Pasteur/C
Pasteur/C
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
On ne connaît de lui que le crime qui porte son nom - simonie - parce qu'un jour il voulut acheter les pouvoirs de celui en qui il voyait son unique rival : le Christ. Mais sait-on seulement qu'il pratiquait la lévitation, la divination et la télépathie, que sa vie fut dominée par l'amour qu'il portait à une prostituée de Tyr, qu'il n'imposait aucune morale à ses disciples, qu'il fonda une secte érotico-mystique, qu'il accomplit de multiples voyages jusqu'à Rome, où il séduisit Néron, et qu'il mourut en voulant prouver qu'il pouvait voler dans les airs. Aucun ouvrage n'avait à ce jour évoqué la vie aventureuse de cet esprit puissant, de ce surprenant magicien, que les Pères de l'Église exécraient autant pour sa réhabilitation de l'oeuvre de chair, que pour ses dons exceptionnels.
Sous le règne de Henri IV, deux jumelles orphelines, Bélise et Hyacinthe-Marie de Montvermeil, ont été recueillies par leur tuteur Monsieur Sarrau, conseiller au Parlement de Paris. Ces deux jeunes filles, passionnément attachées l'une à l'autre, refusent obstinément de se marier pour n'être point séparées. Aussi savantes que belles, elles s'intéressent vivement à la polémique créée autour du fameux Manuscrit d'Anastase, Livre des Papes, que protestants et catholiques se renvoient à la tête. Bélise et Hyacinthe-Marie, à qui leur tuteur veut imposer le voile de la religion, s'enfuient, déguisées en cavaliers, pour vivre d'étonnantes aventures. Le suspense est constant, tout au long d'une fresque historique tumultueuse qui trouble les dernières guerres de religion et qu'illumine un étrange, mystérieux et pathétique amour.
Qui est le naguid, ce mystérieux orphelin que le médecin juif Ben Mosché confie à ses amis Pierleoni, avant de partir pour Cordoue ? L'adolescent, que tourmente l'obscurité de ses origines, interroge vainement ses bienfaiteurs. À dix-sept ans, il est envoyé à la célèbre école de Salerne pour y faire ses études. De retour à Rome, il accepte le poste de médecin pontifical qui lui est offert, et découvre les coulisses d'une papauté décadente, où la tiare s'achète avec de l'or et du sang. À l'occasion de l'élection d'un nouveau pontife, il entend, pour la première fois, parler d'une aventurière qui, une trentaine d'années auparavant, avait usurpé le trône de saint Pierre en se faisant passer pour un homme. Elle serait morte en mettant un enfant au monde, le jour des Rogations 858. Or, cette date est celle de la naissance du naguid... Dans ce nouveau livre de Claude Pasteur, comme dans son ouvrage La Papesse, la fiction romanesque est constamment soutenue par une documentation rigoureuse sur cette époque tragique de l'Occident chrétien. Un amour étrange et ambigu anime cette fresque tumultueuse, où l'on voit aussi apparaître la première épidémie du Mal des Ardents, qui donnera au naguid l'occasion de racheter l'âme coupable de l'usurpatrice.