Essais, Réflexions, Écrits sur le judaïsme
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Et si le judaïsme n’était ni une religion, ni une culture, mais une invention permanente ? L’Invention du judaïsme de David Lemler explore deux millénaires de pensée juive pour révéler comment cette tradition se redéfinit sans cesse.
Les maîtres de la Kabbale enseignent que le monde fut créé par les lettres hébraïques. Chacune d'elles porte une énergie spirituelle, une sagesse primordiale inscrite dans sa forme graphique. Dans Rosh Milin, texte d'une rare profondeur traduit et commenté pour la première fois en français, le Rav Abraham Isaac HaCohen Kook (1865-1935), l'un des plus grands penseurs du judaïsme contemporain, dévoile le secret des lettres et des voyelles. Elles ne sont pas de simples signes linguistiques, elles sont les matrices de l'existence, les forces vivantes par lesquelles le monde se déploie. Ce nouvel ouvrage constitue une initiation à la langue poétique et visionnaire du Rav Kook, dont la pensée s'inscrit dans une oeuvre universelle où la sagesse juive dialogue avec les grandes traditions philosophiques, de Platon à Spinoza, de Kant à Bergson. Un texte majeur, d'une beauté rare, où le langage devient une voie vers la lumière.
Le judaïsme, cette tradition millénaire, se révèle à travers 26 clés de compréhension accessibles et profondes.
Le présent volume est un inédit posthume de Charles Mopsik (1956-2003), qui fut pendant sa trop courte vie le plus éminent spécialiste français de la cabale, la tradition ésotérique juive. Dès le milieu des années 1980, Charles Mopsik s'est attaché au thème, central pour la cabale comme pour la pensée religieuse en général, de la différence sexuelle, de la dialectique en Dieu même du masculin et du féminin, et de son implication pour les relations entre hommes et femmes. Les Deux Visages de l'Un peut être considéré comme son magnum opus, qu'il n'aura cessé de travailler tout au long de sa vie. Le titre dit bien son ambition : comment l'Un divin au-delà de toute définition se manifeste, selon les mystiques juifs, non pas à travers le seul visage du Père, mais bien deux visages, l'un masculin, l'autre féminin. Depuis les antécédents bibliques et rabbiniques jusqu'aux échos dans les traditions chrétienne et islamique, il nous invite à suivre ce fil de l'androgynie divine et de ses conséquences pour l'identité spirituelle des humains - le sexe, non des anges, mais des âmes. Cette somme, où la pensée limpide de l'auteur se déploie autour de très nombreux extraits de textes cabalistiques, quasiment tous inédits en français, nous fait pénétrer dans l'un des domaines les plus fascinants de la culture universelle : celui des rapports entre sexualité et spiritualité.
Au sein de l'oeuvre prolifique du penseur juif viennois Martin Buber (1878-1965), la spiritualité hassidique constitue une sorte de fil rouge, depuis les Contes de Rabbi Nahman (1906) jusqu'à ce Message hassidique paru en 1952 et totalement inédit en français. Ce dernier constitue avec les célèbres Récits hassidiques une seule oeuvre, comme l'expose Buber lui-même. Écrit au soir de sa vie, il propose une magistrale synthèse où l'on retrouve l'apport des travaux de Gershom Scholem sur la kabbale et le messianisme, sa propre philosophie du dialogue (Je et Tu), ou encore ses recherches sur les religions comparées. Fidèle à son intuition, il montre comment le message hassidique n'est pas à chercher dans les textes, mais dans la vie concrète de la communauté et du maître (tsaddik). Car ce message ne consiste en rien d'autre qu'à accueillir Dieu dans la vie quotidienne et à sanctifier l'intégralité du réel, même dans ses aspects les plus profanes. Comme l'écrit Emmanuel Levinas, Buber « fut un grand seigneur du verbe. Avoir su parler en Juif du judaïsme comme il a parlé est, sans conteste, la grande merveille de cette vie et... le miracle de l'histoire intellectuelle juive de ces cent dernières années. »
Élément décisif de la compréhension juive de l'Histoire, l'attente messianique a connu au cours des temps les expressions les plus diverses. Gershom Scholem étudie dans cet ensemble d'essais les mutations profondes qu'elle a subies, l'apparition des nombreuses utopies qu'elle a suscitées, et s'interroge sur le sens de cette idée dans l'oeuvre des maîtres du judaïsme contemporain, comme Buber ou Rosenzweig. À travers ce thème privilégié, il propose une formidable ouverture à la grande tradition culturelle juive. Gershom Scholem (1897-1982), né à Berlin, émigre en 1923 en Palestine et devient professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem dès 1925. Il entame alors une réflexion sur l'histoire et la philosophie du judaïsme, dont il deviendra une grande voix. Il a été président de l'Académie israélienne des sciences.
