Yves Lebeau
Yves Lebeau
L'homme a rejoint la femme, s'est assis dos aux spectateurs, face à elle. Elle, ivre de désir et d'alcool, ivre d'envies et de mots, tourne autour de lui. Parle beaucoup. Crie, murmure, crache et avale son amour. Dégouline de mots quand lui en est avare. Elle va lui faire l'amour, c'est sûr. Le déshabiller, même s'il refuse. Mais avant, elle boira une bière supplémentaire.
L'Un et l'Autre viennent visiter Maman - en maison spécialisée, disons. Ce jour, en cachette l'un de l'autre, ils apportent arme et poison. Les voilà « en famille », à se guetter, se taire et se dire, à vivre un bout, croquer un gâteau moisi, se refiler ce qu'il y a encore en magasin, en mémoire. Mais passer à l'acte, donner un coup de pouce au destin, comment, quand l'arsenic c'est de l'huile de foie, les munitions, des balles à blanc ?. Sur un sujet grave, prenant la suite du Chant de la Baleine, Yves Lebeau propose un texte délirant pour le théâtre. Une véritable comédie de mouvement, de quiproquo. Une méchante fête. Du Feydeau dans l'univers de Céline, ou " Comment comment rire du pire ? "
La Mère franchit le seuil de sa maison. Ses enfants sont venus l'assister lors de son départ pour l'un de ces « foyers » où l'on rassemble les personnes âgées qui le désirent... ou pas. Elle croit ou feint de croire que l'un d'eux pourra encore la recueillir in extremis. Derrière elle, la demeure où elle vécut toute sa vie. « Là-bas », le foyer, irréel, improbable. La mise à mort du réalisme et du récit à rebondissements, une proposition d'écriture et de théâtre très forte.