Jean-Pierre Lebrun
Jean-Pierre Lebrun
L’Afrique recèle une biodiversité végétale encore largement inexplorée. Introduction à la flore d’Afrique vous guide à travers les outils essentiels pour découvrir et étudier cette richesse : herbiers, catalogues et méthodes d’identification.
Dévaluation du collectif et des solidarités, remise en cause des figures d'autorité, troubles dans la parentalité, tensions identitaires, ou encore multiplication des systèmes de notation, logiques procédurales, survalorisation de l'image et de la communication, prévalence de l'urgence... que disent ces phénomènes de l'état de notre société ? Depuis toujours, les travailleurs sociaux sont en première ligne face aux conséquences délétères de ces mutations sur la famille, la vie collective, les institutions... Ils se tiennent aux côtés des plus fragiles. Aujourd'hui, eux-mêmes sont exposés et une crise de sens inédite mine le secteur. À partir d'une clinique du quotidien, les auteurs s'interrogent : que peut encore le travail social ? Ce dialogue entre un éducateur et un psychanalyste en explore les lignes de cohérence, les impasses mais aussi les conditions d'une alternative possible. L'inquiétude des travailleurs sociaux devant leur métier qui s'abime et la dégradation des situations qu'ils accompagnent se doit d'être entendue. On aurait tort de les laisser seuls face aux enjeux qui s'annoncent. Tenter d'éclairer ensemble cette réalité, c'est déjà participer à écrire un autre avenir.
« Nous vivons une crise de l'humanisation à la racine bifide : l'emprise croissante de l'idéologie néolibérale d'une part, la course à l'illimité, dans une société des revendications égalitaristes dont Tocqueville a dessiné le modèle, d'autre part. Des mutations sociologiques et un nouveau discours social accompagnent cette crise dont la délégitimation des autorités est à la fois le symptôme et le moteur. De ce fait, dans une société qui refuse la prévalence et l'idée d'exception, qui annule la logique symbolique des places, qui combat les interdits, il est de plus en plus difficile aux enfants d'entrer dans l'humanité. Une telle société, sur les ruines du patriarcat, n'est pas un matriarcat ; elle est autre chose : la société du maternel. L'impossibilité de se décoller du maternel définit l'inceste. Du coup notre société dans laquelle les limites et les interdits sont devenus flous, se colore d'un caractère incestueux. C'est à partir de ce constat que Lebrun analyse le mal dont nous souffrons, le mal du sujet engendrant le mal social. Ceux qui rejettent Freud et Lacan dans les poubelles de l'histoire ont décidément bien tort. Ce livre démontre leur extraordinaire fécondité intellectuelle en matière de critique sociale et politique. » Robert Redeker
Vingt ans après L'homme sans gravité, Charles Melman et Jean-Pierre Lebrun poursuivent leur dialogue sur les conséquences de la mutation de société à l'oeuvre depuis près d'un demi-siècle, véritable bouleversement anthropologique pour la vie collective et la subjectivité de chacun. À partir du film Petite fille, exemplaire sur la problématique de la dysphorie de genre en pleine expansion, ils se demandent si la possible autodétermination de l'enfant qui serait capable de se penser sexué à partir de lui-même est une avancée sociétale ; ou si elle témoigne d'un déni de la réalité, en l'occurrence anatomique, d'une récusation du sexuel et d'un refus de consentir à ce qui le détermine en tant qu'être parlant. À travers l'actualité brûlante où les présupposés implicites de la question du transgenre résonnent avec la vie politique elle-même, ils osent s'attaquer au point crucial : l'évolution de notre société nous entraîne-t-elle vers davantage de civilisation ou contribue-elle à nous déciviliser ?
Le « Je préférerais pas » du Bartleby de Melville n'est-il pas en train de se généraliser dans notre société ? Ne nous sommes-nous pas progressivement autorisés à refuser la limite, à rejeter la contrainte, toutes deux étant aujourd'hui « ressenties » comme des atteintes au développement de notre individualité ? Jean-Pierre Lebrun lance une alerte : il existe un lien étroit entre la construction psychique individuelle et la dimension sociétale aujourd'hui largement tributaire de l'idéologie néolibérale. Notre société en mutation n'a pas pris la mesure de la nécessité de mettre fin au fantasme de toute-puissance de l'enfant pour qu'il devienne un citoyen responsable et non pas uniquement un consommateur avide, pris toujours davantage dans des addictions. Le vivre ensemble dans nos démocraties s'en trouve ainsi mis en grande difficulté. Les impasses actuelles de la vie collective sont interrogées et illustrées par cette légitimité donnée à l'enfant comme à l'adulte d'énoncer un « Je préfèrerais pas » qui permet de se soustraire à toute contrainte ou obligation, sans même avoir à la contester.