Religion, identité, culture... ce livre toujours accessible, devenu un classique, permet de comprendre les multiples aspects du judaïsme. Qu'est-ce que le judaïsme ? Religion, identité, culture... cet ouvrage présente les multiples aspects du judaïsme dans une approche claire, accessible et complète. Trois grands axes sont privilégiés : l'histoire, la religion et les défis de la modernité. Les principaux jalons historiques, les grands thèmes bibliques, les fêtes, les lois alimentaires... sont tour à tour étudiés. Mais ce livre accorde aussi une place importante à d'autres questionnements plus contemporains : l'identité juive, la transmission, la famille, la place de la femme, les jeunes, le dialogue laïcs-religieux, le dialogue interreligieux... De cette analyse se dégage un judaïsme pluriel, traversé de multiples tendances. Un judaïsme constamment travaillé entre fidélité religieuse et adaptation aux nouvelles donnes contemporaines, qui a toujours su rester vivant.
La proclamation de l'évangéliste Jean « Le salut vient des juifs » n'a guère retenu l'attention de l'Église pendant de nombreux siècles. Pour les chrétiens, le salut ne vient-il pas de Jésus-Christ ? Cette apparente contradiction ne peut se dépasser que par une meilleure connaissance du judaïsme. C'est précisément le propos de cet ouvrage. Tout en retraçant l'histoire tragique des relations entre juifs et chrétiens, l'auteur présente la plus ancienne religion monothéiste, sa référence à la Tora, ses fêtes, ses rites. Le lecteur redécouvre ainsi « le lien qui, selon le concile Vatican II, relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament avec la lignée d'Abraham ». Les déclarations de repentance de la hiérarchie catholique - et des églises chrétiennes dans leur ensemble - ont ouvert le chemin de la réconciliation. Cependant, la question d'une meilleure prise en compte de la judéité de Jésus par les chrétiens demeure. Accessible à tous, cette nouvelle édition actualisée constitue une référence pour comprendre le judaïsme et son lien avec l'Église. Dominique de La Maisonneuve est religieuse de Notre-Dame de Sion. Diplômée de l'Université hébraïque de Jérusalem, après vingt ans à l'Institut catholique de Paris, elle enseigne aujourd'hui l'hébreu et le judaïsme au Collège des Bernardins.
Reçue par une révélation divine, la Kabbale est une gnose, une recherche de la connaissance, du secret de la Création. Comme toute gnose, elle met en scène une cosmogonie dont l'homme est un acteur, un cherchant de Dieu et elle s'efforce de répondre à la question du bien et du mal. Cet ouvrage se veut une aide pour accomplir les premiers pas dans ce « jardin de la connaissance ». Entrez et admirez ce merveilleux « arbre de vie » de la Kabbale et ressortez en paix. Que Dieu vous donne la sagesse pour comprendre, la force pour accomplir votre chemin et que la joie soit dans vos coeurs. D'où vient la Kabbale ? Comment la décrypter ? Quels sont ses quatre mondes ? Cet essai ne se veut pas une étude exhaustive de la Kabbale, mais une initiation à la mystique judaïque. De sa perspective historique à son influence sur le christianisme et la franc-maçonnerie, Ralph Hayot nous guide pas à pas sur le chemin fascinant de la connaissance.
Les deux traversées du judaïsme, thématique et historique, proposées dans cet ouvrage, conduisent à plusieurs observations. D'abord, l'existence de lectures diversifiées, sans qu'aucune d'elles n'exclue les autres. Ensuite, une très forte capacité à s'adapter aux transformations historiques. Deux forces motrices sont présentes : l'inspiration et la tradition. Elles permettent de comparer le judaïsme biblique au judaïsme rabbinique. Le judaïsme biblique a mis l'accent sur les réalités que traverse la nation ; le judaïsme rabbinique s'est polarisé autour de la tradition. Le dernier âge du judaïsme est celui des ruptures. Aujourd'hui, un enjeu important s'impose en Israël : les tensions sociales que provoquent les projets du gouvernement issu des élections de 2022, sont les héritières du conflit entre les deux forces motrices du judaïsme. C'est à l'ensemble de ces questions que s'adresse l'ouvrage, nourri de multiples travaux, tant universitaires que de la tradition juive.
