Thierry thieu Niang
Thierry thieu Niang
« Dans ce récit, dans la constellation de l'hôpital Avicenne, un humain élégant dans son humilité et son "costume de cosmonaute" offre à la souffrance et à la solitude une oreille attentive, une main apaisante, trois notes sur un téléphone ou un corps à l'aise et délié. En retour, l'éclat de personnes que ce moment soulage de la maladie, des larmes ou de la désespérance. Et, dans le vertigineux de cette conversation où la mort guette, la célébration de la vie, quand une présence ou la danse réparent "l'image d'un moi dévasté". Thierry Thieû Niang est un habitué de ces simples corps à coeurs et de la création de ces compagnies éphémères qui libèrent des adversités. Avec lui, la maladie, le handicap, la vieillesse se tiennent un temps à carreau. Son geste agit comme une épice ou un onguent. Il allume les regards, détourne du ressassement, tient tête à la douleur, embellit l'espace et laisse celui qui en est le lecteur ou le témoin en quelque sorte augmenté d'une salutaire envie de chérir. » (Philippe Lefait)
Outre ses nombreuses créations artistiques à travers le monde, le chorégraphe et danseur Thierry Thieû Niang a travaillé avec des malades alzheimer, des détenus et des enfants d'ici et d'ailleurs. L'écrivain Marie Desplechin l'a accompagné lors d'une session avec de jeunes autistes qu'il faisait danser. Ensemble, ils ont observé cette brèche de lumière que la danse ouvre chez ces enfants du silence. Le chorégraphe et l'écrivain ont rendu compte de cette bouleversante expérience avec leurs mots, leurs fantômes, leurs vies. Marie Despléchin revisite ces temps terribles où ses pas la portaient, défaite, vers l'hôpital psychiatrique où un être aimé était interné. Thierry Thieû Niang raconte les séances avec les enfants autistes: leurs craintes, leur peur du contact, le miracle d'un mot, d'un sourire, d'une étreinte. A ce journal se mêlent les images d'un amour finissant et celles furtives du pays perdu de son père. D'une émouvante poésie ce double récit nous invite à écouter le silence de ces enfants aux bois dormants pour qui la tendresse, l'amour, la danse sont des princes charmants.