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Découvrez pourquoi l'opéra n'est ni élitiste ni désuet ! En finir avec les idées fausses sur l'opéra de Jean-Philippe Thiellay démontre, avec humour et expertise, comment cet art se réinvente sans cesse.
Bach n'a pas écrit d'opéra : c'est ce que regrettent les amateurs de ce génie absolu. Mais y a-t-il vraiment lieu de s'en plaindre ? Telle est la question que pose Gilles Cantagrel, rappelant l'extraordinaire essor des ouvrages lyriques, des institutions et des théâtres de l'époque de Bach, qui les connaissait, et ne s'y est pas attaché : un ou deux opéras de plus dans ce foisonnement de pièces dramatiques et musicales, où se mêlent intrigues amoureuses, conflits armés et hasards des destinées, avec la complicité de divinités mythologiques ? Gilles Cantagrel répond : usant parfaitement du langage de son temps, Bach en a transcendé le genre avec les deux Passions que nous connaissons de lui, opéras sacrés à la dimension métaphysique.
Les Suites anglaises de Bach, loin de n'être qu'un divertissement savant, pourraient bien constituer un discours musical de préparation à la mort, très structuré, basé sur le texte du choral Jesu, meine Freude. Est-ce à dire que la démarche de Bach dans ce recueil aurait pu être de nature ésotérique ? Bien au contraire. L'auteur montre que les Suites anglaises auraient servi de support pour la dévotion domestique, pratique quotidienne chez les luthériens au XVIIIe siècle. Chemin faisant, cet ouvrage propose une analyse approfondie du langage symbolique de Bach pour tenter de pénétrer le sens caché des Suites anglaises. Ce livre s'adresse aux interprètes (pianistes et clavecinistes), aux étudiants, aux spécialistes de la musique baroque allemande, ainsi qu'aux amateurs passionnés qui voudraient pleinement comprendre cette musique.
Né en 1948, le compositeur français Philippe Hersant occupe une place à part dans la musique contemporaine. Loin des préceptes de l'avant-garde et de la modernité, son oeuvre, aujourd'hui considérable - près de deux cents opus, pièces solistes, vocales, symphoniques, concertistes, opératiques -, repose sur une liberté d'écriture, où la consonance dissimule des dissonances souterraines, des ruptures harmoniques, des éclairs sonores d'une beauté insaisissable - à contre-courant. Ce livre d'entretiens avec Philippe Hersant menés par Jean-Louis Tallon est une plongée en profondeur dans la vie et l'oeuvre d'un compositeur dont la prodigieuse vitalité et l'originalité secrète en font l'un des artistes majeurs et les plus joués de notre époque.
Cet essai invite à suivre les péripéties de l'ouvrière bohémienne, de sa création littéraire à son interprétation lyrique. De Mérimée le nouvelliste à Bizet le compositeur, en passant par Meilhac et Halévy les librettistes, on découvrira la genèse de cette indomptable héroïne. On entrera sans vergogne dans l'étonnante intimité de ces quatre artistes, dépêtrés d'un 19e siècle de muflerie libertine et de moralisme petit-bourgeois. On découvrira avec étonnement les soeurs aînées de Carmen : d'Olympe de Gouges aux communardes, en passant par Rosa Bonheur, les grandes horizontales, les premières diplômées... enfin toutes celles qui, au cours de ce siècle misogyne et au fil des modes corsetées, ont réclamé la part d'existence qui leur était due. Enfin, il sera évoqué la porosité des genres dans Carmen, avec cette question sans réponse : ne serions-nous pas tous et toutes, tour à tour, Carmen et Don José ? Tout cela grâce à Prosper Mérimée, Georges Bizet, Henri Meilhac et Ludovic Halévy qui « se sont mis en quatre » pour nous offrir une joie plus forte que les peurs : une joie planétaire.
Du Moyen Âge à nos jours, la langue française et la musique se sont tour à tour accompagnées, fondues, confrontées ou boudées. Avec ses voyelles nasales, ses r, ses e muets, le français pose des difficultés que les compositeurs comme les interprètes n'ont jamais cessé de gérer ou de contourner. Tandis que des chercheurs tentent de reconstituer la déclamation baroque et la prononciation du français ancien, certains compositeurs s'amusent à déconstruire la langue pour la faire sonner. Dans ce panorama vertigineux, des enjeux se dégagent : la place du texte, du mot, de l'idée, de l'émotion; l'envie de convaincre; le lien qui se crée entre un chanteur et son public. Ce voyage dans le temps se veut d'abord curieux, gourmand et accessible à tous.