Un grand nombre de Juifs, immigrés en France au début du XXe siècle, sont considérés comme les garants d'une culture et d'une langue ayant pris racine en Espagne médiévale. Mais que sont devenus ces hommes et ces femmes après le tourment de la Shoah et surtout, dans le cadre d'une immigration préconisant l'assimilation à la culture française ? En montrant le rôle fédérateur de la musique dans cette communauté, cet ouvrage présente une ethnographie multisite de la vie judéo-espagnole française. Avec une préface de Edwin Seroussi. Anthropologue et ethnomusicologue formée entre la France et le Canada, Jessica Roda est spécialiste de la vie contemporaine juive en France et au Québec. Ses recherches portent sur la création et la représentation des identités religieuses à la suite de ruptures de filiation, la patrimonialisation musicale ainsi qu'au dialogue interculturel et inter-religieux. Après avoir travaillé avec les Judéo-espagnols et les Séfarades du Maroc, elle s'intéresse à la vie juive ultra orthodoxe (Montréal et New York), ethnographie l'ayant conduite à interroger les défis auxquels font face ces communautés en matière de parenté, de sexualité, de genre et de culture populaire. Un grand nombre de Juifs, immigrés en France au début du XXe siècle, sont considérés comme les garants d'une culture et d'une langue ayant pris racine en Espagne médiévale. Mais que sont devenus ces hommes et ces femmes après le tourment de la Shoah et surtout, dans le cadre d'une immigration préconisant l'assimilation à la culture française ? En montrant le rôle fédérateur de la musique dans cette communauté, cet ouvrage présente une ethnographie multisite de la vie judéo-espagnole française. Avec une préface de Edwin Seroussi. Anthropologue et ethnomusicologue formée entre la France et le Canada, Jessica Roda est spécialiste de la vie contemporaine juive en France et au Québec. Ses recherches portent sur la création et la représentation des identités religieuses à la suite de ruptures de filiation, la patrimonialisation musicale ainsi qu'au dialogue interculturel et inter-religieux. Après avoir travaillé avec les Judéo-espagnols et les Séfarades du Maroc, elle s'intéresse à la vie juive ultra orthodoxe (Montréal et New York), ethnographie l'ayant conduite à interroger les défis auxquels font face ces communautés en matière de parenté, de sexualité, de genre et de culture populaire.
Ce repas est le plus ancien rituel religieux de l'histoire de l'Occident, et il contient la force de renouveler notre vie et notre foi. Le rabbin Evan Moffic partage sa pratique de la Pâque avec les lecteurs du XXIe siècle. Revivez l'histoire de l'exode biblique en explorant la signification du repas pascal. Dans ces pages où se mêlent sagesse, érudition et expérience personnelle, l'auteur invite les chrétiens de toutes les dénominations à explorer les racines juives de leur foi et à faire l'expérience d'un authentique repas pascal en vue de leur liberté. Reconsidérez votre manière de célébrer la Cène et de fêter Pâques. Vous y trouverez un aperçu de cette cérémonie antique que Jésus célébrait fidèlement.
Les biographies de Jésus de Nazareth sont innombrables. Elles ont pour principal défaut de ne se fonder que sur des sources chrétiennes, dont la nature n'est pas historique mais hagiographique. En outre, l'historien, manquant d'informations fiables, en vient souvent à négliger la chronologie de ces sources. Or, il importe d'écarter de l'enquête des textes trop tardifs, même évangéliques, et d'y inclure au mieux des sources externes au christianisme. Ce livre propose une biographie historique de Jésus s'appuyant sur une telle source. La Guerre des Juifs, de l'historien juif Flavius Josèphe (env. 37-100 apr. J.-C.), a été traduite de l'araméen avant de devenir l'écrit officiel en grec des empereurs romains. Cette première version fournit nombre d'informations étonnantes qui ne peuvent provenir d'écrits chrétiens. Jésus a bien existé dans la société juive du Ier siècle, il en fut même un personnage marquant.
