Raphaël Jérusalmy
Raphaël Jérusalmy
Toute sa vie, le philosophe Denis Diderot a combattu pour une instruction humaniste et éclairée. Contre l'ignorance et l'obscurantisme qui déchirent les hommes, la vie et l'oeuvre de celui qui fut auteur de théâtre, de roman et surtout cheville ouvrière de la célèbre Encylopédie restent plus que jamais d'actualité.
Au Struthof (seul camp de concentration nazi ouvert sur le sol français), Pierre Delmain, écrivain et déporté politique, endosse un rôle déterminant : à mains nues, convoquant ses forces ultimes, il achève les déportés quand leur état les rend impropres aux « expériences scientifiques » menées sur place. Avec douceur, empathie, humanité. Il ne se le pardonne pas pour autant. Alors il s'échappe. Dans ses rêves. Littéralement. À Paris, Saül Berstein, collectionneur d'art, retarde dans les vapeurs de mescaline et la fréquentation de la beauté le moment de croire à la violence et à la laideur extrêmes de l'horreur qui le traque. Imprévisible et subtilement engagé, Raphaël Jerusalmy orchestre brève la rencontre cruciale de deux destins et accomplit un tour de force romanesque stupéfiant.
Au coeur de l'Inquisition espagnole, la rencontre improbable entre un mercenaire à la solde du plus offrant et une poignée de grand-bourgeois convertis en danger. La Rose de Saragosse allume l'étincelle d'une rébellion qui passe par le trait vif de la caricature et le langage unique de la gravure. Aventure, séduction, mystère, un bref et riche roman comme une esquisse qui fait parler les silences. Où l'on retrouve le souffle et l'acuité de l'auteur de La Confrérie des chasseurs de livres et de Sauver Mozart.
François Villon, poète rebelle et brigand condamné à mort, est gracié par le roi Louis xi qui l'envoie en Terre sainte, à la rencontre des chasseurs de livres de la Jérusalem d'en bas, tenter une alliance contre l'omnipotence de Rome. Entre thriller et picaresque, aussi joueur qu'érudit, l'auteur de "Sauver Mozart" met en marche les forces de l'esprit contre la toute-puissance du dogme et des armes, pour faire triompher l'humanisme.
De juillet 1939 à août 1940, le journal d'Otto J. Steiner, critique musical salzbourgeois reclus dans un sanatorium en déshérence au coeur d'un monde qui tombe en miettes. En orchestrant la vengeance de la musique contre l'Histoire, Raphaël Jerusalmy signe le roman irrésistiblement cruel et drolatique d'un destin à deux doigts de changer celui du siècle.
Sous la menace d'une guerre qui se précise, l'ensemble de la population de Tel Aviv est évacué. Sauf qu'à la dernière minute, Saba, le grand-père de Naor, descend du bus, entraînant le jeune homme et sa petite-amie Yaël, dans une dérive clandestine - dangereuse et privilégiée - au coeur de la cité désertée. Une ode urbaine au désir de vivre. Par l'auteur de Sauver Mozart et de La Confrérie des chasseurs de livres.
1916 : tranchée de première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes. Le 17 mars à 16 h, le sous-lieutenant Cointreau-whisky, alias Guillaume Apollinaire, engagé volontaire, est atteint à la tempe par un éclat d'obus alors qu'il lit une revue littéraire. La revue qu'il tenait au moment de l'impact, annotée de sa main, vient d'être retrouvée en Bavière. C'est du moins ce que prétend l'auteur de ce récit. Les 24 h qui précèdent l'impact y sont relatées heure par heure, en un cruel compte à rebours qui condense le drame humain en train de se jouer au fond de cette tranchée et le bouleversement qu'il entraîne dans l'âme d'Apollinaire. Car cette journée va être capitale pour la poésie.