Reine Bud-Printems
Reine Bud-Printems
D'abord, nous avons pensé qu'il était parti. Ensuite, nous avons ouvert la porte de sa chambre et avons vu son corps inerte sur le rectangle de tapis. Il y a eu l'enterrement. La visite de sa femme, de sa belle-mère. Et puis, les flics. Pendant une semaine, tous les jours, à n'importe quelle heure. Ils nous montraient des photographies de filles mortes. Ils nous demandaient de les reconnaître. Elles n'étaient plus identifiables. En 1975, dans la campagne lyonnaise. Un homme, Soledo P., essaie de se tenir debout, seul, sur un rectangle de tapis usé, dans la grande maison où l'on vit de petits boulots et de grands rêves artistiques. Soledo, un oiseau de passage, qui n'aime pas les hommes, qui n'aime plus les femmes, est pourtant venu là parmi eux, comme à un rendez-vous de la dernière chance.
La narratrice vit à la campagne et organise des expositions de peinture pour la ville voisine. Au cours d'une réception, elle fait la connaissance de Michel et Gisèle Renaud-Dubois. Fascinée par Gisèle, elle va renoncer à son ami, son travail, sa maison et son pays. Très vite, elle se retrouve seule, séduite et abandonnée. Mais la passion peut faire fleurir des primevères dans le désert... Cette histoire, assez extraordinaire, est racontée prestissimo. Dans le portrait de Gisèle, on retrouve le talent très particulier de Reine Bud-Printems, son écriture qui excelle à capter l'instant dans ce qu'il a d'unique et de fugitif.