Ce deuxième tome étudie le comportement humain et religieux dans les situations extrêmes sous la dictature hitlérienne. Afin d'assurer la survivance de la tradition juive, forts de leur expérience millénaire de la souffrance, les Juifs européens entrèrent en résistance spirituelle dans les lieux d'enfermement : ghettos, bunkers, camps de concentration et d'extermination. Dans cet univers de fin du monde, certains « métiers » imposés par les nazis ont en effet débouché sur la survie, et c'est donc ce que tente de mettre en avant cet ouvrage.
Le corps humain fut longtemps considéré comme un objet d?étude secondaire. Or les textes de la tradition juive comprennent un ensemble impressionnant de références portant sur les réalités somatiques qui, toutes, nous montrent que l?être humain est un monde en miniature. L?ouvrage foisonnant de Jean Baumgarten, en s?appuyant sur l?analyse de sources juives mises en regard avec des textes issus d?autres traditions religieuses et philosophiques, montre comment les discours juifs sur le corps se sont formés, développés et transformés, depuis la Bible jusqu?au xviiie siècle. Leur étude donne accès aux valeurs, aux codes culturels, et éclaire tout particulièrement les controverses entre les différents courants religieux qui particularisent le judaïsme. En marge des conceptions sur la prééminence de l?âme, cette synthèse inédite des représentations du corps humain nous permet d?accéder à la compréhension des catégories légales, des principes philosophiques, des normes morales et des idées mystiques propres à la religion et à la culture juives.
Après son premier ouvrage, Les Racines de l'existence, Eric Daniel El-Baze poursuit sa présentation sur la Kabbale, en dévoilant au lecteur l'enseignement fondamental du « Ari Zal », Rabbi Isaac Louria (1534-1572) et son interprétation contemporaine, faite par le « Baal Ha Soulam », Rabbi Yehouda Ashlag (1885-1954) à propos des mécanismes secrets de la création du monde.
« Tout commence en mystique et finit en politique. » Charles Péguy. L'auteur propose un éclairage original sur la notion de dialogue en politique en s'appuyant sur sa connaissance de la littérature rabbinique, du livre de l'Exode et sa compréhension des écrits philosophiques, depuis Platon jusqu'à Foucault.Rav Uriel Aviges démontre que le but du dialogue politique est d'accéder à une conscience mystique du divin. L'ascèse spirituelle est décrite comme étant le but et le moyen de fonctionnement de cet échange. Pour établir ce dialogue, il faut comprendre que l'on est, soi comme l'autre, une marionnette, manipulée par la même main invisible. La tradition juive stipule que la Torah est une source d'inspiration et d'enseignements pour toutes les facettes de l'existence, au service du progrès du monde. Rav Uriel Aviges en est une des rares expressions universelles et contemporaines en langue française, dans la lignée d'Emmanuel Levinas et Benny Levy. Ainsi ce livre présente-t-il certaines de ses réflexions basées sur son étude, hors des sentiers battus, sur des questions aussi diverses que l'Islam et son agenda messianique, la relation masculin-féminin, l'homosexualité et le genrisme, les notions d'intuition, de libéralisme économique ou d'écologie. Rav Uriel Aviges a étudié dans de prestigieuses écoles talmudiques, au Raincy, en France, à Gateshead, au Royaume Uni, à Bne Brak (Slobodka) en Israël, à Lakewood et MTJ (Metivta Tiferet Yerushalaim) aux États-Unis.Il a été ordonné Rabbin en 1995 à Lakewood et Juge rabbinique (Dayan) en 2000.Écrivain prolifique, il a publié son premier livre en hébreu, « Imrei Ech », à l'âge de 18 ans. Il a collaboré avec Bernard Drai à la rédaction de ce nouvel essai.
S'inscrivant dans la tradition des "entretiens littéraires", ce livre donne la parole à des écrivains et artistes d'origine judéo-marocaine, qui même éloignés de leur terre natale et engagés dans de nouveaux modes de vie, ont eu la brillante idée de restituer l'essentiel d'une culture multiséculaire marocaine. L'ouvrage se veut un présentoir culturel de l'affluent hébraïque marocain, avec photos à l'appui, curriculums vitae des écrivains, textes inédits, et quelques extraits d'oeuvres autour de la marocanité et du vivre ensemble.
Est-il vrai et crédible que les juifs tuent en secret les enfants chrétiens et utilisent leur sang ?
