Paul Dubouchet
Paul Dubouchet
Michel Villey a fait un travail de Titan, rendant accessible à tous l'apport d'Aristote et de Saint Thomas à la pensée juridique dans les grandes phases de son histoire - ce qui n'était pas une mince affaire ! Au bénéfice de cette prouesse, il n'a pas manqué d'égratigner la pensée juridique et philosophique lorsque celle-ci le méritait - ce qui est souvent le cas. C'est de cet itinéraire dont nous avons voulu rendre compte.
Girard a opéré une virulente dénonciation du fondement des sciences humaines dont on dresse un bref panorama : philosophie, psychanalyse, nouvelle critique littéraire, ethnologie, droit, économie politique, science politique. Seules deux sciences échappent à ce procès dont elles sont les instigatrices : la science de la guerre de Clausewitz et la science de la religion de Girard. De cette remise en place, il ne reste alors qu'à tirer un bilan conforté par la dialectique d'Aristote.
Comporte deux parties distinctes : la première consacrée à la lecture proprement dite et la seconde réservée aux notes et commentaires. Cette seconde partie suit pas à pas la première, respectant bien sûr le plan retenu par Hegel. « Copyright Electre »
Où, nous autres Français, pouvons-nous trouver ailleurs que dans la réflexion juridique de Kant, de Fichte et de Hegel, la plus grande tentative de compréhension rationnelle de toute vie juridique, du droit privé interne jusqu'au droit public international ? D'autant plus que cette tentative a d'abord voulu rendre compte et tirer les conséquences de l'évènement majeur qui s'est passé chez nous, la Révolution et le bouleversement qu'elle a introduit dans toute la vie juridique, politique, économique et sociale.
L'auteur revient ici sur les thèses développées par Michel Villey dans son livre Questions de Saint Thomas sur le droit et la politique (PUF, 1987). Cet ouvrage envisage la critique du thomisme et de la pensée juridique, philosophique et scientifique effectuée par Michel Villey, puis son apologie de Saint Thomas portant sur sa "doctrine sacrée" et sur ce que l'on peut appeler sa "doctrine du droit".
L'esprit de René Girard, esprit de pionnier, d'aventurier, est celui d'un cow-boy qui ne se déplace jamais sans sa Bible sous le bras. À la Bible sont empruntés les plus beaux titres de ses livres. Cet ouvrage met en valeur les jalons d'un itinéraire qui reflète, du passé le plus lointain à l'actualité la plus récente, l'épopée tragique de l'espèce humaine. Sans jamais oublier la possibilité et l'espérance de son salut.
La pensée chrétienne est le plus souvent mal perçue, mal considérée, caricaturée et même défigurée, parce que mal comprise. Il appartenait à René Girard de remettre les pendules à l'heure en montrant qu'elle a porté au plus haut point la religion comme mode de gestion de la violence ou « science de la violence », comme dénonciation de la violence - programmation d'autant plus salutaire dans un monde de plus en plus violent. Cette grille de lecture permit à René Girard d'éclairer d'un jour nouveau l'esprit du christianisme, du judaïsme et même du paganisme. Elle nous invite à reconsidérer la pensée chrétienne par l'appel, à titre d'exemples, à quelques séquences significatives, celles de Saint Thomas d'Aquin, Joseph de Maistre et Louis de Bonald, celles de Hegel, Claude Tresmontant et Dostoïevski.
René Girard (1923-2015) et Claude Tresmontant (1925-1997) ont chacun de leur côté, à travers le judéo-christianisme, réhabilité le monothéisme à partir d'une seule idée directrice : la négation d'un Dieu persécuteur pour Girard, l'affirmation d'un Dieu créateur du monde pour Tresmontant. A partir de là, les deux « balayeurs » font le ménage dans l'histoire de la pensée, au bénéfice d'une nouvelle psychanalyse (« chrétienne » !) ; en tant que « constructeurs », ils montrent la profonde continuité entre le christianisme et le judaïsme et confirment la légitimité d'un « évolutionnisme chrétien » pour qui l'Evolution, c'est « la Création en acte ».
"Théologie politique" : une expression réactualisée par Carl Schmitt, et qui s'est appliquée d'abord aux recherches de certains théologiens de la gauche chrétienne. L'auteur de cet ouvrage rappelle que les régimes politiques ont toujours eu de mal à intégrer (pour mieux dépasser) le "souvenir douloureux" de la Passion du Christ, prix de la "paix romaine". C'est ce souvenir qui, selon René Girard, rend lumineux le sacrifice comme fondement de la culture humaine. Et c'est son oubli qui conduit l'humanité au bord du gouffre.
Entre Hegel et Girard, il y a un fossé de deux siècles marqués par une montée considérable de la violence. Cette « montée aux extrêmes » que Clausewitz avait parfaitement perçue permet de penser le phénomène du terrorisme et de démentir « l'Odyssée de l'esprit » de Hegel.
René Girard, à partir de la violence et de la religion, refait l'histoire de l'humanité, de la culture et nous ouvre les yeux sur notre passé, notre présent et notre devenir. Son explication est des plus accessibles puisqu'il balaye toute la philosophie, des présocratiques aux structuralistes, et met au placard toutes les sciences humaines. Fini le gaspillage de temps et d'intelligence pour aller à l'essentiel : trouver la vraie issue de secours pour éradiquer la violence !