Olivier Nkulu Kabamba
Olivier Nkulu Kabamba
Dans la relation soignant-soigné, la réflexivité est une compétence indispensable pour la profession des soignants. Elle repose sur la capacité reconnue à chaque être humain de s'observer et de s'évaluer pendant l'action et après celle-ci. Liée à l'éthique, elle permet au soignant de prendre du recul pour interroger toutes les valeurs qu'il applique, entre autres l'empathie : approche la plus appropriée dans la relation de soins. Pour le soignant, très sollicité sur le plan émotionnel dans le quotidien de sa profession, la réflexivité implique de réfléchir et d'analyser ses propres interprétations de l'empathie qu'il développe comme valeur envers autrui.
En médecine, comment prendre en compte l'évocation de la sorcellerie comme agent causal du cancer ? À quoi s'en tenir là où la démarche clinique n'a pas de réponse à la question que se pose un patient africain au sujet du cancer dont il est atteint ? Bien souvent, la rationalité médicale s'en trouve bousculée. Heureusement la narration en médecine nous donne une efficiente grille d'analyse et une pertinente clé de lecture. L'auteur en fait une illustration dans l'exploration des récits faits par quelques malades africains arrivés en Belgique pour se faire soigner et qui mettaient un rapport de causalité entre leur cancer et la sorcellerie.
Que révèle l'examen du duel entre, d'un côté, l'usage des préservatifs encouragé par la culture contemporaine et, de l'autre, la morale sexuelle enseignée par l'Église catholique, qui condamne cet usage ? L'analyse des discours des papes Jean-Paul II et Benoît XVI laisse apparaître la complexité et la difficulté auxquelles se trouve confrontée la morale sexuelle de l'Église. Ces discours ont toujours eu un écho très contrasté parmi les évêques : certains s'inscrivent dans la ligne intransigeante de Jean-Paul II, alors que d'autres, à l'instar de Benoît XVI, adoptent une attitude pastorale pragmatique. De toute évidence, la généralisation de l'utilisation des préservatifs consacre la rupture entre la morale sexuelle catholique et la culture contemporaine: la morale sexuelle de l'Église est-elle révisable ou adaptable ?
De nos jours, peut-on encore soutenir qu'il y a un déni généralisé de la mort dans notre société? La mort médicalisée n'a-t-elle pas effacé ce déni? En Europe et en Amérique du Nord où l'on craint de vieillir mal et où l'on craint de mourir mal, la mort y est de plus en plus médicalisée. Une conséquence découle de cette réalité : mourir aidé par la médecine ou mourir en milieu médicalisé est devenu une pratique courante admise comme une habitude sociale.
Cet ouvrage analyse de manière rationnelle cette phobie de la sorcellerie qui affecte un certain nombre des membres de la diaspora africaine vivant en Europe et en Amérique du Nord. L'auteur appuie son analyse sur l'enquête non structurée, basée sur une méthode qualitative, qu'il a mené dans les milieux de la diaspora africaine en Belgique et au Canada, deux pays dans lesquels il travaille.
Pour quelles raisons certaines personnes qui ont la possibilité de « bien » vieillir ont-elles si peur de la vieillesse et refusent-elles de vieillir ? Qu'est-ce qui se cache derrière cette peur ou ce refus de vieillir ? Autrement dit, dans notre société, pourquoi certaines personnes d'un âge respectable refusent-elles ouvertement de vieillir ? Outre l'interrogation de son entourage profesionnel l'auteur fait dialoguer la médecine, la psychologie et la sociologie sous le regard de l'éthique ; les sciences du sport avec celle de la culture ; les sciences sociales avec les sciences technologiques ; les sciences sociales avec les sciences de la culture.
En Afrique où l'on observe de plus en plus une pluralité d'expertises en soins de santé, se vit désormais un intéressant face-à-face entre la médecine européenne, la médecine chinoise et la médecine traditionnelle africaine. Ce face-à-face entre ces trois médecines est porteur d'espoirs, mais il comporte plusieurs interrogations et de nombreux défis par rapport aux soins médicaux offerts aux populations africaines en milieu urbain. Quels atouts obtiendrait-on en faisant collaborer ces trois médecines ? Dans cet ouvrage, l'auteur fait une significative prospection dans ce face-à-face.
