Nicolas Kurtovitch
Nicolas Kurtovitch
La Grande Terre murmure ses secrets à ceux qui savent marcher et écouter. Quelque chose s’est passé nous entraîne sur les sentiers de la mémoire calédonienne, où chaque pas réveille des voix anciennes et des paysages chargés d’histoire.
À Lifou, il fait presque toujours beau. Et le soir, le sable resplendit dans la tendre lumière du couchant. Cela n'empêche pas certains de boire, de s'énerver et de hurler. Mais à Lifou, il pleut aussi, parfois. Alors, les nuages, lourds d'avoir été trop longtemps éloignés, crachent leur colère dans une orgie violente. Cela n'empêche pas certains de chanter et de danser. Et toujours, les roches noires se prélassent dans la mer complice.
En montagne enfin je suis heureux Rien à penser rien à entreprendre Que de suivre le rythme des plantes Celui des fleuves ou du soleil Tout simplement être tranquille en montagne Boire et digérer le monde entier Signé du lauréat du Prix poésie du Salon du livre insulaire d'Ouessant en 2003, du prix Antonio Viccaro en 2008, pour l'ensemble de son oeuvre poétique, et du prix Popaï en 2011, ce recueil de poésie est une réédition du titre éponyme paru en 1993. Il intègre une addition inédite : « Le vent soudain ». Découvrez la vidéo de présentation de ce livre ! http://youtu.be/Yx6kSS5G724
Des vies « sans défaite ni combat », dans tout ce que lordinaire peut offrir de merveilleux pour celui qui sait observer, ressentir et dire le moindre souffle, la plus infime palpitation. Nicolas Kurtovitch compose ici lun de ses recueils les plus personnels où souvenirs, contes et réflexions poétiques sentremêlent. Tisserand, il noue un à un les fils des mémoires et des instants vécus ou imaginaires pour nous dire limportance dêtre au monde en pleine conscience, de transmettre, de célébrer le pouvoir de la littérature et de lhumanité
Et cest ainsi que les hommes vivent. En Nouvelle-Calédonie et ailleurs. Caldoches, Kanaks. Des gens ordinaires liés par la famille ou lamitié. Des choses extraordinaires ou non tissent la vie : un procès pour meurtre, le travail quotidien, la fatigue, le souvenir amer dun passage à tabac, une danse, une marche dans la nature, la volupté dune baignade, lattente dun bateau pour emmener léternel exilé vers une terre rêvée. Et puis les rêves, les douleurs, les amours, lentraide, les peurs, ici comme ailleurs. Dans ce beau roman douloureux, Nicolas Kurtovitch plaide pour laccord entre humains et communautés qui partagent une même terre.
Troisième volet dune trilogie commencée avec « Goodnight friend » et « Les Heures italiques ». « Dans le ciel splendide » regarde vivre un groupe dindividus en un lieu, en un temps, face à eux-mêmes : les uns avec les autres et séparément, mus par la force des liens qui les unissent familiaux, amicaux, amoureux ou simplement humains -, la profondeur des questions ou réponses existentielles qui les traversent, et le drame des destins qui sentrecroisent dans la vie comme dans le rêve, et se retrouvent par-delà les frontières et les labyrinthes du monde et de lêtre, et au-delà de la mort-même. Nicolas Kurtovitch, dont lécriture dépasse les genres quil a tous visités poésie, nouvelle, essai, théâtre offre avec ce roman des témoignages de vies calédoniennes, afghanes, bosniaques ou tibétaines de Mouéaou, Dila, Jérémy, Johanna, Manuel, Léa, Camille, le sergent, Aten... et Théo, le patchwork dune humanité qui se cherche dans sa complexité, empreinte de cruelles tragédies et de douceurs aussi, où « vivre ensemble » semble finalement trouver son épilogue.
Commençant par lénigme dun rêve et se terminant par une parabole, Good night friend parle du tressage des cultures, de Kanaks qui aiment lopéra, de lexil hors des tribus, du vaa, de la terre qui est maintenant dans linconscient, mais aussi dêtre désormais de la ville. La ville vue à travers la métaphore de la prison de pierre qui enferme mais qui permet lamitié malgré les différences ethniques. Roman qui nous en dit beaucoup sur la Nouvelle-Calédonie et sur le lien familial fort qui englobe présents et absents, les ancêtres mais aussi ceux qui sont adoptés. Par petites touches, à la manière des impressionnistes, lauteur joue avec le «je» du narrateur qui devient comme un témoin et passe dun personnage à lautre. Il dévoile au fil du récit une sombre histoire denvoûtement avec meurtre et nous tire jusquau coeur des problématiques océaniennes attachées au nom et à la terre.
Les peuples dits « sans écriture » ne sont pas pour autant des peuples « sans lecture ». Bien au contraire, ces peuples aborigène, kanak, maohi , que lon a dit primitifs lisent. Ils lisent beaucoup et souvent, ils lisent en tout et partout. Ils savent lire ce que nous, gens de sociétés « modernes» et même « postmodernes » ne savons plus lire. La nature, dans toutes ses dimensions visibles et invisibles, est un inépuisable livre de lecture, une encyclopédie, une somme de connaissances. Pour les Anunga, le peuple «autour de Uluru », le Grand Rocher est lencyclopédie première et ultime, celle qui contient tout, là où tout est écrit, de lorigine du monde à lorigine du peuple, jusquà la fin de cette vie. Il y a, écrit sur ce Rocher, dune façon que je ne sais pas lire, le devenir de chacun des Anunga et de chacun dentre nous. Les Anunga savent lire la nature, tout simplement, et cest une capacité sans limite, un trésor que nous avons essayé dapprocher en faisant, à notre tour, la marche de la connaissance et de la rencontre.