Roland Viader
Roland Viader
Comment six paroisses montagnardes ont-elles pu devenir un État aux institutions sans pareilles ? Ancrée dans un Moyen Age mythifié, l'étrangeté d'Andorre a fasciné des générations d'historiens, de juristes et d'anthropologues. Pour expliquer cette si singulière histoire, ils ont tour à tour évoqué le poids oppressant de la féodalité ou les contraintes terribles du milieu montagnard. En contrepartie, ils ont unanimement admis que les populations locales n'avaient joué aucun rôle dans le devenir de leur pays. À partir d'une étude serrée de la documentation médiévale, ce livre montre au contraire toute la cohérence des communautés andorranes et restitue les stratégies qui leur permirent de s'adapter aux structures de leurs temps et de leurs terres. Dénonçant une lecture pré-construite des textes, l'auteur dévoile au fil des pages les négociations, les arrangements, les adaptations, qui ont constitué la société andorrane, depuis l'organisation des seigneuries jusqu'à la souveraineté des Vallées, depuis l'évolution des pratiques successorales jusqu'à la genèse d'un discours identitaire. L'enjeu de cet ouvrage, en effet, est aussi de méthode. Roland Viader déborde l'étude de cas par un comparatisme exigeant, et s'appuie sur le dossier andorran pour interroger les catégories classiques des modèles historiques, juridiques et anthropologiques. Quel visage prend la féodalité face aux exigences de la montagne ? Le « système des maisons » pyrénéen est-il aussi ancien qu'on l'a dit ? Que signifie la reconnaissance institutionnelle des communautés ? Autant de questions qui trouvent en Andorre des réponses assurément originales.
En 1354 quand Ibn Battûta revient à Fez au Maroc, il rentre d'un périple qui aura duré 29 ans. Un pèlerinage à La Mecque en 1325 a ainsi conduit l'aventurier aux quatre coins du monde, en Afrique, en Espagne, en Inde, des Maldives, jusqu'en Chine. Trop peu connu en France, ce Marco Polo musulman est un des plus grands voyageurs de l'histoire. Né à Tanger, il est même à l'origine de la consécration du récit de voyage en genre littéraire dans le monde musulman au XIVe siècle quand il publie sa "rihla" un mot qui à l'origine signifie "voyage", à l'origine de cette adaptation. En 1998, le journaliste et écrivain marocain Lotfi Akalay avait déjà consacré un livre à l'explorateur, qu'il considère comme "le premier touriste du monde". Il y décortiquait les controverses autour du texte, en révélant les modalités de circulation dans le monde musulman de l'époque. La bande dessinée a ouvert de nouvelles portes à ses ambitions. La mise en abyme du récit original par le dessinateur du point de vue d'Ibn Battûta crée l'illusion d'un carnet de voyage, étape par étape, alternant croquis et planches à l'aquarelle. Un périple tout en lumière qui mêle le réalisme historique et l'onirisme du conte.
Retenez bien son nom. Ricarda Huch, auteur d'un de ces livres sublimes qu'on lit d'un trait avec le sentiment que c'est sûrement cela un chef-d'œuvre. Télérama Sur notre si bel été glisse une petite ombre, venue on ne sait d'où. En cette année 1906, les pressentiments qui hantent Lusinja von Rasimkara, l'épouse du gouverneur de Saint-Pétersbourg, vont se révéler justifiés. Quand elle a engagé un secrétaire pour servir de garde du corps à son mari, elle a scellé le destin de sa famille. L'arrivée de ce jeune homme hors du commun, bouleverse les esprits. Il suscite l'émoi des jeunes filles, Katja et Jessika, impose sa volonté au fils, Welja : il se rend bientôt indispensable. Son emprise protectrice ne cesse de grandir, mystérieuse, presque menaçante... Émule des Romantiques, biographe de Bakounine et de Garibaldi, Ricarda Huch, que Thomas Mann appelait la première femme d'Allemagne, écrivit Le Dernier été en 1910.