Catherine Repussard
Catherine Repussard
Depuis les années 2000, la question animale est si structurante qu'elle reconfigure les disciplines elles-mêmes : la théologie s'ouvre à l'éco-théologie, de la philosophie émerge la philosophie animale, et c'est aussi le cas pour l'histoire, la sociologie, les études littéraires, l'éthique ou bien le droit. Cet ouvrage centré sur la question de la rencontre entre animaux humains et non humains questionne les décentrements épistémologiques et les ouvertures inter et transdisciplinaires rendus nécessaires par les nouvelles postures qui font une place aux animaux. Les études animales sont bonnes à penser : elles font dialoguer les sciences de l'homme et de la nature jusqu'à produire des hybridations disciplinaires extrêmement productives (ethnozoologie, zoopoétique, éthologie philosophique).
Cet ouvrage, centré sur la question interdisciplinaire de la rencontre entre les animaux humains et non humains, cherche à créer des passerelles entre les différents courants des études animales. Des chercheurs issus des sciences de l'homme et des sciences de la nature questionnent les grandes étapes historiques, politiques et philosophiques qui ont marqué les relations que nous entretenons avec les animaux non humains depuis le Moyen Âge. Ce volume s'attache à mettre au jour les moments de rupture ainsi que le rôle de certains précurseurs de la révolution animale. Il interroge également la notion d'anthropomorphisme et se termine par une ouverture sur le domaine artistique.
Qu'en est-il, depuis la grande époque coloniale européenne (Conférence de Berlin 1884-1885), de la construction des savoirs coloniaux, de la « mission civilisatrice » de l'Europe et surtout, des craintes et des aspirations profondes induites par cette dynamique, notamment dans les pays de langue allemande, sur le continent et outremer ? Des chercheurs francophones et germanophones, historiens et germanistes, soulignent ici avec force et originalité le problème essentiel du « désir de l'Autre », doublé de la peur d'un possible « ensauvagement », d'une perte d'identité, des colonisateurs. Leurs analyses d'un mimétisme interactif (Mimicry) révèlent également un désir postmoderne de « décivilisation » qui se manifeste encore aujourd'hui dans la politique et les arts. Ces questions concernent, outre les espaces officiellement colonisés, ceux où se sont établies des « colonies d'Allemands ».