Alexandre Kum''A N''Dumbe Iii
Alexandre Kum''A N''Dumbe Iii
Pourquoi "Nouvelles interdites" ? Parce que la vérité est nécessaire à la démarche historique de notre peuple. À l'heure des grands affrontements sur le continent africain, des complots et des trahisons, à l'heure des marchandages sordides de certains gouvernants avec des puissances étrangères fossoyeurs de l'Afrique, à l'heure des répressions barbares perpétrées par des Africains contre des Africains, du muselage de nos peuples, de la désintégration galopante de nos sociétés, l'homme d'Afrique se doit de crier tout haut la vérité sur les bouleversements qui affectent son continent. C'est son devoir le plus absolu. Mais justement, sous nos cieux, l'index frappe la vérité comme la foudre s'abat sur l'arbre. C'est pourquoi, dans nos contrées, on peut parler de tout, vraiment de tout, sauf de ce qui nous concerne. Les média diffuseront des informations sur le monde, raconteront des contes et histoires des temps, mais couvriront d'un silence sanglant les nouvelles de notre temps, nouvelles interdites. Le rôle de l'écrivain consiste-t-il à se taire ? Doit-il s'atteler à abreuver de louanges, tel un griot appointé, un monarque usurpateur, jamais plébiscité par son peuple ? Ou alors, le dos tourné au présent, le passé offre-t-il le seul champ d'expression possible ? Si l'on est écrivain de son époque, soyons écrivains de notre temps. Si nous voulons contribuer à l'évolution de notre continent, considérons l'Afrique comme ce moule dans lequel nous devons nous fondre. Si nous voulons suivre le cours de l'Histoire, penchons-nous sur les palpitations de nos peuples et soyons-en les haut-parleurs. C'est pourquoi il n'est point besoin d'inventer des histoires. Les souffrances de nos populations, ses tristesses, ses joies et ses fêtes nous livrent une matière suffisamment dense pour en extraire les nouvelles de notre temps.
Please note: This is a companion version & not the original book. Sample Book Insights: #1 The courtroom was solemn, and the judges' attention was focused on the suffering stories they heard. They were not theatrical, and their conduct was natural. #2 The trial was not a show trial, and Judge Landau, who presided over it, did his best to prevent it from becoming one. The proceedings happened on a stage before an audience, with the usher's marvelous shout at the beginning of each session producing the effect of the rising curtain. #3 The judges at the Eichmann trial were careful to avoid the spotlight, but they were still in it. The audience was supposed to represent the whole world, and in the first few weeks, it consisted chiefly of newspaper and magazine writers who had flocked to Jerusalem from all corners of the earth. #4 The Israeli government was extremely hostile to the idea of an international court that would have indicted Eichmann for crimes against humanity, rather than just crimes against the Jewish people.