Depuis un bon siècle et demi, le nom d'Eugène Scribe, inventeur du vaudeville moderne, dramaturge le plus populaire d'Europe un siècle durant et librettiste le plus respecté de son époque, est devenu pour les élites synonyme de médiocrité académique et bourgeoise. De nos jours, il n'est connu que des amateurs d'opéra. Pour ceux-là, il n'est guère plus qu'une signature au bas d'oeuvres rarement exécutées (Les Huguenots, La Juive, Robert le Diable, Fra Diavolo...) Or, la principale cohérence de ces oeuvres réside dans leurs représentations des rapports sociaux de sexe. Cela est vrai des grands opéras qui, systématiquement, mettent en scène pour les dénoncer des fanatismes masculins (politico-religieux, comme dans La Juive, Les Huguenots ou Le Prophète, impérialistes comme dans L'Africaine, ou simplement phallocentriques et homo-sociaux, comme dans Robert le Diable), fanatismes dont les femmes sont systématiquement les victimes. Ceci est encore plus vrai, peut-être, des opéras-comiques que l'on joue encore parfois (Le Comte Ory, Fra Diavolo, Le Cheval de bronze ou Les Diamants de la couronne, où l'on rencontre un authentique féminisme à une époque où celui-ci en est encore à ses balbutiements en France). Grâce à des éléments relevés dans la biographie due à Jean-Claude Yon, je crois entrevoir d'ores et déjà les origines personnelles et psychologiques de la gynolâtrie - cette sorte de proto-féminisme - dont Scribe fait preuve dans ses livrets, et qui va de pair avec une critique étonnamment systématique des travers de la masculinité (fanatisme, donjuanisme, violence, égoïsme, sur-idéalisation des femmes et de l'amour passion, jalousie, etc.) C'est donc par l'examen de douze livrets d'opéras et d'opéras-comiques, et ce à travers le prisme des rapports sociaux de sexe, si peu pratiqué encore de nos jours en France, que j'entends réhabiliter cet auteur si mal-aimé.
Cet ouvrage se propose de parcourir l'Opéra, à l'intérieur comme à l'extérieur de la salle, allant à la rencontre de l'institution, du lieu, de l'oeuvre et des personnes. Il cristallise les tensions tout en soulignant l'intérêt de leur dépassement, sans jamais les faire disparaître : l'Opéra restera toujours en soi une tension.
Que signifie créer un opéra, en France, depuis 1900 ? Ce volume propose des outils pour comprendre et découvrir les paradoxes, les utopies et la réalité de la scène lyrique dans un univers bousculé par plusieurs guerres et de profonds changements sociaux et culturels. Les analyses sont complétées par des entretiens avec Georges Aperghis, Isabelle Aboulker, Graciane Finzi, Pierrette Fleutiaux, Pierre Bartholomée et Jean-Baptiste Barrière.
Le mot Opéra désigne à la fois une oeuvre lyrique et une institution. L'opéra est né en Europe, il y a quatre siècles, et s'est diffusé rapidement aux autres continents. Ce processus de mondialisation s'explique autant par l'influence de sa richesse musicale que par des enjeux politiques. Loin de l'image d'un art jugé passéiste, l'opéra demeure au contraire un élément des relations internationales, voire un vecteur de la diplomatie pour certains pays. Ce livre propose une analyse de la dynamique de l'opéra en ce début du XXIe siècle. Il décline les ressorts artistiques et les enjeux politiques au travers de quatre études de cas : la France, les États-Unis, l'Asie et le Moyen-Orient. Au-delà d'une forme artistique communément admise, l'opéra est aussi le moyen de rayonner, influencer ou même affirmer une identité.