Le traité S'il est vrai et crédible que les juifs étouffent en secret les enfants chrétiens et utilisent leur sang est l'un des rares essais, et même le seul, au XVIe siècle, au sein de la Réforme, visant la défense des juifs contre les accusations, infondées, dont ils étaient régulièrement l'objet depuis le Moyen Âge, en particulier celle d'assassiner des enfants chrétiens pour s'approprier leur sang. Hébraïsant, fin connaisseur des sources rabbiniques, Andreas Osiander démontre en vingt propositions qu'il est impossible que des juifs commettent un tel acte, au regard de leur propre tradition et de l'éthique juives, notamment si l'on pense aux lois bibliques et rabbiniques concernant l'usage du sang. Contre l'irrationalité de la rumeur et le poids d'un antijudaïsme séculaire, Osiander met en avant des arguments théologiques, philosophiques et logiques pour démontrer l'absurdité de telles accusations. Cette traduction française, la première qui soit réalisée de ce traité, est proposée avec une importante introduction, resituant Osiander et son traité dans le contexte du XVIe, et des notes permettant de mesurer l'ampleur de la culture hébraïque du Réformateur.
Le livre de Thomas Kaufmann propose une brillante synthèse sur l'attitude du célèbre réformateur face aux juifs. Cette attitude s'est modifiée au cours de son existence, Luther passant d'une position plutôt conciliante envers les juifs à une phase terriblement agressive à la fin de sa vie. Comment expliquer un tel revirement? Thomas Kaufmann montre que les prises de position tardives de Luther, qui exige la destruction des synagogues et l'expulsion des juifs, sont en partie dues à des peurs apocalyptiques qui trahissent la grande anxiété du réformateur dans ses dernières années. Mais il souligne aussi la continuité d'une théologie antijuive, repérable dès les premiers cours de Luther. Dans un essai lucide et brillant, Thomas Kaufmann analyse les circonstances historiques des écrits de Luther sur les juifs, mais aussi les modalités de leur récupération par l'antisémitisme moderne et les nazis.
Témoignage du fondateur de la Fédération des Juifs Noirs. Ignorés, méprisés, ou tout simplement peu connus, les Juifs Noirs ont pourtant une réelle identité. Respectueux de la Torah et de tous les rites, les Juifs Noirs désirent être reconnus comme Juifs à part entière, et ouvrir les mentalités à d'autres schémas que les traditionnels Ashkénazes et Sépharades qui constituent la majorité des pratiquants du judaïsme. Avec le soutien de plusieurs personnalités influentes, comme Roger Cukierman (président du CRIF), Nduwa Guershon a ainsi créé la FJN (Fédération des Juifs Noirs) pour expliquer son combat, et développer le lien entre les Juifs Noirs et les Juifs Blancs. Dans ce livre, il revient sur son parcours, les difficultés rencontrées par les Noirs pour la reconnaissance de leur statut, l'histoire de sa communauté, mais en premier lieu, il nous délivre un message de paix, et d'acceptation de l'autre. Un essai interpellant qui prône la tolérance entre les diverses communautés juives. À PROPOS DE L'AUTEUR Guershon Nduwa est le président de la communauté juive noire, aussi bien en Europe, en Afrique et ailleurs. Juif et Noir, il milite aujourd'hui pour leur visibilité et développe, dans l'espace républicain français, les valeurs portées par l'humanisme, l'esprit de tolérance et de paix.
L'enseignement de la Kabbale est une tradition ésotérique donnée par D.ieu au mont Sinaï en marge de la Loi. Ce Savoir restera secret jusqu'aux révélations de Rabbi Shimon Bar-Yo'hai dans le livre du Zohar. À compter de l'année 5300 de la Création (1540 de l'ère commune), la Cour céleste ordonna que l'étude du Zohar soit rendue licite et que vieux et jeunes s'y consacrent afin que vienne le Roi Messie. La période du dévoilement sera marquée au XVIe siècle par les révélations du Ari Ha Qadosh ; elles constituent de nos jours l'essentiel de l'étude de la Kabbale. En explorant la dimension cachée de la Torah, la Kabbale découvre l'Âme de la Révélation et dévoile les racines secrètes de l'existence qui mènent au projet d'être attribué par D.ieu à Sa créature.
