Vera Linhartova
Vera Linhartova
Chez Vera Linhartová, ce n'est pas l'imagination qui invente, mais la pensée qui insufle à l'imaginaire une étrange dimension. Lisant l'un de ses récits, on est à la fois dans une fiction et dans une réflexion, qui sans cesse métamorphose le mouvement de l'écriture en quelque chose de non linéaire, d'espacé, de prenant : l'histoire ne se déroule pas, elle croît sur place, comme un point engendre le cercle, tout en demeurant un point. En conséquence, on entre dans une circulation mentale, qui produit une temporalité sans chronologie - temporalité dans laquelle on se déplace comme sur un territoire : toutes les parties sont simultanées, au lieu d'être successives. Ce temps est consistant ; il porte la lecture, tout en la pénétrant de sa matière ; c'est un élément si présent qu'on serait tenté de le désigner comme l'épaisseur, la texture même de la mentalité...
« Un buddha ancien dit : "Avec le temps, je m'élève plus haut que les cimes des monts ; avec le temps, je descends plus profond que les fonds des mers. Avec le temps, je prends l'aspect de l'esprit guerrier ; avec le temps, je revêts le corps doré de seize pieds. Avec le temps, je me fais bâton ou balayette ; avec le temps, je deviens pilier ou lanterne. Avec le temps, je me confonds avec toute personne ordinaire ; avec le temps, je me fais un avec l'étendue terrestre et la voûte du ciel." Ce que j'appelle "le temps d'une présence" veut dire que la présence participe du temps et que le temps participe de la présence. »
« Un buddha ancien dit : "Avec le temps, je m'élève plus haut que les cimes des monts ; avec le temps, je descends plus profond que les fonds des mers. Avec le temps, je prends l'aspect de l'esprit guerrier ; avec le temps, je revêts le corps doré de seize pieds. Avec le temps, je me fais bâton ou balayette ; avec le temps, je deviens pilier ou lanterne. Avec le temps, je me confonds avec toute personne ordinaire ; avec le temps, je me fais un avec l'étendue terrestre et la voûte du ciel." Ce que j'appelle "le temps d'une présence" veut dire que la présence participe du temps et que le temps participe de la présence. »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.