Robert Lévesque
Robert Lévesque
Marchez aux côtés de Robert Lévesque à travers les œuvres de Kafka, Woolf, Perec et bien d’autres. Ces quatorze essais inédits, aussi libres que savants, révèlent les liens secrets entre la marche et l’écriture.
Quand Robert Levesque fait, en 1926, la connaissance d'André Gide, il n'a que 17 ans, mais est déjà le protégé de Marcel Jouhandeau et l'ami de Max Jacob, que sa sensibilité et ses dons poétiques ont conquis. Gide représente un modèle de vie pour l'adolescent, qui le fait profiter en retour de sa faculté d'enthousiasme. Un équilibre s'établit vite, qui permet à cette amitié, d'abord littéraire, de s'approfondir. Amoureux de l'aventure, Robert a souvent l'occasion d'approuver la générosité de Gide, avant de partir avec lui et de devenir, en Italie, en Grèce, en Egypte, son compagnon de voyage idéal. Devenu un familier du « clan Gide » et de la NRF, Robert Levesque est un témoin et un confident privilégié. Les 250 lettres de cette correspondance, complétées par des extraits du Journal de R. Levesque, nous font découvrir un Gide inhabituel, « contemporain capital » rajeunissant auprès d'un nouveau Nathanaël.
Étudier le financement et la logistique des croisades revient à s'intéresser aux moyens dont disposent les puissances civiles et ecclésiastiques, au Moyen Âge, pour venir à bout d'une entreprise complexe, qui doit être portée dans la durée et en concertation avec des partenaires qui souvent, sur d'autres terrains, sont concurrents, voire ennemis. D'une certaine manière, parce qu'elle touche à la question des finances royales ou pontificales et à celle des moyens militaires, terrestres et maritimes dont disposent les princes et les cités, la problématique du présent volume n'est pas sans rapport avec celle, ô combien féconde depuis plus d'une trentaine d'années, de la genèse de l'État « moderne ». Mais l'ouvrage en donne un aperçu en grande partie inédit. À travers une série de cas choisis dans toute l'Europe, les auteurs s'attachent à analyser la mise en oeuvre pratique de l'esprit pragmatique et de la pensée administrative qui habitent les entrepreneurs de croisade à la fin du Moyen Âge. Il s'agit d'une réhabilitation : l'historiographie traditionnelle a souvent considéré les croisades tardives comme de simples rêveries passéistes ou comme des leurres destinés à influencer le cours des discussions diplomatiques entre souverains chrétiens. En dépit des tentatives avortées et de quelques sanglants échecs, elles appellent un tout autre jugement et une reconsidération : les contributions réunies ici témoignent des limites mais aussi de l'ambition des opérations déployées, à la fin du Moyen Âge, au nom de la défense de la chrétienté.
Par le truchement d'une série de textes relatant ses nombreux voyages, et dont l'ensemble constitue le tableau d'une vie, l'auteur s'efforce d'affirmer qu'il est né pour le bonheur puisqu'il a réussi à le répartir en fragments innombrables de plaisirs et de jouissances variées, au cours d'une existence partagée entre l'extase et la réflexion. Ainsi pourrait-on désigner Robert Levesque du titre qu'il donne lui-même à l'une de ces rêveries : Un Homme de plaisir. Car pour cette âme à la fois fine et vibrante, tout en effet est prétexte à se réjouir du merveilleux don de vivre. Qu'il se trouve à Athènes ou dans l'Estramadure, à Séville ou à Fès, à Budapest ou à Tanger, à Flo. rence ou dans les Grottes d'Altamira ; qu'il traverse une fête foraine à Madère ; qu'il bouquine à Paris le long des quais ; qu'il vive une de ces incomparables « nuits claires » de Saint-Pétersbourg ; qu'il s'éloigne de Marrakech ; descende au Pirée ; évoque ses souvenirs d'enfance en Savoie, son pouvoir d'attention coïncide avec le pouvoir d'être heureux. Un ensemble d'architecture, un regard entrevu, le soleil sur la mer, la couleur des vieilles pierres, une conversation, un geste, tout cela s'est fixé avec grâce et gravité dans la mémoire d'un homme que son avidité d'être, inlassablement, est parvenue à combler. Robert Levesque, né en 1909 à Neuilly-sur-Seine, est professeur de philosophie au Lycée Français de Fès depuis 1949. Il a beaucoup voyagé dans les pays méditerranéens et, ayant été nommé à l'Institut Français d'Athènes en 1941, s'est particulièrement intéressé à la poésie néohellénique.
