Evgueni Zamiatine
Evgueni Zamiatine
1907, Russie tsariste : un jeune révolutionnaire se retrouve seul face aux murs de sa cellule. Seul suivi de Le Pêcheur d’hommes révèle, dès sa première nouvelle, le génie d’Evgueni Zamiatine pour peindre l’angoisse et l’absurdité de l’isolement.
D-503, ingénieur modèle d’un État totalitaire, découvre l’amour, le doute et la révolte dans un monde où tout est calculé. Nous autres, première dystopie moderne, interroge : et si le bonheur collectif tuait l’âme ?
Le Fléau de Dieu est un roman sur la jeunesse d'Attila, otage de l'empereur romain Flavius Honorius. Ce Barbare, ce garçon à l'état de nature, sauvage et indomptable, observe l'empire corrompu et forge son caractère en opposition à une société mourante. Le récit se déroule sur deux plans : d'un côté la découverte d'une civilisation décadente à travers les yeux d'un jeune « sauvage », de l'autre l'observation de ce même pourrissement par l'historien byzantin Priscus Panita. Tout le roman est tissé de métaphores : la terre hurle « comme une femme qui sent déjà son ventre enflé prêt à projeter dans le monde des êtres nouveaux », Attila a des cheveux « comme des cornes » qui balaieront l'ancien monde. Ce récit est un véritable manifeste du mouvement scythe qui considérait la révolution russe de 1917 comme un élan messianique, comme une union spirituelle néochrétienne, socialiste et révolutionnaire, opposée à la pensée bourgeoise et au nouveau pouvoir soviétique.Evgueni Zamiatine est un écrivain russe né en 1887. Bolchevik de conviction, il participe à l'insurrection de 1905. Après un exil en Angleterre, il revient en Russie en 1917, puis quitte le Parti, déçu de la révolution. Critiquant le pouvoir et la littérature prolétarienne, il demande à Staline l'autorisation de quitter la Russie. Il s'installe à Paris en 1932, où il décède en 1937. Son roman Nous, publié d'abord en anglais, interdit en Russie, a directement inspiré 1984 de George Orwell, et a eu une telle influence littéraire et sociale qu'il a presque occulté le reste de son oeuvre prophétique.
Un petit chef-d'oeuvre qui a permis la redécouverte de l'auteur de Nous autres.
Avec Nous, Evgeni Zamiatine jette dès 1920 les bases d'un genre littéraire nouveau, la «science-fiction». Son roman est considéré comme la matrice de 1984 de George Orwell et du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. En voici une nouvelle traduction d'Hélène Henry, qui rend pleinement justice au grand écrivain que fut Zamiatine.
Dans une société assujettie au bonheur infaillible et obligatoire, alors que la "dernière" de toutes les révolutions possibles a eu lieu, les hommes, enfermés sous une cité de verre, sont devenus des "Numéros". Ceux-ci paient de leur vie le moindre écart à l'ordre établi contre lequel, malgré tout, une poignée de dissidents va s'insurger. D-503, constructeur de L'INTÉGRALE, un vaisseau spatial qui a pour mission de ranger les civilisations extraterrestres sous la férule du "Bienfaiteur", y tient un journal à la gloire de ce monde aseptisé et y consigne les débuts d'une insurrection qui va peu à peu le transformer. Anti-utopie prophétique qui anticipe toutes les glaciations du XXe siècle, "Nous" est considéré comme le premier chef-d'oeuvre de science-fiction, celui qui inspirera "1984" de George Orwell et "Le Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley. Cette nouvelle traduction, la première à être fidèle à l'original, vise à faire entendre, dans les mots, cet appel tragique : on a toujours raison de se révolter.
Ce court roman d'un des maîtres de la littérature russe raconte dans une langue empreinte de douleur la révolte d'une jeune femme sans enfant, que son mari trompe avec l'adolescente qu'ils ont recueillie. Mais peu à peu la souffrance contenue jusqu'à l'asphyxie verra se rompre les digues du silence, et la haine tout emporter.
« La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au dehors mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler... » E.Z. L'inondation relate le calvaire d'une jeune femme sans enfant que son mari trompe dans sa propre maison avec l'adolescente qu'ils ont recueillie. Soutenue par la rigueur de la construction, le dépouillement du récit et une extrême tension intérieure, le texte est porté par la voix d'Isabelle Huppert jusqu'au dénouement tragique. (L'Inondation, Le Seuil, 1990, Actes Sud, 2014)