Sinan Antoon
Sinan Antoon
Deux Irakiens se sont expatriés aux États-Unis après avoir vécu les horreurs de la dictature et des guerres qui ont ravagé leur pays. Sami, atteint d'une maladie neurodégénérative, a presque tout oublié et est obsédé par l'idée de rentrer "chez lui" : à Bagdad. Omar s'est exilé après avoir subi le terrible châtiment infligé aux déserteurs. Il désire, lui, se défaire de ses souvenirs douloureux, et se prétend portoricain dans l'espoir de mieux s'intégrer. À travers la trajectoire déchirante de ces deux immigrés liés par un événement traumatisant, Sinan Antoon explore ici le rapport à la patrie et à la mémoire, intime et collective.
Youssef, un vieil Irakien chrétien, refuse obstinément de quitter Bagdad, sa ville natale. À la suite d'un attentat, il accueille chez lui une proche parente, Maha, et son mari. Maha ne rêve que de partir, et le plus vite possible. L'un après l'autre, Youssef et Maha révèlent leur passé à travers lequel l'on découvre les itinéraires opposés de deux générations d'Irakiens. Celle des anciens, attachés à un passé nostalgique, et celle des plus jeunes qui s'accrochent à l'espoir de fuir les horreurs quotidiennes qui accablent la ville de Bagdad.
Jawad est le fils cadet d'une famille chiite de Bagdad. Son père le prépare à exercer la même profession rituelle que lui, celle de laver et de préparer les morts avant leur enterrement. Mais Jawad s'y refuse et rêve de devenir sculpteur "pour célébrer la vie plutôt que vivre avec les trépassés".