Maria Callas ? Une cantatrice à la voix phénoménale mais étrange, qui capte l'attention de l'auditeur dès la première inflexion. Un météore vocal. Une diva assoluta, peut-être la seule du xxe siècle. Une femme qui, de son vivant, était déjà devenue un mythe, bien au-delà des frontières de l'art lyrique. La Callas fut cet être fantasmagorique né de la seule volonté de fer d'une jeune fille décidée à prendre sa revanche sur la vie. Était-ce parce qu'elle "souffrait d'un complexe d'infériorité surhumain", comme l'a expliqué son producteur Walter Legge ? Jamais la chanteuse ne fut en paix avec elle-même, jamais elle ne put se satisfaire de ce qu'elle avait accompli. Elle voulait chaque jour prouver - se prouver - qu'elle pouvait encore mieux chanter, être plus belle, incarner avec toujours plus de vérité ces personnages qu'elle sut pourtant faire vivre de l'intérieur comme nulle autre avant elle. Pour le centenaire de sa naissance, Jean-Jacques Groleau rend hommage à la femme autant qu'à l'artiste. Ce récit vif et limpide tente de retracer la réalité de la vie d'une chanteuse entièrement dévouée à son art. Il aidera ceux qui ne la connaissent pas encore à entrer dans les méandres de sa sidérante carrière.
Alain Duault, le plus lyrique des critiques musicaux, invite, dans ce Dictionnaire amoureux de l'Opéra, le lecteur à partager toutes ses passions, tous ses enthousiames, toutes ses découvertes aussi." Suivez-moi dans ce parcours intime de l'opéra, de tout ce qui en constitue la chair, dans ce manège des voix les plus touchantes et les plus virtuoses, dans ce dédale des rôles et des airs, dans cette visite de ses décors, de ses rites, de ses coulisses et de son histoire. L'opéra est à la fois un mystère et une évidence : mystère du mariage des voix avec les sonorités de l'orchestre et le souffle des choeurs, tout en racontant une histoire à travers une mise en scène qui l'éclaire, et évidence d'une émotion qui mêle tout en un seul mouvement puissant, un mouvement qui soulève, qui ravit, qui emporte loin du réel quotidien. C'est cette expérience de l'opéra que je veux vous faire partager, avec mes choix et mes partis pris, avec mes coups de coeur et mes découvertes, avec ma passion et mes passions, afin que, vous qui ne connaissez pas l'opéra, vous n'y résistiez plus, et vous qui l'aimez déjà, vous y nourrissiez votre boulimie d'amour. " A. D.Alain Duault, poète, écrivain, " Monsieur musique classique " sur France 3, animateur de deux émissions sur Radio Classique, éditorialiste à Classica, rédacteur en chef d'Opera Online, directeur artistique de Viva l'opéra ! dans les cinémas UGC, est l'un des meilleurs connaisseurs de l'opéra en France.
"Une femme dit tout de sa vie : l'amour et les désirs, la douleur, la mort. J'ai écrit ce texte pour le compositeur Yann Robin, mais il se lit aussi sans musique, comme un petit roman intérieur." Yannick Haenel
"Une femme dit tout de sa vie : l'amour et les désirs, la douleur, la mort. J'ai écrit ce texte pour le compositeur Yann Robin, mais il se lit aussi sans musique, comme un petit roman intérieur." Yannick Haenel
La 70e édition du Festival d'Aix se tiendra en juillet 2018, et sera la onzième et dernière saison de Bernard Foccroulle à la tête de l'institution, qui a connu un développement sans précédent durant cette période. L'objet de cet ouvrage est de retracer les grands axes de la politique menée par le Festival en termes de création, d'ouverture, de dialogue interculturel et de rayonnement international.
Et si l'opéra était un reflet plus fidèle du monde qu'il n'y paraît ? Art jugé comme éliste pour beaucoup, il est pourtant bien plus ancré dans la réalité qu'il n'y paraît, comme le démontrent Gabrielle Halpern, philosophe spécialisée sur la question de l'hybridation et Marina Viotti, mezzo-soprano moderne et engagée sur des causes féministes. Les deux femmes, depuis leur propre fenêtre, constatent des parallèles entre leurs deux mondes et tentent de trouver des passerelles, des moyens d'intégrer cette culture qui semble venir d'un autre temps dans les mentalités en y insufflant des valeurs modernes, notamment par le biais de profils engagés et diversifiés comme celui de Marina. Trangresser les frontières, les rôles et idées préconçues semble en être le point de départ. Gabrielle Halpern est docteure en philosophie, chercheur-associée et diplômée de l'École normale supérieure ; ses travaux portent sur le thème de l'hybridation et elle conseille parallèlement des entreprises et des institutions publiques. Marina Viotti est une mezzo-soprano. Elle remporte en 2023 les Victoires de la musique classique dans la catégorie "artiste lyrique". Sa carrière internationale l'a amenée à se produire à La Scala, au Théâtre des Champs-Elysées ou encore à l'Opéra de Zürich.