En décrétant universellement que l'Église est entrée dans l'ère de la nouvelle évangélisation, le Synode des évêques qui s'était tenu au Vatican en octobre 2012 avait souligné que cela appelait de "nouvelles façons d'être de l'Église". La modernisation du pouvoir de l'Église passe donc non seulement par une volonté de changement, d'ouverture et de modernité mais également par une nouvelle manière de gouverner, une nouvelle gouvernance et un nouveau leadership.
Face aux euthanasies admises en Soins palliatifs, quels sont les défis humains auxquels est confronté le médecin qui accepte de les pratiquer ? L'auteur, spécialiste en éthique clinique, dévoile ces défis par l'intermédiaire de nombreux échanges épistolaires et verbaux qu'il a entretenus avec le docteur Karl, médecin belge qui accepte de pratiquer ces euthanasies dans le service des Soins palliatifs de l'hôpital où il travaille.
La crise profonde que connaissent les soins de santé en Afrique subsaharienne est rarement analysée du point de vue éthique, moral et déontologique. L'auteur a choisi de mettre en évidence les conflits d'intérêts et des valeurs présents dans les pratiques des médecins, il montre comment ces conflits sont parmi les causes majeures des dysfonctionnements des soins de santé en Afrique subsaharienne.
Questionner la "théologie du corps" ou "théologie du sexe" développée par le pape Jean-Paul II au début de son pontificat permet d'éclairer autrement le regard chrétien porté sur le corps humain qui, aujourd'hui, se présente comme un bien-aimé malmené et pris en tenaille: d'un côté par le christianisme qui a la mauvaise réputation de mépriser le corps au nom d'une certaine piété puritaine; et de l'autre, la culture contemporaine accusée de vouer un culte au corps.
Depuis quelques années, les médecins sont confrontés à une demande croissante des patients en fin de vie réclamant que leur mort soit hâtée. Chaque sollicitation de l'aide médicale pour mourir place les soignants devant la problématique de l'humanisation de la mort qui, elle, engage de leur part la question fondamentale du "comment faire pour bien faire ?"
Cet essai est une suite de réflexions d'un universitaire et prêtre afriain en mission en Europe depuis 25 ans. C'est une interpellation fraternelle qui s'adresse aussi bien à l'Eglise qui est en Europe qu'à celle qui est en Afrique ou ailleurs. L'accueil des prêtres africains, des prêtres venus de loin par des communautés ecclésiales d'Europe est-il une grâce, une menace ou une tâche ?
Comment, à partir de la pensée du philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804), peut-on appréhender la pratique médicale dans son aspect relation médecin-patient ? Partant des quatre questions principales qui structurent toute la pensée philosophique d'Emmanuel Kant, à savoir « que puis-je connaître ? », « que dois-je faire ? », « que m'est-il permis d'espérer ? », « qu'est-ce que l'homme ? », l'auteur soutient que la rationalité à la fois théorique et pratique développée par Emmanuel Kant est parmi les véritables écoles d'apprentissage lorsque l'on veut comprendre le fondement et le fonctionnement rationnels de la pratique médicale relative à la relation médecin-patient.
Confondre « l'instauration du fédéralisme » en République démocratique du Congo et « la balkanisation » de ce pays est une boiteuse diversion pour détourner l'attention des populations de l'impasse généralisée dans laquelle il se trouve. Il y a urgence à faire de la République démocratique du Congo un État fédéral ; l'unitarisme et le centralisme du pouvoir d'État n'offrent plus de réponses politiques satisfaisantes : grande pauvreté, chômage des jeunes endémique, manque cruel d'infrastructures de base, exode rural massif, insécurité meurtrière et non maîtrisée, conflits interethniques interminables etc.
En démocratie, « moraliser la vie politique » tel que je l'entends ces derniers temps me pose question. On veut « moraliser la vie politique » au nom de la démocratie pour réconcilier les citoyens avec la politique, car l'on a constaté le désintérêt de la population pour la politique dû aux scandales à répétitions causés par ceux qui exercent les mandats publics.
Aujourd'hui dans notre société, s'interroger sur la signification que revêt le corps humain n'est pas une entreprise aisée ; car, la nature et la valeur du corps humain sont au centre des questions philosophiques fondamentales. Et actuellement une de ces questions concerne l'interrogation éthique sur les manipulations non thérapeutiques du corps humain par les technosciences parmi lesquelles la chirurgie esthétique.