Victoria Vanneau
Victoria Vanneau
Lucrèce le considérait comme un ami « au coeur fidèle ». Descartes en a fait une machine. Dans les mythes, il est tantôt serviteur du Mal, tantôt serviteur de Dieu. Mais de qui parle-t-on, au juste ? Du chien, bien sûr ! Depuis que les philosophes de l'Antiquité ont évoqué la question de l'âme des animaux, une vaste querelle est ouverte : faut-il ranger les chiens dans la catégorie des choses, ou dans celle des personnes ? Si le code napoléonien de 1804 indiquait que le canis familiaris n'était ni plus ni moins qu'une table, une loi a permis, en 2015, de faire reconnaître sa dimension affective. Alors, le chien est-il enfin devenu quelqu'un ? De la pratique de la vivisection au voyage de Laïka dans l'espace en passant par l'anthropocentrisme religieux, cette longue bataille pour la reconnaissance d'une « personne animale » mérite bien une histoire.
Lucrèce le considérait comme un ami « au coeur fidèle ». Descartes en a fait une machine. Dans les mythes, il est tantôt serviteur du Mal, tantôt serviteur de Dieu. Mais de qui parle-t-on, au juste ? Du chien, bien sûr ! Depuis que les philosophes de l'Antiquité ont évoqué la question de l'âme des animaux, une vaste querelle est ouverte : faut-il ranger les chiens dans la catégorie des choses, ou dans celle des personnes ? Si le code napoléonien de 1804 indiquait que le canis familiaris n'était ni plus ni moins qu'une table, une loi a permis, en 2015, de faire reconnaître sa dimension affective. Alors, le chien est-il enfin devenu quelqu'un ? De la pratique de la vivisection au voyage de Laïka dans l'espace en passant par l'anthropocentrisme religieux, cette longue bataille pour la reconnaissance d'une « personne animale » mérite bien une histoire.
Si la question des violences conjugales est aujourd'hui présente dans les médias et l'espace public comme un " fait de société ", nommé et condamné, jamais leur histoire, ou plutôt celle de leur lente définition, n'en avait été écrite : c'est chose faite avec ce livre, contribution majeure à la compréhension du XIX e siècle et à la définition de ces " brutalités domestiques ". Devenue un " fait de société ", la question des violences conjugales avance aujourd'hui lestée de chiffres, mais aussi d'une " belle " mythologie : nous autres modernes serions les premiers à lutter contre elles, à les juger réprouvables et même à les punir. À l'heure où les historiens s'emploient à revisiter la place de l'État dans l'organisation des sociétés, ce livre est une contribution majeure à la compréhension historique de la place du droit et de la justice dans le processus de pacification des moeurs qui tenaille tant le XIXe siècle. Nourri des centaines d'affaires de violences conjugales dont les tribunaux n'ont pas cessé d'être saisis, il souligne la difficulté de saisir ces violences, pour les victimes notamment, il plonge le lecteur dans l'ambiance des tribunaux et fait le pari de se placer au plus près des magistrats qui traitent ces affaires. Y apportant des arguments solides et historiquement fondés, il permet également d'alimenter les débats citoyens et d'aller à l'encontre de certaines idées reçues : les hommes battus existent aussi, le xixe siècle ne fut pas que celui du " droit de correction " et, peut-être, ayant fait de ces violences un " fait de droit " et non pas un " fait de société ", savait-il mieux les punir qu'aujourd'hui. Mention spéciale au Prix Malesherbes 2017.