L'opéra français est déterminé par son caractère d'institution d'État, depuis sa création par Louis XIV, qui consacra le genre de la tragédie en musique, jusqu'à l'inauguration en 1989 de l'Opéra Bastille, voulu par François Mitterrand, à l'occasion des festivités du bicentenaire de la Révolution. Le XIXe siècle est en France l'ère du piano, des virtuoses, des concerts symphoniques, de la presse musicale, de la mélodie et des salons, mais, plus que tout, il est le temps de l'opéra. À Paris, en province et dans les colonies, sous sa forme spectaculaire ou par ses innombrables arrangements, ce genre déjà plus que séculaire demeure l'objet d'attentions particulières des pouvoirs qui se succèdent, du Consulat aux débuts de la IIIe république. Il continue à se ramifier, avec l'opérette et l'opéra de salon, s'enrichit d'apports étrangers, de Rossini à Wagner, devient le centre de toute l'activité musicale et infiltre les diverses couches de la société. L'opéra est donc tout autant un phénomène culturel d'une ampleur considérable qu'un objet artistique, le résultat d'une industrie que le fruit d'une esthétique. Sollicitant les yeux, les oreilles et les émotions, manipulant les idées comme les imaginaires, il reflète et concentre son époque. Outre quelques titres mondialement connus -- Carmen et Faust, Manon et Orphée aux enfers... --, ce sont des centaines d'oeuvres que ce siècle a créées. Ce continent lyrique restait à explorer dans la diversité de ses aspects. Une histoire s'imposait donc, pour en faire le récit et en décrire les mécanismes, pour en reconstituer les valeurs et les tendances, pour suivre ses acteurs et découvrir ses institutions, ses salles, ses pratiques, ses thèmes, ses productions... Entreprise sans précédent par ses dimensions et par sa conception, cette Histoire de l'opéra français en trois volumes réunit une équipe internationale de plus de cent cinquante auteurs - musicologues, littéraires et philosophes, historiens et spécialistes du théâtre, de la danse et des arts. Elle est placée sous la direction d'Hervé Lacombe, professeur de musicologie à l'université Rennes 2.
Pour beaucoup d'amateurs français, les superbes arbres que sont Boris Godounov ou La Dame de pique cachent la forêt foisonnante de l'opéra russe. Ils la découvriront ici dans toute sa variété. Depuis les premiers vaudevilles des années 1770, ceux de Sokolovski, Fomine, Pachkévitch, nés de l'esprit des Lumières, et jusqu'aux dernières oeuvres du début du XXIe siècle affrontant les bilans douloureux, ce Guide offre un panorama complet de l'opéra en Russie et en URSS, montrant les liens qu'il a toujours entretenus avec l'évolution historique du pays et les lignes de force de son identité. L'histoire, l'épopée, l'imaginaire populaire nourrissent un genre qui s'inspire autant d'événements décisifs du devenir national que des traditions du récit féerique, et se développe aussi en interaction avec la littérature : les noms de Pouchkine, Lermontov, Gogol, Ostrovski sont associés à ceux de Glinka, Dargomyjski, Rubinstein, Moussorgski, Tchaïkovski, Rimski-Korsakov et d'autres. Au cours du XIXe siècle, l'opéra suit l'évolution de l'attitude envers l'ordre monarchique, à travers son exaltation (La Vie pour le tsar), sa remise en question (Boris Godounov), et le pressentiment de la Révolution (Le Coq d'or). À l'époque soviétique il devient un des supports privilégiés de la propagande idéologique, reflétant aussi la mise au pas de l'esthétique officielle (Lady Macbeth de Chostakovitch). Avec la disparition de l'URSS, les thèmes se diversifient, tout en laissant prédominer un constat d'une lucidité sans appel, aboutissant au Coeur de chien de Raskatov. Outre des informations reliant chaque oeuvre à l'histoire de la musique russe, les notices, classées en ordre chronologique de compositeur, comportent un synopsis et un commentaire d'écoute développés en fonction de leur importance ainsi qu'un choix discographique et vidéographique. Fils d'émigrés russes, André Lischke est maître de conférences à l'Université d'Évry. Il collabore régulièrement à l'Avant-Scène Opéra et est l'auteur d'ouvrages sur Tchaïkovski, Borodine et Rimski-Korsakov, ainsi que de l'Histoire de la musique russe des origines à la Révolution (Fayard).
