Pierre Richard
Pierre Richard
Plongez dans l'histoire méconnue du curling au Québec, de ses origines écossaises à son rôle social unique. Curling... ou le jeu de galets révèle deux siècles de passion, de clubs et de traditions qui ont façonné une communauté.
Éloge de la distraction par un maître du genreDistrait, Pierre Richard ? Les cinéphiles en sont persuadés. Au mépris de ses plus grands succès, de La Chèvre au Grand Blond avec une chaussure noire, c'est le titre qu'il donne à son premier film - Le Distrait - qui semble lui coller à la peau. Tout le monde vous le dira, il est l'homme le plus étourdi, le plus gaffeur, le plus rêveur du cinéma français. Mais ne confondons pas le grand écran et la réalité. Partageant des souvenirs souvent invraisemblables et toujours burlesques (tout est véridique), Pierre Richard nous prouve par une démonstration virtuose que la distraction est une question de point de vue. Distraction garantie. " Je n'ai pas peur de l'annoncer : quand vous aurez refermé ce livre, je vous aurai prouvé de manière irréfutable et définitive que je ne suis pas distrait. J'aurai conjuré le mauvais sort, tordu le cou des mauvaises langues - ce qui, entre parenthèses, est un tour de force anatomique -, j'aurai solennellement mis enfin fin, avec le plus grand sérieux, à un demi-siècle de malentendu. "Ces souvenirs ont été coécrits avec Christophe Duthuron, également scénariste et réalisateur.
Je n'ai pas eu la chance d'avoir une enfance misérable et je ne peux pas me targuer de m'être fait à la force d'un poignet solide ; je suis aristocrate et j'ai vécu dans un château. Je peux seulement me vanter de m'être défait moi-même pendant longtemps. Mon premier grand-père était un immigré italien qui parlait à peine le français, et mon autre grand-père, un polytechnicien très à cheval sur les principes, alors que moi, en principe, je n'étais à cheval sur rien. J'errais tout simplement : dans les allées d'un parc trop grand, sur une pelouse au pied des corons, au milieu des dortoirs glacés, à l'intérieur des limousines ouatées, dans les jupes de dames altières et, pendant l'occupation, le long des gares en flammes. Je pratiquais en vrac le baisemain et le braconnage, le bridge et la trompette. J'errais surtout à la recherche d'un père toujours absent et d'autant plus magnifique. "Qu'est-ce qu'il a cet enfant ?" "Il est tout pâle." J'avais tout simplement le mal de Père. Pierre Richard
Et la voilà, l'étoile qui me guide en toutes circonstances : le rêve. Pour moi, la vie est un gros gâteau, avec des tranches de réalité et des tranches de rêve. Ce sont ces dernières que j'avale avec le plus d'appétit, et ça depuis l'enfance. Bien sûr, au fil des temps, j'ai abandonné l'idée d'être Tarzan ou Geronimo, et après quelques années de latence, j'ai trouvé, après avoir découvert Danny Kaye, le « truc » : devenir acteur. Ainsi, je pouvais continuer à poursuivre mes rêves d'enfance, jouer à être un autre. Vivre mille aventures à travers les personnages que j'interprétais. Je suis devenu publiciste, avocat, assistant social, psychanalyste, mais à ma façon. Seulement voilà, être comédien, c'est quoi ? Donner vie à des personnages que vous n'êtes pas, avec le plus de réalisme possible, de vérité surtout. Et paradoxalement, c'est toujours moi qu'on retrouve derrière ces personnages et non le contraire. C'est peut-être pourquoi j'ai toujours douté d'être un comédien. C'était toujours moi, confronté à des situations comiques : distrait, inadapté, malchanceux, timide.
Et la voilà, l'étoile qui me guide en toutes circonstances : le rêve. Pour moi, la vie est un gros gâteau, avec des tranches de réalité et des tranches de rêve. Ce sont ces dernières que j'avale avec le plus d'appétit, et ça depuis l'enfance. Bien sûr, au fil des temps, j'ai abandonné l'idée d'être Tarzan ou Geronimo, et après quelques années de latence, j'ai trouvé, après avoir découvert Danny Kaye, le « truc » : devenir acteur. Ainsi, je pouvais continuer à poursuivre mes rêves d'enfance, jouer à être un autre. Vivre mille aventures à travers les personnages que j'interprétais. Je suis devenu publiciste, avocat, assistant social, psychanalyste, mais à ma façon. Seulement voilà, être comédien, c'est quoi ? Donner vie à des personnages que vous n'êtes pas, avec le plus de réalisme possible, de vérité surtout. Et paradoxalement, c'est toujours moi qu'on retrouve derrière ces personnages et non le contraire. C'est peut-être pourquoi j'ai toujours douté d'être un comédien. C'était toujours moi, confronté à des situations comiques : distrait, inadapté, malchanceux, timide.