Sophie Loizeau
Sophie Loizeau
Vingt-deux récits brefs où la nature sauvage et les femmes en quête de réparation s’entremêlent sous la plume incisive de Sophie Loizeau.
Sophie Loizeau s'essaie ici à traduire To Kirsikka, poète, grande femelle misanthrope et sauvage. D'Helsinki parvint à l'autrice ce manuscrit autographe récupéré in extremis dans les cartons d'un vide-greniers. Elle fut tout de suite séduite par ces paysages, îles, jardins, parcs, lacs, mer, étangs, forêts et apparitions, par tout ce légendaire qui faisait écho à son propre légendaire mais comme déplacé, et durci par une vie d'errance. Squatteuse de cabanes dans la forêt, seule habitante d'une île en mer Baltique, confrontée à la violence du monde et contrainte à la marginalisation pour survivre,To porte ces poèmes du déracinement ? L'Ile du renard polaire est une translation véritable - en déplaçant le poème du côté de l'altérité, l'écriture de Sophie Loizeau opère un changement d'état. Chez Sophie Loizeau s'impose la présence de la nature, du fantastique et du mythologique. Deux titres ont déjà été publiés chez Champ Vallon. Sa voix compte dans la poésie féminine contemporaine.
Féerie est un livre protéiforme, érotic-fantastique, dédié aux hommes aimés - aux amants. Il y a de vraies histoires d'amour et puis d'autres qui partent dans des délires : des délires égyptiens (Thot le dieu savant magicien), sorciers (la mandragore), indiens (Navajos), ésotériques (les fantômes), féeriques (les fées, les anges). Il y a l'univers d'Odilon Redon, Les lais de Marie de France, et tout ça fait de Féerie une sorte de livre des Merveilles. Sophie Loizeau est poète. Son oeuvre, originale, puissante, féministe, engagée depuis le début pour la défense de la nature et des animaux, est marquée par le fantastique et le mythologique, par le désir et la sexualité. Parmi ses derniers livres : La Femme lit, Flammarion, 2009 ; Caudal, Flammarion 2013 (prix François Coppée de l'Académie française 2014) ; Lys, avec des dessins de Bernard Noël, Fissile 2014 ; Ma Maîtresse forme, Champ Vallon 2017 ; Les Loups, Corti 2019.
Ma maîtresse forme souligne non seulement la primauté de la nature mais aussi la nécessité vitale de l'écriture, et plus particulièrement en poésie. Montaigne dit que chacun s'il s'écoute découvrira en lui un caractère dominant (forme sienne, maîtresse forme, forme universelle). C'est au moyen de celle-ci que la nature se fait sentir en nous. Et c'est bien la nature, la terre matricielle, qui se fait entendre ici: la terre, la forêt, les bêtes, puis l'écriture et ses lieux, l'enracinement et la filiation, le souvenir et le deuil, et enfin les invisibles. Mais le point central de ce livre est qu'il est conçu comme un livre bilingue, où une langue serait écrite et l'autre entendue, entendue en quelque sorte de la bouche même de l'auteure, avec tout ce que l'écoute peut avoir de singulier.