Le droit de la famille était, dans le monde d'hier, essentiellement au service de la chose publique, et il serait passé en moins d'un demi-siècle au service de l'intérêt privé, autrement dit de l'individu. Dans un dialogue constructif, le psychanalyste et le professeur de droit explorent ce changement. En confrontant leurs analyses, Jean-Pierre Lebrun et Jean-Louis Renchon passent en revue les aspects du droit, qui signent ce grand retournement. Ils mettent ainsi en évidence le cadre dans lequel se construit aujourd'hui la subjectivité. Désormais prévaut la liberté de l'individu dans de multiples champs qui relèvent habituellement du droit de la famille : l'identité de la personne humaine, le nom, le prénom, le mariage, le divorce, les successions, la détermination du sexe devenu genre... Sous l'impulsion du néolibéralisme, le discours social et politique concourt à ce que le droit de la famille inverse ce qu'il a été. Il n'invite plus le sujet à la citoyenneté responsable mais consacre au contraire la possibilité pour chacun de se trouver légitimé dans ses revendications particulières. Assistons-nous à un possible progrès ou plutôt à un processus décivilisateur ? Au-delà de la mutation anthropologique à l'oeuvre, les auteurs questionnent les processus qui organisent la vie collective.
En effet, à la différence de la domination et de la coercition, l'autorité est la parole du collectif, elle est le Tiers qui conditionne tout ensemble le langage et le rapport à autrui. Comment faire autorité dans la famille, à l'école, au travail ou en politique lorsque toute position d'exception se trouve par avance récusée, contestée, sinon méprisée ? Qu'est-ce qu'une société dans laquelle plus personne n'assume la position d'exception et les normes de la vie ensemble ? Quelles en sont les conséquences sur la construction psychique de l'autonomie et de la responsabilité ? Dans un dialogue constructif, Jean-Pierre Lebrun et Alain Eraly, appartenant à des disciplines différentes, croisent leurs approches et s'essaient à concevoir de nouvelles formes d'autorité au service du commun, plus respectueuses de nos valeurs démocratiques.
Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social. Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.
Nicole Malinconi échange avec Jean-Pierre Lebrun autour des questions de l'écriture, de la langue et de l'altérité. Dans un dialogue vivant et accessible, les auteurs ouvrent un champ de questions qui intéressent autant les professionnels de la santé mentale que tout citoyen s'interrogeant sur ce que parler veut dire. Utilisant des références littéraires, cinématographiques, psychanalytiques, linguistiques, sociologiques, philosophiques, ils se demandent comment une société traite la langue et comment la langue transforme la société.
L'avènement de « l'individu total », de celui qui ne doit rien à la société mais peut en revanche tout exiger d'elle, construit une société de « l'immonde », caractérisée par la disparition de la limite reconnue collectivement. Le fait de nous être libérés à juste titre des carcans du patriarcat et du religieux nous a laissés croire que nous n'avions plus à nous soucier de la construction de la réalité psychique, que nous serions d'emblée des êtres libres et autonomes. Notre fascination pour les progrès scientifiques et technologiques nous a rendu sourds et aveugles à ce qui fait notre humaine condition. Pourtant, nous sommes et restons des êtres de langage - des parlêtres - forcément dépendants des premiers autres, souvent les parents, et de la société dans laquelle nous vivons, et à partir desquels nous nous construisons comme sujets, et non comme des individus autonomes, voire autoengendrés. L'auteur analyse les conséquences - sur la vie psychique, la vie politique, la clinique, l'éducation - de cet individualisme exacerbé qui a déconnecté le citoyen de son implication dans le lien social. Il montre la place que les psychanalystes ont aujourd'hui encore à tenir, alors que le risque d'une aliénation sociétale, qui se méconnaît elle même, est sans précédent dans l'Histoire.
Cet ouvrage a été le premier à montrer en quoi la psychanalyse contribue à éclairer « le malaise dans la civilisation » d'aujourd'hui. Il a généré nombres de colloques, rencontres, formations, et reste une référence pour les psychanalystes, les psychiatres mais aussi les travailleurs sociaux. Augmenté d'une partie parue dans Les désarrois nouveaux du sujet (érès, 2001), cette version constitue un document de travail de première valeur, qui a ouvert un champ entier pour la psychanalyse : analysant les conséquences de la mutation que nous vivons - passage du primat de la religion à celui de la science - il fournit au lecteur des repères pour comprendre les enjeux de notre monde actuel. Jean-Pierre Lebrun, psychanalyste à Namur (Belgique) est un infatigable travailleur. Clinicien et théoricien inventif, non doctrinaire, il approfondit depuis des années les conséquences de la modification du lien social sur la subjectivité de tout un chacun. Il anime sur ce thème la collection Humus chez érès et a publié également La perversion ordinaire, vivre ensemble sans autrui (Denoël, 2007).
