Stéphanie Chaillou
Stéphanie Chaillou
"Son frère l'avait appelé un matin, tôt. Jean-Noël avait immédiatement reconnu sa voix. Assis dans le fauteuil crapaud de l'entrée de son appartement, le téléphone portable collé contre la joue, Jean-Noël avait senti son pouls s'accélérer. Ils ne s'étaient pas parlé depuis près de trente ans. Sur sa peau, les poils de ses bras s'étaient redressés. Un picotement la parcourait. Il avait laissé Michel parler. Leur père allait mal. Il devait venir. À ces mots, il avait eu l'impression désagréable que des importuns étaient entrés chez lui. Des corps, des odeurs, des paysages dont il ne souhaitait pas la présence. Mais qui étaient là pourtant. De retour. Qui s'imposaient. D'une phrase polie, il avait remercié son frère. Puis il avait raccroché. Sans rien dire de ses intentions. Deux jours plus tard, il prenait la route." Quand il avait à peine dix-huit ans, un drame a contraint Jean-Noël à quitter sa famille. Trente ans après, il revient enfin sur les lieux de son enfance. Pendant six jours d'un été caniculaire, il va devoir affronter un passé qu'il a longtemps tenu à distance, tandis que la forêt les cerne de sa présence inquiétante.
Marc Dumont est un bon époux, un père et un cadre sérieux. Sa vie paisible le satisfait, il s'en est toujours contenté. Avec sa femme, Hélène, et leurs deux enfants - des jumeaux - ils vivent à Saint-Nazaire ; le week-end, ils rejoignent l'île de Noirmoutier. Sur la péninsule, ils font le marché, ramassent des coquillages ; Hélène lit, les enfants jouent sur la plage. Un quotidien marqué par le confort et l'harmonie. Mais tout va changer quand Paul Delacroix intègre l'entreprise pour laquelle travaille Marc. Tout va changer, car les deux hommes deviennent amis. Au coeur d'un huis-clos hypnotique qui prend racine sur l'Île de Noirmoutier, à la fois fascinante et menaçante, Stéphanie Chaillou installe une véritable tension narrative, un climat d'« inquiétante étrangeté » qui nous happe, tandis que son personnage principal se laisse inexorablement envoûter. Elle nous offre une histoire de fascination réciproque, d'attachement et de fragilité ; une histoire d'amitié complexe entre deux hommes, soumis chacun aux forces souterraines qui les animent - pulsions, passé, rêves, aspirations inavouées.
Marie-Hélène Coulanges, dite Marilène, grandit à Brigneau, un hameau perdu au milieu de la campagne. Lieu de l'enfance, des cabanes et des jeux, creuset de la mémoire, Brigneau c'est aussi le lieu des premiers désenchantements, un endroit où la pauvreté semble figer les êtres et les choses. Le Bruit du monde est le récit d'une quête de liberté, une histoire de déracinement, de séparation, d'identité perdue et de luttes. Stéphanie Chaillou parvient à dire les blessures secrètes, la peur de l'échec, les doutes et les espérances vives qui façonnent une vie.
L'enfance de Louise, dans les années soixante-dix en France, est marquée par les difficultés financières de ses parents, leur peur de l'avenir, leur désarroi et leur tristesse, une forme de désolation qui contamine tout, jusqu'à la couleur des ciels. Face à cette réalité, Louise oppose une détermination forte : elle ne vivra pas la vie de ses parents. Elle ne sera ni pauvre ni triste ni résignée.Guidée par un attachement farouche à sa liberté, rebelle à toute forme de domination, Louise est à la recherche de ce qu'elle va devenir. Elle se cogne, elle bute, elle expérimente, mais elle ne lâche pas. Elle poursuit sa quête jusqu'à ce jour d'été que rien ne distinguait... où un événement survient dans sa vie, une rencontre qu'elle attendait depuis longtemps. Un roman sur la fidélité à soi-même, l'amour et le désir de liberté. Stéphanie Chaillou est née en 1969. Après L'Homme incertain et Alice ou le Choix des armes, parus chez Alma éditeur, elle signe ici son troisième roman.