Et si le terme « judaïsme » était une invention du christianisme ? Dans cet ouvrage, Daniel Boyarin s'engage dans une quête historique et conceptuelle, dont les conclusions révolutionnaires nous appellent à revoir nos évidences. Voilà un nouvel ouvrage d'un auteur déjà bien connu en France, comme il l'est à travers le monde, qui sait utiliser les avancées des disciplines les plus diverses pour mettre en cause les présupposés les plus ancrés. Jacques Ellul, dans La subversion du christianisme, nous avait mis en garde contre des mots en -isme. Invité à traiter de « Judaïsme » comme mot-clé utilisé dans les études juives, Daniel Boyarin est conduit à constater que « judaïsme » est une expression d'apparition récente dans la pensée juive et entreprend de chercher la cause de son irruption. Ce livre se situe dans le sillage de l'ouvrage Imagine No Religion que Boyarin a co-produit avec Carlin A. Barton et qui, comme le présent livre, marque un tournant important dans son oeuvre, l'amenant notamment à revoir certaines de ses positions antérieures. Cette pensée toujours en mouvement, cette invitation à la réflexion et à la controverse, formulée avec d'élégance et d'humour, s'adresse non seulement aux érudits mais à tous ceux qu'intéressent ces questions.
Antoine Compagnon s'est livré - après son cours au Collège de France - à l'approfondissement d'un sujet qui peut paraître marginal et qui s'est révélé d'une richesse intellectuelle et humaine assez extraordinaire. Il s'agit d'un côté de ce que Proust avait de juif dans son milieu familial, et de la traduction du judaïsme dans la Recherche du temps perdu qui a pu faire dire tantôt que Proust était antisémite, tantôt qu'il était un auteur kabbaliste. À travers l'érudition incroyable et la recherche d'archives menée par Antoine Compagnon, c'est tout un milieu qui ressurgit : celui de jeunes sionistes des années 1920 qui lisent Proust, le discutent, le commentent, se l'approprient et s'en servent comme point de référence ou de polémique. C'est le cas de gens très connus comme André Spire et les auteurs de la Revue juive (qui paraissait chez Gallimard sous la direction d'Albert Cohen) ou de la Tribune juive où écrivent des gens bien connus de la maison comme Benjamin Crémieux. Proust a souvent été affublé de la fidélité à un style de rabbin, et ce milieu des premiers lecteurs juifs de Proust est illustré presqu'à chaque page de ses portraits d'hommes - pour nous devenus inconnus -, et de commentateurs comme Albert Thibaudet, Gide, Péguy, Maurois ou encore Barrès. C'est tout un côté de Proust qui prend une dimension à laquelle on ne s'attendait pas pour un livre à paraître au début de l'année commémorant le centenaire de la mort de l'auteur ; 2021 étant déjà le 150e anniversaire de sa naissance. Forte actualité commémorative, ce double anniversaire va être marqué par trois grandes expositions (Carnavalet, Proust, un roman parisien, décembre 2021, MAHJ, Proust et les juifs, mars 2022 et BNF automne 2022).
Antoine Compagnon s'est livré - après son cours au Collège de France - à l'approfondissement d'un sujet qui peut paraître marginal et qui s'est révélé d'une richesse intellectuelle et humaine assez extraordinaire. Il s'agit d'un côté de ce que Proust avait de juif dans son milieu familial, et de la traduction du judaïsme dans la Recherche du temps perdu qui a pu faire dire tantôt que Proust était antisémite, tantôt qu'il était un auteur kabbaliste. À travers l'érudition incroyable et la recherche d'archives menée par Antoine Compagnon, c'est tout un milieu qui ressurgit : celui de jeunes sionistes des années 1920 qui lisent Proust, le discutent, le commentent, se l'approprient et s'en servent comme point de référence ou de polémique. C'est le cas de gens très connus comme André Spire et les auteurs de la Revue juive (qui paraissait chez Gallimard sous la direction d'Albert Cohen) ou de la Tribune juive où écrivent des gens bien connus de la maison comme Benjamin Crémieux. Proust a souvent été affublé de la fidélité à un style de rabbin, et ce milieu des premiers lecteurs juifs de Proust est illustré presqu'à chaque page de ses portraits d'hommes - pour nous devenus inconnus -, et de commentateurs comme Albert Thibaudet, Gide, Péguy, Maurois ou encore Barrès. C'est tout un côté de Proust qui prend une dimension à laquelle on ne s'attendait pas pour un livre à paraître au début de l'année commémorant le centenaire de la mort de l'auteur ; 2021 étant déjà le 150e anniversaire de sa naissance. Forte actualité commémorative, ce double anniversaire va être marqué par trois grandes expositions (Carnavalet, Proust, un roman parisien, décembre 2021, MAHJ, Proust et les juifs, mars 2022 et BNF automne 2022).