Un psychanalyste, Jean-Pierre Lebrun, et un bibliste, André Wénin, se risquent au dialogue. Le premier parce qu'il est intéressé par la capacité des textes fondateurs de notre culture à dire la spécificité de l'humus humain, le second parce qu'il est convaincu que la psychanalyse développe une approche de l'être humain qui n'est pas étrangère aux textes qu'il travaille.
Comment les auteurs, psychanalystes, soutiennent-ils leur pratique concrète avec ces patients - enfants aussi bien qu'adultes - pour lesquels Melman avait introduit le terme de nouvelle économie psychique ? Sans doute la clinique contemporaine impose à l'analyste de « savoir y faire ». Non pas de « savoir faire », au sens où elle demanderait un savoir technique descriptible. Mais de se mettre dans la position éthique d'accepter que les réalités cliniques nouvelles puissent le déranger, d'accepter d'inventer sans trop bien savoir ce qu'il invente. À cette seule condition, il pourra « faire avec » : faire avec ce qui, quotidiennement, vient interroger son désir, et sa responsabilité. À partir de leurs assises théoriques et de leur pratique clinique, les auteurs contribuent, chacun, à élaborer l'éthique qui leur permet de se constituer un lieu d'adresse pour ces sujets en mal de parole.
La lettre réponse d'une femme quittée par son mari ; elle y reconnaît à quel point dès les premiers moments de la rencontre, elle avait perçu sans rien vouloir en savoir ce qui allait mener à l'échec de leur relation. Jean-Pierre Lebrun a imaginé d'écrire la réponse féminine de Monique à Alexis qui, dans le livre de Marguerite Yourcenar lui explique qu'il la quitte sous le prétexte de son homosexualité. Ce texte devenu introuvable, aujourd'hui réédité donne par anticipation un éclairage sur ce que l'auteur s'essaie à décrire dans ses ouvrages plus récents, et notamment cette possibilité d'absence à soi-même à laquelle les sujets sont aujourd'hui invités, du fait même de l'évolution sociale qui nous emporte. Jean-Pierre Lebrun est psychiatre, psychanalyste à Namur (Belgique), membre de l'Association lacanienne internationale. Il est directeur de la collection « Humus » (érès) et auteur de Un monde sans limite (érès, 1997 ; réédition en poche 2009), La perversion ordinaire : vivre sans autrui (Denoël, 2007), avec Charles Melman L'homme sans gravité (Folio, 2005).
À partir de sa position de psychanalyste, Jean-Pierre Lebrun interroge l'évolution de la médecine depuis qu'elle est devenue - pour le bonheur de tous - « scientifique », depuis qu'elle est passée, selon Claude Bernard, d'un « art » de guérir » à une « science » de guérir. Et l'auteur d'ajouter : d'un art de guérir les « malades » à la science de guérir les « maladies ». Au cours de ces dernières années, le fossé entre une médecine de la maladie et une médecine du malade s'est incontestablement encore creusé, ce qui n'est peut-être pas sans conséquence sur l'inflation coûteuse de notre science de guérir : à force d'entendre dans le registre du besoin ce qui relève des champs de la demande et du désir, l'organisation de la santé ne peut que s'emballer. Paru quelques années avant Un monde sans limite (érès, 1997) qui a marqué un tournant dans le monde analytique lacanien, De la maladie au malade constitue le socle à partir duquel Jean-Pierre Lebrun a développé sa pensée sur l'importance du lien social pour la subjectivité. Dans son importante postface inédite, il propose de nouvelles avancées pour saisir les enjeux du malaise du monde médical dont la logique de rationalité scientifique tend à ne plus laisser de place au sujet singulier.
Les progrès incontestables des neurosciences de ces dernières années mettent-ils en question la discipline que Freud a inventée et que Lacan a réinventée ? N'assistons-nous pas plutôt à un troisième moment de naissance de la science - après l'âge grec et l'âge classique - qui nous contraint à revisiter les assises du sujet ? Néanmoins, les avancées des neurosciences nous obligent à problématiser à nouveaux frais les rapports du corps et du langage, à aborder différemment des questions aussi anciennes que cruciales telles les relations corps-esprit, nature-culture, animal-humain... et à prendre en compte l'impact des mutations technologiques sur la réalité psychique. Dans un entretien vivifiant, Jean-Pierre Lebrun et Marc Crommelinck convoquent la psychanalyse et les neurosciences pour appréhender le fonctionnement du cerveau pensant. Ils prennent appui sur les concepts, aujourd'hui promus, d'émergence, de causalité ascendante et descendante, de plasticité... en maintenant la rigueur d'une position matérialiste devenue désormais incontournable et une volonté de transmettre au plus grand nombre.
