Rahel Jaeggi
Rahel Jaeggi
L’idée de progrès semble aujourd’hui désuète, aussi bien au regard de l’état du monde qu’en termes de mot d’ordre ou de dynamique politique. Pourtant, il est bien difficile de nier la réalité de certaines avancées : l’abolition de l’esclavage, la construction des systèmes de sécurité sociale, la pénalisation du viol conjugal sont des exemples de progrès largement reconnus. Mais le constat de progrès locaux coexiste avec celui de nombreuses régressions – recul démocratique, montée en puissance des autoritarismes, xénophobie croissante… Dans ce livre, Rahel Jaeggi défend le couple progrès/régression comme un outil socio-philosophique indispensable pour développer une approche lucide de l’époque contemporaine. Mais cela implique une conception nouvelle du progrès : d’une part, loin d’être un mouvement linéraire vers un bien posé d’avance, celui-ci serait plutôt un processus d’acquisition d’expérience et de résolution de problèmes. D’autre part, il se traduit par une transformation des formes de vie et des pratiques qui n’est jamais achevée. En renouvelant ainsi les interrogations de la Théorie critique à l’aide de la tradition pragmatiste et à la lumière de sa propre contestation du progressisme naïf, Rahel Jaeggi nous offre les moyens de porter un jugement affûté sur les tendances émancipatrices et oppressives à l’oeuvre aujourd’hui.
Come dovremmo vivere? Le odierne società capitalistiche permettono effettivamente alle nostre forme di vita di fiorire? O invece, esponendole a condizioni di dominazione e sfruttamento, cooperano ad arrestarne e inibirne i processi di sviluppo? Sono le domande di fondo a cui Rahel Jaeggi cerca di offrire una risposta in questo volume. Di contro alla neutralità etica liberale, viene rilanciato il tema della «vita offesa» e «alienata», caro alla tradizione della Scuola di Francoforte. Proseguendo e radicalizzando l'operazione critica e diagnostica intrapresa da Axel Honneth, di cui è stata allieva, Jaeggi insiste con decisione sul versante negativo: cioè sulle crisi e i problemi da cui si deve partire per sviluppare una critica delle forme di vita che risulti incisiva ed estranea a ogni paternalismo ed essenzialismo. Una posizione teorica che aggiorna il metodo della critica immanente di matrice hegeliana e, nel contempo, utilizza alcuni strumenti concettuali dell'attuale ontologia sociale per tentare di scardinare l'idea tradizionale dell'economia come qualcosa a sé stante, interpretando così il capitalismo come una forma di vita tra altre.