L'opéra est un spectacle à part : il invite tous les arts, propose l'alliance du texte et de la musique, attire aussi les plus grands artistes de l'époque pour sa mise en scène, pour ses décors. L'opéra est un bâtiment à part : c'est un des lieux les plus prestigieux des grandes villes, un marqueur social de la cité. L'opéra est une entreprise collective : des chanteurs aux techniciens, du chef d'orchestre aux musiciens, chacun oeuvre à la réussite de la représentation. L'opéra est exigent : il demande à son public de connaître ses rituels et d'adhérer à toute une série de conventions radicales - sur scène, tout le monde chante et tout est chanté - pour s'abandonner à ses délices.De la « fosse » jusqu'aux « décors », des « répétitions » à la « première », Philippe Jordan nous invite à découvrir toutes les dimensions de l'opéra. Éclairant les traditions de ce genre musical au prisme de sa propre expérience, il nous dévoile aussi sa conception de la direction d'orchestre, de la relation au public, aux chanteurs ou encore aux metteurs en scène, etc., de l'opéra en somme.
Opéra merveilleux et multiple, La Flûte enchantée fait partie de ces grandes oeuvres qui nous accompagnent et nous éclairent tout au long de notre vie. Dépassant la simple et belle expérience esthétique car complexe, profonde et mystérieuse, elle nous apprend aussi à penser, à élargir la conscience de soi, des autres et du monde. L'ultime et le plus populaire des opéras de Mozart est une oeuvre au contenu ésotérique que son mélange de gravité et de légèreté, de sacré et de profane, de comique et de tragique a pu rendre difficile à interpréter. S'appuyant sur les dernières recherches musicologiques allemandes, Éric Chaillier se propose ici de nous guider dans les méandres de l'oeuvre ; après avoir retracé sa genèse (du livret à la création dans le théâtre qu'Emanuel Schikaneder, l'auteur du texte, dirigeait dans les faubourgs de Vienne), il en évoque tous les aspects (l'amour, le pouvoir, le rituel initiatique, le sacré, la verve populaire, l'esprit d'enfance, la féerie) qui, combinés en un tout cohérent et fusionnés dans la sublime musique de Mozart, font de ce testament un hymne à la vie et au pouvoir magique de la musique. Diplômé de Sciences Po Paris, Éric Chaillier anime des séminaires sur des thèmes musicaux en entreprises et en écoles de commerce. Il enseigne l'Histoire de la musique à l'Université populaire de Lausanne et figure parmi les conférenciers des Cercles francophones Richard Wagner ainsi que de l'Orchestre de la Suisse Romande.
Ce livre est le récit ébloui des souvenirs d'un spectateur de huit ans devenu critique musical. Soixante années de soirées passées dans les salles de concerts et les opéras. Soixante années de rencontres, au fil des interviews, des tournées avec les orchestres ou les compagnies de danse, où des liens très forts se sont créés avec des danseurs, des chorégraphes, des musiciens extraordinaires : Roland Petit et Zizi Jeanmaire, Noureev, Rosella Hightower, Carlo Maria Giulini, Montserrat Caballé Germaine Lubin, Jonas Kaufmann, pour n'en citer que quelques-uns. Dans ce récit généreux, Gérard Mannoni parvient à communiquer au lecteur la fascination qu'exerce toujours sur lui ce monde fabuleux, dont toutes les forces physiques et intellectuelles, tous les talents s'unissent avec un seul but : que le rideau se lève le soir à la seconde voulue sur le meilleur spectacle possible.