Ce livre est le fruit d'une rencontre entre un psychanalyste concerné par l'évolution de la société et les accueillants de la structure Dolto, « Le Jardin Couvert », qui fonctionne à Lyon depuis plus de trente ans dans l'esprit de la psychanalyse. L'enfant vient au Jardin Couvert avec son père, sa mère ou tout autre adulte proche pour rencontrer les autres et apprendre à vivre avec eux dans la sécurité d'une présence familière. Parfois, les familles, préoccupées par des difficultés minimes ou plus sérieuses, viennent y chercher des repères, un éclairage neuf, une direction à inventer. Elles sont assurées d'être entendues dans leur singularité. La demande d'aide, de conseils peut constituer un évitement à s'engager dans ce que, comme parents, ils savent déjà. Les accueillants s'attachent à leur faire découvrir qu'ils ont en eux les possibilités de trouver des solutions adéquates et de s'occuper d'une façon juste de leur enfant. Des moments vécus au Jardin Couvert constituent la matière de ce livre. Ils font entendre combien pour grandir, il est important que enfants, parents et accueillants se laissent guider par la parole et par ce que parler implique. Dans sa postface « OEdipe empêché », Jean-Pierre Lebrun rend compte conceptuellement, mais de manière accessible à tous, du quotidien au Jardin Couvert, à savoir les effets actuels du néolibéralisme qui modifie en profondeur les liens sociaux et par conséquent les rapports parents-enfants.
À travers une série d'entretiens, Michèle Gastambide, psychanalyste particulièrement intéressée par la tragédie grecque, et Jean-Pierre Lebrun, qui poursuit son questionnement sur les effets des mutations de la société sur les sujets, engagent à lire L'Orestie d'Eschyle pour y trouver de quoi faire face à la clinique actuelle. Le triangle oedipien classique ne semble plus rendre compte des situations cliniques et sociales qu'on rencontre aujourd'hui : un duo mère-enfant assorti d'un père estompé, voire effacé par le maternel. Plutôt qu'OEdipe, ce serait alors Oreste qui pourrait nous orienter dans l'approche de cette clinique : ce dernier est amené à tuer sa mère pour venger son père qu'elle avait assassiné. La façon dont Eschyle fait le récit de sa trajectoire nous apporte de quoi réfléchir. À vingt-cinq siècles de distance, l'actualité de notre social n'est pas sans résonner avec ce moment d'émergence de la démocratie, où se met en place le règne de la parole en même temps que la prise en compte de sa faille.
Si nous pouvons convenir que l'institution doit toujours être en position de tiers, en surplomb de ses membres, il faut bien admettre que ce tiers n'est aujourd'hui bien souvent plus "garanti" par la tradition. S'il est toujours de mise, il est désormais, sinon à inventer, au moins sans cesse à élaborer et à construire. Mais se repose alors la question de la légitimité pour cette construction : comment faire, non pas d'un établissement une institution, mais d'un groupe, d'un collectif, une institution ? Quelle voie frayer qui ne soit pas pur et simple rétablissement de l'autorité d'hier, mais qui, en revanche, reconnaisse la différence des places et ne dénie pas l'impossible auquel elle nous met en demeure de nous confronter ? Avec l'appui de Freud et de Lacan, l'auteur fait de ces questions l'enjeu de ce livre qui est rien de moins, sans doute, que penser comment réinventer la vie collective. Jean-Pierre Lebrun est psychiatre et psychanalyste.
Deux ne constituent pas encore une société au sens propre du terme : pour qu'il y ait rapport social, il faut toujours un troisième, un tiers. Mais que recouvre l'idée de tiers ? Comment interpréter cet « appel au tiers » ? Ce sont à ces questions et au souci de les prendre au sérieux en même temps que de les aborder par leurs différentes facettes (sociale, juridique, psychique, philosophique...) que se sont attelés pendant près de quatre années de travail les auteurs de cet ouvrage. Jean-Pierre Lebrun est psychanalyste à Namur (Belgique). Elisabeth Volckrick est sociologue à Louvain.