Quelles ont été les orientations de l'École de pensée juive de Paris ? Ses traits caractéristiques ? Ses domaines de recherche ? Qui en étaient les maîtres ? Qu'ont-ils transmis ? Les champs qu'ils ont labourés et semés ont-ils donné des fruits ? Cet ouvrage vise à dégager l'esprit de la pensée juive de langue française telle qu'elle s'exprimait dans la seconde moitié du xxe siècle. Si l'on veut disséquer la constellation intellectuelle qui s'est formée au sein du judaïsme français au lendemain de la Seconde guerre mondiale, on verrait apparaître dans toute son ampleur, ce que deux de ses membres, le philosophe Emmanuel Levinas et le juge Wladimir Rabi, ont qualifié sur le mode de la boutade, « l'École de Paris ». Cette expression, empruntée à l'histoire de l'art des années vingt, avec ses peintres juifs tels Soutine ou Modigliani a été appliquée à l'expérience intellectuelle du judaïsme français des années 1960-70 et du siècle dernier. En marge des institutions académiques, mais un discours et des oeuvres d'une extrême hardiesse. On découvrira dans cet ouvrage un noyau, une pépinière de penseurs qui n'ont pas hésité à porter la voix de la pensée juive au sein de la cité et au coeur de la philosophie occidentale qui s'en est trouvée parfois débordée, le plus souvent fécondée. Un livre à la croisée de l'histoire religieuse et de la philosophie.
Normalienne et agrégée d'anglais, Myriam Ackermann Sommer est devenue à 26 ans la première femme rabbin orthodoxe en France. Philosophe des religions, Michaël de Saint Cheron a fait son retour au judaïsme voici quarante ans, guidé dans son parcours par Emmanuel Levinas et Elie Wiesel. À travers leur dialogue, ils livrent l'analyse de leur retour au judaïsme à partir d'une enfance dépourvue de références à la religion qu'ils se sont choisie. Chacun esquisse le trajet de pensée et de réflexion qui l'a conduit vers une tradition jusqu'alors tout à fait inconnue. Ils abordent aussi toutes les questions essentielles autour du retour au religieux, de la conversion, de la place des femmes en religion.Retour qu'ils décrivent et explorent comme l'appel d'une altérité vers un cadre de pensée inédit.
On ignore trop souvent que le judaïsme offre une vision mythique du monde. Pourtant, le mythe est aussi vital que dangereux, aussi libérateur qu'oppressif. Les conséquences théologiques, politiques et esthétiques de cet oubli sont donc terribles. À la croisée de la critique biblique, de l'exégèse rabbinique et de la Kabbale, de la littérature et de la théologie, de l'histoire et de l'anthropologie, cet essai explore la persistance, la beauté et les dangers des mythes juifs. Contre une vision simpliste, antisémite, qui opposerait le judaïsme au sacré et à la nature, David Haziza revient sur les mythes fondateurs de cette religion et ses liens avec un paganisme que, de la Bible à la Kabbale, elle n'a jamais vraiment refoulé. Pour le meilleur comme pour le pire, le judaïsme est resté païen, mais d'un paganisme sans idoles. Le sacré y demeure, pour peu qu'on y prenne garde, dans la pluralité divine et la part féminine de Dieu, par les sacrifices et tous les rites qui rythment la vie juive, par le symbolisme érotique et le rapport à la mort, par le culte de la terre d'Israël et son corollaire, celui de l'exil, enfin par ce mythe juif par excellence qu'est le messianisme. Grille d'interprétation inédite et salutaire, cet essai nous invite à repenser la modernité aussi bien que le fanatisme, le sionisme que l'antisémitisme. David Haziza propose ainsi un voyage à travers les textes, l'espace et le temps, où se côtoient prophètes et sages du Talmud, kabbalistes et maîtres du hassidisme, Kafka, Proust et bien d'autres - et surtout, à côté de ces grands, les Juifs ordinaires dont la vie, les rites et la mémoire n'ont jamais cessé d'être structurés par le mythe.