Accro de littérature et de théâtre, Robert Lévesque nourrit une passion semblable pour le cinéma du monde entier, et c'est cette passion qu'il nous fait partager ici. Une passion éminemment « lévesquienne », c'est-à-dire absolue, dévorante, inséparable de sa vie même et de ce que cette vie a fait de lui. Une passion active, avide, nourrissant une curiosité insatiable, un besoin constant de découvrir et d'admirer, et d'en savoir toujours plus sur ce que l'on découvre et admire.
Livresque », selon le dictionnaire, est un adjectif péjoratif : il désigne « ce qui vient seulement des livres » et s'oppose à « concret », « pratique », « réel ». Mais pour Robert Lévesque, l'opposition ne tient pas, car rien n'est plus vivant ni plus vrai que l'univers des livres, même - et surtout - à notre époque où cet univers paraît plus fragile et menacé que jamais. Vies livresques, cela veut dire : la vie des livres eux-mêmes, leur genèse, leurs aventures, leur beauté, mais surtout la vie des femmes et des hommes (comme lui) qui ont fait des livres l'unique objet de leur passion et le décor de toute leur existence. La quinzaine de textes qui composent ce recueil racontent tous, à leur manière, ce que les livres peuvent faire d'une vie humaine qui leur est toute consacrée. On y croise des éditeurs, des écrivains, des liseurs, et même un représentant de commerce, tous gens de livres et de lecture ; mais la figure principale, l'incarnation par excellence de la « vie livresque », c'est le libraire. Car, si l'univers, pour Jorge Luis Borges, était une Bibliothèque infinie, pour Robert Lévesque c'est une Librairie, ou plutôt un vaste réseau de librairies petites et grandes (préférablement petites) dans lesquelles, de Montréal à Paris, de l'île Saint-Louis à New York, veillent, tels d'inébranlables gardiens de phares, autant de libraires.
Digression : « développement écrit qui s'écarte du sujet » (Robert) ; « développement étranger au sujet » (Larousse) ; bref : hasard et liberté, bifurcations, détours, intuitions subites, comme il arrive à un promeneur qui n'a pas de destination et qui se laisse porter par l'inspiration du moment, les rencontres inopinées et, surtout, le plaisir de la vraie découverte. Dans la prose pétillante qu'on lui connaît, Robert Lévesque nous fait entrer ici dans le laboratoire intime de sa pensée et de son écriture. Une pensée qui, à la ligne droite et sévère, préfère les méandres, les allusions, l'imprévu, en un mot : l'aventure. Dans la vingtaine de textes qui composent ce volume, l'auteur évoque ses amours littéraires ou cinématographiques (Louis-Ferdinand Céline, Samuel Beckett, Giorgio Bassani, Gabrielle Roy, Rimbaud, Buñuel, Truffaut), ses rencontres parfois anciennes (avec Geneviève Bujold, avec le village d'Angoisse au Périgord, avec un portrait de sa mère avant sa naissance), à l'occasion quelques-unes de ses têtes de turc montréalaises. Mais partout, il le fait sans s'appesantir, comme en passant, avec la sincérité et l'extrême partialité de celui qui n'a rien à prêcher et qui ne parle au nom de personne d'autre que soi-même. Qu'est-ce que la littérature, au fond, qu'est-ce en particulier que l'essai, tel que nous l'a enseigné Montaigne, le maître ès « sauts et gambades », sinon l'art de se rendre disponible à toutes les surprises, c'est-à-dire le besoin, le délice de la digression ?