Pas question pour elle de juger, de dénoncer. Son ouvrage n'est pas un règlement de compte. Mais il parle crûment, simplement, de la réalité quotidienne de ces hommes [...] Un essai remarquable et d'une poignante sincérité. L'Observateur Jeanne Bouissou fut pendant quatorze ans visiteuse à la Santé. Son témoignage est comme le film, expurgé de tout pathos et sensiblerie, de son apprentissage de la détention : le rôle ambigu des surveillants, avec ou sans clés, les divisions, le caïdat, la drogue, l'argent, la solitude, l'ennui... À aucun moment n'affleurent la colère ou la pitié dangereuse. Ce qui importe, ici, c'est de comprendre, de se placer au plus près de la réalité quotidienne de ces hommes qui ont perdu leur liberté. La question, sans jamais être posée, surgit d'elle-même. Elle naît des situations décrites, des faits rapportés, de l'écoute accordée aux hommes : la prison est-elle la sanction adéquate pour ceux qui ont commis une faute au regard de notre société ?
J-P Lebrun rend compte des élaborations théoriques nouvelles survenues depuis et grâce à la parution de Un monde sans limite qui a généré de multiples discussions et débats. Des psychanalystes confrontés dans leur clinique aux effets de la configuration actuelle du social sur le sujet apportent ici leur contribution et témoignent de leur difficulté à faire face aux conséquences du déclin de la fonction du Père dans le social, sans céder à une quelconque nostalgie mais sans non plus sous-estimer les conséquences que ce déclin engendre. Tout ceci dans le but de comprendre les caractéristiques des comportements actuels autrement qu'en termes de déficit d'une fonction par essence même déficitaire.
Érasme l'avançait : "On ne naît pas humain, on le devient." Mais comment peut-on le devenir ? Quelles évolutions, quelles contraintes doit-on accepter, dès l'enfance puis tout au long de son existence, pour pouvoir vivre véritablement comme un homme ? Et en quoi la société dans laquelle nous vivons favorise-t-elle ou empêche-t-elle ce parcours vers l'humanisation ? Autant de questions que Jean-Pierre Lebrun travaille à clarifier depuis de très nombreuses années. Refusant à la fois la nostalgie d'un passé idéalisé et d'être aveuglé par les sirènes du "progrès", il se demande si nous sommes encore capables, voire soucieux, de désirer. Sachant que le désir, le propre de l'homme, a affaire au langage et au manque. Et qu'il se différencie de la jouissance, comblante et par là même mortifère. Or notre société dite néolibérale, imposant la recherche éperdue de ladite jouissance, confondant égalité et égalitarisme, affaiblissant la fonction paternelle au nom du rejet, certes légitime, du patriarcat, tend à dévaloriser tout ce qu'implique la condition humaine. Ce qui a des conséquences majeures, et très concrètes, qu'explore ici Jean-Pierre Lebrun, dans tous les domaines de la vie individuelle et collective : la politique, l'éducation, la culture, le psychisme et ses pathologies, mais aussi la vie conjugale ou les modes de consommation. Une réflexion profonde mais accessible, du point de vue de la psychanalyse, sur les problèmes cruciaux que doit affronter l'homme contemporain.
Érasme l'avançait : "On ne naît pas humain, on le devient." Mais comment peut-on le devenir ? Quelles évolutions, quelles contraintes doit-on accepter, dès l'enfance puis tout au long de son existence, pour pouvoir vivre véritablement comme un homme ? Et en quoi la société dans laquelle nous vivons favorise-t-elle ou empêche-t-elle ce parcours vers l'humanisation ? Autant de questions que Jean-Pierre Lebrun travaille à clarifier depuis de très nombreuses années. Refusant à la fois la nostalgie d'un passé idéalisé et d'être aveuglé par les sirènes du "progrès", il se demande si nous sommes encore capables, voire soucieux, de désirer. Sachant que le désir, le propre de l'homme, a affaire au langage et au manque. Et qu'il se différencie de la jouissance, comblante et par là même mortifère. Or notre société dite néolibérale, imposant la recherche éperdue de ladite jouissance, confondant égalité et égalitarisme, affaiblissant la fonction paternelle au nom du rejet, certes légitime, du patriarcat, tend à dévaloriser tout ce qu'implique la condition humaine. Ce qui a des conséquences majeures, et très concrètes, qu'explore ici Jean-Pierre Lebrun, dans tous les domaines de la vie individuelle et collective : la politique, l'éducation, la culture, le psychisme et ses pathologies, mais aussi la vie conjugale ou les modes de consommation. Une réflexion profonde mais accessible, du point de vue de la psychanalyse, sur les problèmes cruciaux que doit affronter l'homme contemporain.