Philippe J. Maarek
Philippe J. Maarek
La communication politique des élections européennes de 2019 a été paradoxale. Alors qu'il s'agissait des dernières à inclure la Grande-Bretagne avant son départ de l'Union, le Brexit n'y a pris qu'une part marginale. Alors que pour la première fois en quarante ans la participation a augmenté, ce sont les partis populistes qui en ont bénéficié, remettant en cause la culture de compromis établie de longue date. Alors que l'on pensait les pratiques médiatiques disparates, notamment le Nord et le Sud, les comportements électoraux se sont caractérisés par une grande communauté d'usages synchrones des médias traditionnels et des réseaux sociaux. Cet ouvrage met ainsi en évidence le paradoxe suivant : si l'Europe semble traversée par de puissantes forces centrifuges, un électeur européen prend forme.
L'élection présidentielle française de 2017, avec son résultat jugé « disruptif », est singulière. Emmanuel Macron est un candidat venu de nulle part, sans parti ni expérience électorale. Il a pourtant suivi une stratégie de communication politique révélant sa compréhension de l'épuisement des solutions politiques traditionnelles. Cette victoire est certes chamboule-tout, mais raisonnée elle n'est pas si inattendue que cela.
L'élection présidentielle de 2012 s'est distinguée des précédentes du point de vue de la communication politique. D'un point de vue institutionnel, un président sortant d'un mandat de cinq ans se représentait pour la première fois, donnant à l'élection un aspect de référendum. D'un point de vue conjoncturel, la personnalité de Nicolas Sarkozy a plus pesé que celle de ses prédécesseurs. Réseaux sociaux et méthodes "classiques" de communication revisitées ont exacerbé ces singularités.
Dans la plupart des pays de l'Union Européenne, à commencer par la France, la communication politique des élections au Parlement européen de 2009 s'est placée sous le signe paradoxal de l'absence de l'Europe dans les débats. Les enjeux politiques, économiques et sociaux de chacun des pays ont largement pris le pas sur l'objet théorique de la communication, l'élection des députés de l'Union Européenne et les enjeux européens corollaires.
La victoire de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2007 était-elle aussi prévisible que sa candidature ? Quelles sont les raisons de l'émergence de Ségolène Royal comme candidate socialiste, puis de sa défaite ? Pourquoi une communication fondée sur l'idée "classique" de représentation des citoyens par celui qu'ils élisent a-t-elle pu l'emporter face à une communication politique plus "moderne" fondée sur l'idée de participation ?