa pratique; ce questionnement constant que le philosophe a exercé non seulement sur l'histoire de la médecine mais aussi sur la place du médical dans nos sociétés contemporaines, offre 15 ans après la disparition de son auteur, des outils précieux pour penser aujourd'hui la médecine. L'absence de publication en France sur ce domaine a encouragé les auteurs à imaginer un volume rassemblant les analyses de chercheurs d'horizons très différents. » Extrait de: Philippe Artières. « Michel Foucault et la médecine. » iBooks.
"Relire trente-cinq ans après leur parution les petites annonces de "Sandwich" - l'éphémère supplément de Libération -, y chercher les miettes de l'année 1980, c'est ce que j'ai entrepris de faire, ciseaux à la main. Découper une colonne, fureter dans une double page, éplucher de bout en bout une rubrique ou procéder par collages subjectifs. Autant d'expériences de lecture qui ont fait naître ce recueil protéiforme. Aux petites annonces s'ajoutent des bulletins météo ou des relevés sismiques de la même période. À travers ces événements de faible intensité, je fais le pari rêveur de revisiter un segment de notre histoire si proche et si lointaine. En captant le grain le plus fin de ce qui s'est passé et qui toujours échappe. En enregistrant ce petit rien qui fait pourtant l'épaisseur de nos vies." Philippe Artières.
Comment la médecine a-t-elle cherché à discerner le pathologique dans l'écriture ? Quelles méthodes expériementales a-t-elle élaborées ? Quelles ont été les nombreuses conséquences sociales de cette " clinique de l'écriture " ? D'inspiration foucaldienne, réédition du premier livre de Ph. Artières .
Ma mère m'avait raconté l'anecdote alors que je n'étais qu'un enfant. Son grand-oncle Paul Gény, philosophe jésuite, avait été assassiné à Rome en 1925 par un fou. L'histoire avait sombré dans l'oubli. Mais en 2010, la mort de cet oncle a ressurgi. Au bénéfice d'un séjour à la Villa Médicis, je suis parti à Rome en quête de cet ancêtre au point de l'incarner. Là-bas, dans les rues, dans les archives, dans les palais, à force d'errer, j'ai retrouvé le philosophe et son assassin. L'inconnu s'appelait Bambino, l'enfant. Et, au coin d'une place, j'ai croisé un autre personnage, plus obscur encore, plus proche, plus inquiétant aussi. J'ai quitté l'aïeul et j'ai suivi ces deux-là. Ils m'ont emmené loin, à l'autre bout de la ville, dans l'autre pays. Ph. A.
Résistant à toutes les contestations, toutes les crises et tous les changements de régime politique, la prison s'est imposée comme un modèle universel de sanction sociale et d'isolement d'individus présumés dangereux. Elle est devenue un invariant des sociétés modernes, qui échappe en grande partie à l'action des gouvernants, tout en étant profondément ancré dans le politique, et qui dispose d'une inertie propre imposant partout un modèle répressif et disciplinaire. Peut-on cependant différencier les recours à cette solution punitive selon les contextes culturels et les conjonctures politiques ? Les moments de rupture politique ont-ils été sans écho sur les pratiques pénitentiaires ? Contrairement au lieu commun qui ne retient que l'inertie pénitentiaire, la prison est animée par une obsession réformatrice. N'est-elle tiraillée qu'entre moments de crise et mouvements perpétuels, recherche d'alternatives partielles et réplication des modèles éprouvés ? Les contributions rassemblées dans cet ouvrage s'attachent à l'analyse des changements observés dans des contextes politiques majeurs (chute du mur de Berlin, fin de l'apartheid, effondrement de l'URSS, etc.). La prison est aussi souvent impliquées dans des crises politiques qui donnent lieu à des modèles d'enfermement d'exception toujours renouvelés (camps de rétention, Guantanamo, etc.). La prison est, enfin, régulièrement l'occasion d'expérimentations et d'innovations. Mais jusqu'où cette institution peut-elle être transformée: est-elle vraiment un modèle indépassable?