Robert Lévesque ne savait pas, lorsqu'il écoutait siffler les trains de son enfance, à quelles aventures cet appel le conduirait plus tard : appel du lointain, de l'étranger, aussi attirant qu'une patrie perdue ; mais appel, aussi, du monde grand ouvert devant lui, là, tout près, dans les livres qu'il lirait. L'univers ferroviaire - rails, locomotives, gares - sert de thème ou d'amorce à tous les textes de ce recueil, mi-essais mi-poèmes en prose, enlevés, frémissants, vifs comme le mouvement d'un rapide dans la nuit. C'est un univers inépuisable où se croisent des passagers inattendus qui ont pour noms Franz Kafka et Jack London, la Bolduc et Fats Waller, Arthur Buies et Oscar Wilde. Et non loin, un peu à l'écart, lové dans un coin du compartiment ou dissimulé derrière un pilier du quai, un compagnon discret observe leurs gestes, écoute leurs propos, et n'attend que de monter à bord avec eux, de partir, de vivre enfin !
Entre l’anecdote savoureuse et la réflexion littéraire, Récits bariolés invite à une promenade en compagnie d’un esprit libre et cultivé.
Aborder le sujet de la "Terre Nourricière", c'est parler de l'avenir de l'homme et de son alimentation. Pour résoudre le problème de l'alimentation mondiale, l'homme doit modifier extrêmement rapidement ses modes de consommation et de production en mettant fin au pillage des biens communs de l'humanité : le climat, la terre nourricière, les éléments minéraux non substituables, comme les phosphates et la potasse. Le danger le plus immédiat se nomme dérèglement climatique. Voici une invitation pressante à la vie prudente, honorable et juste, pour préparer "l'écolocène".
Marqué par le harcèlement scolaire qu'il a subi toute son enfance, le jeune Aaro, qui ne trouve sa place ni à l'école ni dans sa propre famille, envisage son entrée à l'université comme une possible réinvention de lui-même. Très vite, il comprend que le changement de décor ne fait rien à l'affaire : on s'emmène partout avec soi. Avec ce premier roman phénomène dans son pays, itinéraire d'un alien ordinaire terriblement attachant, non dépourvu d'humour et d'autodérision, le jeune Antti Rnkä révèle une voix singulière et irrésistible. Comme une version finlandaise du tube de Radiohead : Creep.
Connaissez-vous l'auteur québécois François Moreau ? Saviez-vous que le sublime Bernard-Marie Koltès avait visité le Québec à l'âge de dix-neuf ans, que le Bartleby de Melville avait un frère russe du nom d'Oblomov, qu'une partie des archives de Kafka a traîné pendant des années dans un appartement poussiéreux de Tel-Aviv ? Avez-vous déjà lu Jean-Pierre Issenhuth, Bernard Frank ou Jean-René Huguenin ? Et les lettres de jeunesse de Jean Genet à son amie Andrée Plainemaison, surnommée Ibis ? Ou les Cahiers de prison de Louis-Ferdinand Céline ? À toutes ces questions de la plus haute importance, Robert Lévesque peut répondre oui, lui le « lecteur impuni », l'insatiable fouineur, jamais las d'engloutir des pages et des pages de ses auteurs de prédilection et de tout savoir à leur sujet, le moindre détail, le plus petit événement, l'origine et le sort du manuscrit le plus obscur.Tous ces livres, non seulement il les a lus, relus, annotés, mais il en a fait en plus la matière même de sa vie, l'unique objet de ses passions, avec ses trois chats et sa chère Béatrix. Et il en parle avec la verve qu'on lui connaît, ce style désinvolte, comme impatient, ce goût des digressions et des anecdotes qui font les meilleurs chroniqueurs, surtout quand ils savent, en parlant des autres, parler en même temps d'eux-mêmes, tantôt nostalgiquement, tantôt ironiquement, comme le fait ici l'auteur quand il se rappelle ses découvertes de jeunesse, ses débuts dans le journalisme, un récital de Wilhelm Kempff au Petit Séminaire de Rimouski... Et tout le reste.Issu de chroniques parues dans la revue Liberté, Le Lecteur impuni est le neuvième livre de Robert Lévesque à paraître dans la collection « Papiers collés ».