Thierry Charles
Thierry Charles
Le Big data sait tout de vous, mais que savez-vous de Big data ? L'"algorithmisation du monde" est en marche. Quelle part de liberté reste-t-il à l'homme quand la science décide pour le bonheur de tous ? Un monde où le meilleur ami qui vous conseille un livre est peut-être tout simplement payé pour cela sans que personne ne s'en doute. Grâce au profilage réalisé par les algorithmes, le temps d'attention des consommateurs est en passe de devenir la [seule ?] référence de la valeur des services. Et si le Big data ne constituait qu'un terrible aveu d'impuissance générale, intégrant une arme de destruction massile à l'intérieur ?
Le droit court derrière la "révolution numérique". Les algorithmes nous espionnent et restreignent les libertés publiques, ils calculent les indemnités au service des compagnies d'assurances. La diminution lente et continue des services chargés de veiller à l'application du droit affaiblit et parfois anéantit l'efficacité de ces lois. L'échec de la loi Hadopi est significatif à cet égard. Le mal est en fait bien plus profond et ne date pas d'hier. Nous vivons une époque de démolition des codes établis. Si le droit est partout, en définitive il n'est nulle part...
Fahrenheit 4.0 caractérise la fusion du monde virtuel et du monde réel. C'est également la « température » à laquelle le livre papier disparaît au profit du tout-numérique. À partir du temps de lecture d'un livre sur une liseuse, les algorithmes prédisent la rentrée littéraire. Les entreprises de commerce électronique envoient désormais des livres avant même que nous les ayons commandés. Pour aller à l'encontre de cette révolution, l'auteur fait ici la louange de la lecture sous toutes ses formes.
A force d'abnégation les gueules noires des siècles passés ont permis le développement industriel de notre pays. "Il faut rappeler aux nations croissantes qu'il n'y a point d'arbre dans la nature qui, placé dans les meilleures conditions (...) puisse grandir et s'élargir indéfiniment" (Paul Valery, 1931) Pour l'avenir de l'industrie, la crise des matières premières et de l'énergie est mère de toutes les batailles. Quant aux choix qui s'offrent à nous, ils doivent désormais être considérés comme des choix de civilisation.