Sollicitant les yeux, les oreilles et les émotions, manipulant les idées comme les imaginaires, l'opéra reflète et concentre son époque. Il est tout autant un phénomène culturel d'une ampleur considérable qu'un objet artistique protéiforme, le résultat d'une industrie que le fruit d'une esthétique. Dans l'histoire de ce genre totalisant, le répertoire français occupe une place à part, fortement déterminée par son lien avec l'État, depuis son institutionnalisation par Louis XIV, qui consacra la tragédie en musique, jusqu'à l'inauguration en 1989 de l'Opéra Bastille, voulu par François Mitterrand, à l'occasion des festivités du bicentenaire de la Révolution. Né au XVIIe siècle, tout à la fois en s'inspirant et en se démarquant de l'opéra italien, l'opéra français s'inscrit dans un contexte social et artistique spécifique, dont la culture de la danse est l'une des données fondamentales. La période qui s'ouvre avec le Roi-Soleil trouve son terme dans l'écroulement de l'Ancien Régime durant la Révolution. Entre-temps, le genre a infiltré toute la vie musicale, a proliféré jusque dans les colonies. Il s'est ramifié sous diverses formes, dont l'opéra-comique est l'une des plus originales. Derrière quelques noms restés célèbres, comme Lully et Rameau, Grétry et Gluck, c'est une multitude d'auteurs qu'il nous faut redécouvrir. Ce continent lyrique restait à explorer dans la diversité de ses aspects. Une histoire s'imposait donc pour en faire le récit et en décrire les mécanismes, pour en reconstituer les valeurs et les tendances, pour suivre ses acteurs et découvrir ses productions. Entreprise sans précédent par ses dimensions et par sa conception, cette Histoire de l'opéra français en trois volumes réunit une équipe internationale de près de deux cents auteurs - musicologues, littéraires et philosophes, historiens et spécialistes du théâtre, de la danse et des arts. Elle est placée sous la direction d'Hervé Lacombe, professeur de musicologie à l'université Rennes 2. 250 illustrations
Cette biographie de Borodine, Nina Berberova l'a écrite en 1937. C'était alors le temps des fameux "petits" romans découverts depuis peu, et la vie du musicien nous est ici contée dans le même style, avec la même lucidité, la même verve narrative, la même concision que l'inoubliable histoire de L'Accompagnatrice. Ainsi traverse-t-on, en cent pages alertes, la vie de cet éminent chimiste qui, en dépit des bonheurs et des succès que lui valaient ses compositions, ne s'inquiéta jamais assez de son génie de musicien. Et de cette rencontre on revient avec un tel foisonnement d'images ou d'impressions que, désormais, l'insouciant Borodine est un héros qui habite notre mémoire et notre imagination.
L'opéra, fait de civilisation majeur dans nos sociétés, est étudié à travers le prisme de ce que Walter Benjamin a appelé l'« un des grands romans sur le xixe siècle » : Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux. De multiples adaptations cinématographiques mêlent grandioses réalisations de studios (Universal, Hammer) et films d'auteur cultes (Brian de Palma, Dario Argento), au risque du kitsch. La comédie musicale d'Andrew Lloyd Webber pulvérise tous les records d'audience et de longévité, parachevant un mythe. Quelles conceptions de l'opéra se fait-on et quelles représentations en donne-t-on quand on passe du roman à son illustration, du cinéma à la comédie musicale et du ballet à la fan fiction ? Mais aussi du grand répertoire lyrique au rock ou au heavy metal, de la féerie à l'horreur, des adultes aux adolescents, des hommes aux femmes, d'un siècle à l'autre ? Ou encore de la France aux États-Unis et à la Chine, et de la Grande-Bretagne à l'Italie et à l'Amérique du Sud ? Cet essai interroge le devenir du divertissement en Occident, de l'essor du spectaculaire romantique au triomphe de l'industrie culturelle mondialisée. Il montre que si l'opéra comme genre et pratique semble s'effacer peu à peu, son esprit perdure sous d'autres formes et par d'autres moyens : l'opéra et ses succédanés prennent en charge des aspirations dont l'homme ne peut se passer et dont eux seuls ont la clef. Plus largement, cet ouvrage s'attache à ce que Nietzsche a nommé la « civilisation de l'opéra » et dont le Palais Garnier, quintessence de « Paris, capitale du xixe siècle » et de la culture bourgeoise à son âge d'or, apparaît comme la figure de proue. S'appuyant sur les sources les plus diverses, il parcourt tout l'édifice de son imaginaire pour identifier dans le couple formé par l'Opéra fabuleux et son Fantôme monstrueux l'allégorie d'une modernité équivoque. Il traite enfin de notre rapport à cette civilisation, fantôme étonnamment vivace des cultures et sociétés contemporaines. Timothée Picard est professeur de littérature générale et comparée à l'Université de Rennes et membre de l'Institut universitaire de France. Il est spécialiste des conceptions et représentations de la musique à travers la littérature, les arts et l'histoire des idées - domaine auquel il a consacré de nombreux ouvrages souvent récompensés.