Que reste-t-il de l'amour, du lien, de la parole lorsque la mort survient ? La sagesse juive parle d'un Olam haba, un « monde-à-venir ». S'agit-il d'un lieu, d'un temps, d'une promesse ? Et que peut encore signifier cette idée pour nous aujourd'hui ? Scrutant les derniers jours des grandes figures bibliques et examinant les textes du Talmud et de la Kabbale, Ariel Toledano explore avec érudition et humanité ce que recouvre cette idée d'au-delà, non comme un dogme, mais comme horizon de sens. Le « monde-à-venir » devient ainsi une manière de penser la continuité de l'âme, la force du souvenir et la possibilité d'un renouvellement intérieur. Mêlant spiritualité, philosophie et expérience humaine, il ouvre un chemin pour celles et ceux qui cherchent la paix au coeur de l'absence.Un livre lumineux qui tisse un dialogue vivant entre tradition et modernité. Médecin, Ariel Toledano enseigne l'histoire de la médecine à l'Université Paris Cité. Auteur de plusieurs ouvrages interrogeant les résonances entre médecine et sagesse juive, il est traducteur de textes de Maïmonide et du Rav Kook et développe une oeuvre nourrie de spiritualité et d'humanisme, proposant un regard singulier sur le soin et la transmission.
Sartre avait montré dans Réflexions sur la question juive comment le juif est défini en creux par le regard de l'antisémite. Delphine Horvilleur choisit ici de retourner la focale en explorant l'antisémitisme tel qu'il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives. Dans tout ce corpus dont elle fait l'exégèse, elle analyse la conscience particulière qu'ont les juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps, et de ce dont elle « charge » le juif, l'accusant tour à tour d'empêcher le monde de faire « tout » ; de confisquer quelque chose au groupe, à la nation ou à l'individu (procès de l'« élection ») ; d'incarner la faille identitaire ; de manquer de virilité et d'incarner le féminin, le manque, le « trou », la béance qui menace l'intégrité de la communauté. Cette littérature rabbinique que l'auteur décortique ici est d'autant plus pertinente dans notre période de repli identitaire que les motifs récurrents de l'antisémitisme sont revitalisés dans les discours de l'extrême droite et de l'extrême gauche (notamment l'argument de l'« exception juive » et l'obsession du complot juif). Mais elle offre aussi et surtout des outils de résilience pour échapper à la tentation victimaire : la tradition rabbinique ne se soucie pas tant de venir à bout de la haine des juifs (peine perdue...) que de donner des armes pour s'en prémunir. Elle apporte ainsi, à qui sait la lire, une voie de sortie à la compétition victimaire qui caractérise nos temps de haine et de rejet.
Comment dit-on Dieu dans le judaïsme ? Comment le nomme-t-on ? La question ne va pas de soi : Dieu n'habite pas les noms que les Écritures semblent lui attribuer. Il est à la fois absent et caché. Si l'on ajoute à cela la perte de la vocalisation du Nom ineffable, par lequel Dieu se nomme lui-même, on touche dès lors à une limite dont l'histoire de la philosophie et des religions ne sort pas indemne. Danielle Cohen-Levinas propose dans cet ouvrage une méditation philosophique où les références à Cohen, Buber, Levinas, Schelling, Mendelssohn et Rosenzweig croisent au plus près les textes de la tradition juive. Elle fait ainsi résonner, par-delà le battement entre présence et retrait, la manière dont le langage s'habille de noms qui témoignent de la trace d'un Dieu « transcendant jusqu'à l'absence » (E. Levinas). Philosophe, musicologue et professeure à la faculté des lettres de Sorbonne-Université, Danielle Cohen-Levinas est responsable du Collège des études juives et de philosophie contemporaine. Depuis 2019, elle est vice-présidente de la Société francophone des philosophies de la religion. Elle a récemment publié, au Cerf, L'impardonnable.
Ce livre est le récit de quatre ans de la vie d'un jeune garçon, fait Juif par l'administration à douze ans, qui devenu adulte, recherche un sens à cette assignation qui changea le cours de sa vie. Dès 1940, l'administration et la police française appliquent avec zèle les directives allemandes et marquent les Juifs comme des parias. Maurice Rajsfus découvre alors qu'il est juif. Ce qui pour lui n'était qu'une tradition d'une famille lointaine restée en Pologne, devient une réalité qui changera le cours de sa vie. Cette décision administrative lui prendra ses parents et son innocence. Ce livre, introspectif et combatif, est sa tentative pour reconstruire son identité, celle d'un « déserteur du judaïsme » qui ne peut s'empêcher d'être ému par le yiddish et qui se rendra jusqu'au village de sa mère pour se sentir Juif, deux heures dans sa vie.