Pierre Boutang
Pierre Boutang
Athènes, IVe siècle avant notre ère. Autour d’un festin, Socrate et ses convives rivalisent d’éloquence pour célébrer Éros, dieu de l’amour et du désir.
Pierre Boutang et George Steiner entrent en dialogue. Dissemblables et proches à la fois, ces deux hommes qui ont en partage le souci de la langue, du secret dans la parole, de la présence de Dieu en elle et dans le monde, ouvrent leurs entretiens sous la double invocation du mythe d'Antigone et du sacrifice d'Abraham. À cette occasion, ils abordent - entre autres thèmes - la violence et la culture, le pouvoir, ainsi que la justice, mais aussi la mort et la piété, le salut et la grâce. Un dialogue brillant toujours, et profond sans cesse, nous ramenant aux sources essentielles que sont Jérusalem, Athènes et Rome. Pierre Boutang et George Steiner, tous deux, sortent grandis de ce tête à tête, élevé à des dimensions métaphysiques que le siècle ne connaît plus.
1958, en pleine guerre d'Algérie. Dans une lettre ouverte à Gabriel Marcel, Pierre Boutang interroge la notion même de terreur et ses usages politiques. Un texte percutant, où philosophie et engagement se confrontent sans concession.
Athènes, Ve siècle avant J.-C. : autour d’un festin, Socrate, Alcibiade et leurs convives explorent l’amour sous toutes ses formes.
Athènes, Ve siècle avant J.-C. : autour d’un festin, Socrate et ses convives rivalisent d’éloquence pour célébrer Éros.
« La paix aux hommes, le calme à la mer, Le silence aux vents, un lit de repos et le sommeil à l'inquiétude. » Platon
Le problème de la philosophie, c'est que bien souvent, elle ne parle pas d'amour. De l'Etat, oui. Des fondements de la philosophie du droit, aussi. De l'arbitraire du langage. De la liberté d'indifférence. De la conscience comme alter ego. Du surmoi. Du concept de temps. Des catégories de cause et de conséquence. Du génie artistique. De la matière et de l'esprit... Le Banquet est l'un des premiers ouvrages de philosophie européenne qui parle du sentiment qui meut l'humanité dans son ensemble, qui crée les familles, les sociétés, l'art, la littérature, la musique, l'histoire, qui remplit les tribunaux... En somme, dans le Banquet, vous avez de vrais personnages (Socrate, Aristophane et leurs compères), qui viennent de faire un vrai festin (carnivore et végétarien), qui ont bu du vrai vin (résiné) et qui terminent en beauté, par une vraie discussion (philosophique) : le texte s'anime, alors, se fait théâtre et on entend soudainement parler de sexe, de rupture, de séduction, de quête amoureuse, de positions, de joie, de chagrin d'amour, de jalousie, comment ne pas perdre trop de plumes en amour... Bref, si vous avez un jour eu envie d'en parler et que vous n'avez pas osé, faites-le avec Platon. Tout cela dans la prose fine et précise de Victor Cousin.
Ils sont allongés sur des lits et parlent de l'Amour et de la Beauté. Leurs discours se succèdent, parfois se répondent : car il y a plusieurs Amours et plusieurs manières de désirer le Beau. À ces hommes vivant en un temps et un lieu où l'éducation des garçons est indissociable de la sexualité qui règle les rapports du maître et du disciple, une étrangère, Diotime, oppose un modèle féminin de la procréation du savoir. À travers elle, Socrate dessine les étapes de l'apprentissage du philosophe capable de se détacher du monde sensible pour devenir l'« amant » par excellence qui guide l'« aimé » dans sa quête du Vrai et du Beau. Par-delà les interprétations prudentes du Banquet que nous a léguées la tradition philosophique, cette traduction invite à une lecture renouvelée du dialogue : un Banquet parfois extravagant, à l'image de son objet, d'une richesse stylistique exubérante, souvent cru dans son langage, foisonnant enfin dans sa recherche du bonheur véritable.
Ils sont allongés sur des lits et parlent de l'Amour et de la Beauté. Leurs discours se succèdent, parfois se répondent : car il y a plusieurs Amours et plusieurs manières de désirer le Beau. À ces hommes vivant en un temps et un lieu où l'éducation des garçons est indissociable de la sexualité qui règle les rapports du maître et du disciple, une étrangère, Diotime, oppose un modèle féminin de la procréation du savoir. À travers elle, Socrate dessine les étapes de l'apprentissage du philosophe capable de se détacher du monde sensible pour devenir l'« amant » par excellence qui guide l'« aimé » dans sa quête du Vrai et du Beau. Par-delà les interprétations prudentes du Banquet que nous a léguées la tradition philosophique, cette traduction invite à une lecture renouvelée du dialogue : un Banquet parfois extravagant, à l'image de son objet, d'une richesse stylistique exubérante, souvent cru dans son langage, foisonnant enfin dans sa recherche du bonheur véritable.
Au banquet d'Agathon, les convives doivent prononcer un éloge d'Éros : sept interlocuteurs exposent leur vision de l'Amour. Socrate orchestre la soirée, élevant chacun dans une conversation philosophique. Les trois genres de l'humanité, la naissance de l'Amour, ou encore les degrés de l'initiation à la Beauté comptent parmi les mythes platoniciens les plus célèbres. C'est aussi l'occasion pour Platon d'esquisser, en toile de fond, un portrait vivant et plein de charme de Socrate, son maître. Un dialogue souvent cru, au style exubérant, destiné à éclairer la recherche du bonheur véritable.
"Pour en finir, il faut qu'il parte !" Ce n'est qu'un cri unanime, pour celui qui assimile Valéry Giscard d'Estaing au Foutriquet. De ce nom, dont les Communards, après 1871, affublaient Monsieur Thiers : Foutriquet, bonhomme inconsistant. Ce qui vaut, dans la lecture de Pierre Boutang de ce long septennat (il fait d'ailleurs la synthèse de tout ce qui - dans l'ordre giscardien - dépasse le simple mandat - des origines familiales à l'avenir sombre de Boulogne-Gdansk), c'est une truculence inimitable. Menteur, pourrisseur, fossoyeur, ce Foutriquet est tout cela à la fois, il traque la jeunesse, évacue la croix, fait le jeu des animaux de La Fontaine. Quelle fable ? Celle du singe. On s'étonnera des révélations ici faites : rien de ce qu'on a entendu dire n'a été négligé. Travaillant sur le document et sur une formidable puissance d'ironie, l'auteur "accouche" les esprits à un nouveau monde giscardien : les diamants de Mademoiselle de Scudéry, les détours africains sont parmi ces chapitres les plus surprenants. D'où une symbolique, qui n'échappera à personne. Violent et drôle, le "Précis de Foutriquet" restera comme l'un des grands pamphlets d'un vingtième siècle trop conformiste.
L'édition prescrite pour les Prépas scientifiques 2018-2019, incluant l'introduction et le dossier spécial : l'amour. Ils sont allongés sur des lits et parlent de l'amour et de la beauté. Leur discours se succèdent, parfois se répondent, car il y a plusieurs amours et plusieurs manières de désirer le Beau. À ces hommes vivant en un temps et un lieu où l'éducation des garçons est indissociable de la sexualité qui règle les rapports du maître et du disciple, une étrangère, Diotime, oppose un modèle féminin de transmission du savoir. Dans ce célèbre dialogue, Socrate énonce les étapes de l'apprentissage du philosophe capable de se détacher du monde sensible pour devenir "l'amant" par excellence qui guide "l'aimé" dans sa quête du Vrai et du Beau.