Noël Burch
Noël Burch
C'est l'histoire d'un adolescent californien, petit bourgeois hyper-protégé, qui s'est amouraché du cinéma français dans les salles obscures new-yorkaises, une chimère qu'il prit pour la France... Puis il s'est laissé emporter, dans le Paris d'après-guerre, par les vents du hasard et de la misère. Partant d'un apolitisme militant, ne comprenant pas plus son pays d'adoption avec ses dernières guerres coloniales que « le cauchemar climatisé » de ses origines, il s'est longtemps complu dans l'esthétique formaliste des milieux littéraires, musicaux et cinéphiles qu'il fréquentait. Un quart de siècle plus tard, 68 étant passé par là, il épousera les causes les plus mal vues par les amis de sa jeunesse : communisme, féminisme, « sociologisme »...
À propos du premier tome paru en 2021, Jacques Demange écrivait : « Aux descriptions de caractère qui rappellent par moment l'écriture satyrique de Mark Twain s'ajoute une capacité de mise à distance qui n'est pas sans renvoyer à la méthode autobiographique initiée par Rousseau. » (CineChronicle, 16 avril 2021). Dans ce second tome, le transfuge, passé cinquante ans, s'acharne à faire oublier son statut de « pape du formalisme », dû à la notoriété de Praxis du cinéma, ceci par le biais d'une demi-douzaine de livres engagés, dont certains écrits en collaboration, ainsi que quelques documentaires. En même temps, de façon certes plus discrète, il deviendra, grâce à l'Internet, le « viragophile » le plus célèbre de la planète, par des petites fictions, des diaporamas ainsi que la première étude sérieuse de cette perversion masculine, L'Amour des femmes puissantes.
Ce livre se veut avant tout une critique des discours théoriques et historiques qui tendent à considérer comme "naturel" le système de représentation qui prévaut au cinéma depuis la fin des années vingt. Dans ce but, l'auteur s'est tourné vers le cinéma des premiers temps, le cinéma "primitif". Car il s'agit de montrer que le "langage" du cinéma n'a rien de naturel, qu'il n'a pas émergé "spontanément", qu'il est le produit d'une histoire...
Depuis un bon siècle et demi, le nom d'Eugène Scribe, inventeur du vaudeville moderne, dramaturge le plus populaire d'Europe un siècle durant et librettiste le plus respecté de son époque, est devenu pour les élites synonyme de médiocrité académique et bourgeoise. De nos jours, il n'est connu que des amateurs d'opéra. Pour ceux-là, il n'est guère plus qu'une signature au bas d'oeuvres rarement exécutées (Les Huguenots, La Juive, Robert le Diable, Fra Diavolo...) Or, la principale cohérence de ces oeuvres réside dans leurs représentations des rapports sociaux de sexe. Cela est vrai des grands opéras qui, systématiquement, mettent en scène pour les dénoncer des fanatismes masculins (politico-religieux, comme dans La Juive, Les Huguenots ou Le Prophète, impérialistes comme dans L'Africaine, ou simplement phallocentriques et homo-sociaux, comme dans Robert le Diable), fanatismes dont les femmes sont systématiquement les victimes. Ceci est encore plus vrai, peut-être, des opéras-comiques que l'on joue encore parfois (Le Comte Ory, Fra Diavolo, Le Cheval de bronze ou Les Diamants de la couronne, où l'on rencontre un authentique féminisme à une époque où celui-ci en est encore à ses balbutiements en France). Grâce à des éléments relevés dans la biographie due à Jean-Claude Yon, je crois entrevoir d'ores et déjà les origines personnelles et psychologiques de la gynolâtrie - cette sorte de proto-féminisme - dont Scribe fait preuve dans ses livrets, et qui va de pair avec une critique étonnamment systématique des travers de la masculinité (fanatisme, donjuanisme, violence, égoïsme, sur-idéalisation des femmes et de l'amour passion, jalousie, etc.) C'est donc par l'examen de douze livrets d'opéras et d'opéras-comiques, et ce à travers le prisme des rapports sociaux de sexe, si peu pratiqué encore de nos jours en France, que j'entends réhabiliter cet auteur si mal-aimé.
Le propos est ici de saisir, chaque fois dans son contexte historique, la complexité des relations entre les rapports de pouvoir entre les sexes et les imaginaires collectifs dont les productions culturelles sont à la fois le support et le résultat. Productions culturelles, oeuvres d'hommes et de femmes, qui traitant d'émancipation sexuelle parlent du désir comme subversion de l'ordre social mais portent néanmoins la marque de l'inscription profonde, souvent implicite ou ambiguë, des inégalités entre les sexes, et parfois même, de façon perverse, de l'attachement à ces inégalités.
En imposant des règles strictes de gestion de code et en offrant une très riche bibliothèque de composants prêts à l'emploi, le framework PHP 5 Zend Framework guide le développeur web dans l'industrialisation de ses développements, afin d'en garantir la fiabilité, l'évolutivité et la facilité de maintenance. Cet ouvrage présente les meilleures pratiques de développement web avec PHP 5 et le Zend Framework : design patterns, MVC, base de données, sécurité, interopérabilité, tests unitaires, gestion des flux et des sessions, etc. Non sans rappeler les prérequis techniques et théoriques à l'utilisation du framework, l'ouvrage aidera tant les développeurs débutants en PHP que les chefs de projets ou architectes aguerris souhaitant l'utiliser en entreprise.
"Il n'y a vraiment de beau que ce qui ne peut servir de rien ; tout ce qui est utile est laid... L'endroit le plus utile d'une maison, ce sont les latrines" (Théophile Gautier). "L'esthétique a été inventée autant pour se tenir à distance de la réalité, se protéger d'elle, que pour approcher de plus près cette réalité" (Christa Wolf). Voici une critique d'ensemble des idéologies réactionnaires - avant-gardisme obscurantiste, misogynie, mépris de la culture de masse - qui déterminent largement la pensée universitaire des dits "intellectuels".
Ils aiment les femmes puissantes, capables de les dominer en combat singulier, grace a leurs muscles ou a leur science. Une floraison de sites sur l'internet a revele recemment l'etendue mondiale de cette philia meconnue, qui a eu le temps de generer aux Etats-Unis une veritable sous-culture, cela des la Seconde Guerre mondiale. Ecrit a la premiere personne, cet essai transgresse au moins trois tabous : il fait fi de la separation academique entre la recherche et la vie personnelle, passe allegrement du savoir a la litterature, et se moque du caractere prive (donc pretendument apolitique) de toute preference erotique. Mais Noel Burch ne se contente pas de revendiquer ici, avec humour, sa vigarophilie, il utilise son erudition cinematographique et son intelligence des fantasmes pour elucider la nature de cette forme tres particuliere d'erotisme, a ne pas confondre avec le sado-masochisme.