Serge Audier
Serge Audier
Ce numéro de Questions internationales analyse les nombreuses menaces qui planent actuellement sur l’Asie : essais balistiques nord-coréens vers la Corée du Sud ou le Japon, pressions chinoises en mer de Chine méridionale et sur Taïwan, retour des contentieux territoriaux en Asie du Sud Est, réengagement militaire des Etats-Unis, courses générale aux armements, émergence d’une nouvelle logique de blocs entre, d’un côté, la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon, et, de l’autre, la Corée du Nord, la Chine et la Russie, risque de prolifération nucléaire ...
Si les " ennemis " de la " société écologique " se trouvent assurément du côté des forces du capitalisme et du néolibéralisme, il ne faut pas oublier que la défense de l'environnement a par la suite été marginalisée, voire combattue par les courants dominants de la gauche, qui ont souvent vu dans les " amis de la nature " des réactionnaires romantiques et des adversaires du progrès social. Un livre essentiel pour comprendre et dénouer les blocages intellectuels qui caractérisent notre époque.
Dans la crise écologique que nous traversons, la dimension politique est à la fois un problème et une solution. Un problème : nos idées et nos institutions ne sont pas à la mesure des défis actuels. Une solution : ni la morale ni la technique ne nous sauveront seules, faute d'une transformation des façons d'agir en commun pour les affaires communes.Ce livre entend contribuer au renouvellement de la politique écologique, en montrant que nous ne partons pas de rien. Et c'est tant mieux : nous disposons d'un patrimoine théorique et pratique qui, depuis l'Antiquité, n'a cessé de chercher les voies d'un " bien commun " et d'un " pouvoir de tous ". Le républicanisme et le socialisme démocratiques, en particulier, ont exploré les moyens d'articuler les exigences de liberté, d'égalité et de solidarité. Il est urgent de les actualiser, tant il est clair que la question écologique est aussi une question sociale et démocratique, et que les inégalités sont un facteur décisif de blocage de toute mutation.Ces idéaux d'émancipation prennent une portée inédite, à l'heure où l'horizon de la responsabilité s'étend dans l'espace et dans le temps, et où l'on réapprend que le monde commun n'est pas constitué que d'humains. La cité écologique que défend l'auteur implique de refonder la vie démocratique et l'économie dans cette perspective élargie.
La crise écologique actuelle prend ses racines dans une histoire faite de possibles, parfois aboutis, d'échecs et de renoncements. Près de deux siècles de politiques environnementales que Serge Audier synthétise ici à la lumière des entraves et des infléchissements qui les ont forgées, les empêchant encore aujourd'hui de répondre efficacement à l'urgence toujours plus criante.
Pour beaucoup, le néo-libéralisme constitue le phénomème majeur de notre temps. C'est lui qui donnerait la clé de la crise économique et financière, des nouvelles formes de management, ou encore de la "privatisation du monde". Il est pourtant difficile d'y voir clair à travers cette notion. Le néo-libéralisme, est-ce le "laisser-faire" ou bien l'avènement d'un Etat fort au service de la concurrence ? S'agit-il d'un modèle hyper-individualiste et libertaire, ou bien d'un nouveau conservatisme normalisateur ?Pour s'y retrouver, ce livre propose une généalogie internationale des idées néo-libérales depuis les années 1930, à travers ces moments que furent le Colloque Walter Lippmann (1938) et la société du Mont Pèlerin (1947). Il montre comment la crise du libéralisme, après le Krach de Wall Street, a entraîné des révisions et des réaffirmations doctrinales visant à sauver les idées libérales. Mais, loin de toute vision complotiste et linéaire, il soutient aussi que la redéfinition du libéralisme a fait l'objet de conflits féroces entre ceux que l'on appellera les "néo-libéraux".Sur cette base sont établies des distinctions historiques et conceptuelles entre des mouvements que l'on confond trop souvent : le conservatisme, le néo-conservatisme, le libertarisme et le néo-libéralisme. Revenant sur le travail des think tanks et des principaux théoriciens de ces mouvances, le livre montre aussi la présence de traditions nationales hétérogènes. Alors que la "droitisation" de l'Europe semble aujourd'hui en marche, une telle mise en perspective permet de mieux déchiffrer la crise de légitimité du capitalisme et les réponses politiques qui lui sont données.
Une brillante plongée aux sources du discours anti-68, long travail de sape qui a présidé aux grands bouleversements des années 1980 et à la " restauration " intellectuelle et politique en cours.
Tenu en 1938, le colloque Lippmann est considéré comme un acte fondateur de l'offensive libérale dans le monde (bien avant la naissance de la Société du Mont Pélerin). Plus souvent cité que lu, il mérite d'être exhumé pour comprendre les enjeux idéologiques et politiques qui ont présidé à la naissance d'une internationale libérale dont le rôle sera essentiel dans les transformations économiques planétaires de la fin des années 1970. Serge Audier met en lumière les tensions, voire les contradictions, qui ont marqué ce moment inaugural de l'histoire du néo-libéralisme. À travers ces tensions se dessinent aussi les impasses de la doctrine néo-libérale telle qu'elle a été mise en oeuvre, dans les années 1980, avec la contre-révolution thatchérienne et reaganienne.