Nicolas Idier
Nicolas Idier
« Ici-bas, il suffit d'un coup de pioche pour tomber sur un mort ou un coffre rempli d'or. Delhi n'est pas une ville, mais un réservoir, une arrière-cuisine, un débarras, une île au trésor. » Dans les souterrains de Delhi, une enfant disparaît. Son portrait envahit les murs de la ville, accompagné d'un mot peint en lettres gigantesques : HYPERKARMA. Promesse d'une « pure nation » ou crime contre ce que l'humanité a de plus précieux ? Sita, une jeune avocate rebelle, ouvre l'enquête.
Un roman drôle, grave et actuel, qui nous nous rappelle que la politique est un voyage au fond de soi-même. Alors qu'en désespoir de cause, des migrants escaladent des éoliennes dans le nord de la France, au premier étage du 57, rue de Varenne, un conseiller technique à bout de nerfs tente en vain d'écrire le discours qui sera prononcé le lendemain par le Premier ministre. Que peuvent les mots face à la souffrance de ces rescapés du pire ? À mesure que la nuit s'épaissit, le réel et le rêve s'enchevêtrent, jusqu'au vertige... Nicolas Idier entraîne son lecteur dans une spirale romanesque au rythme effréné. Tantôt " enfer ", tantôt " lessiveuse ", habité de fantômes illustres et de marabouts en tout genre, Matignon devient sous sa plume le grand révélateur des caractères. Une insomnie tendre et truculente, qui nous fait accéder à la dimension intime de l'expérience politique.
« Pendant que nous buvons le vin blanc acidulé des vignobles de Nashik, je récite ces deux vers du poète et rabbin Yehuda Halevi : « Mon coeur est en Orient et moi au bout de l'Occident. » Je lui raconte la Chine, le Japon, l'Asie du Sud-Est, une histoire familiale liée au passé colonial français, mon grand-père magistrat en Indochine, l'enfance de ma mère sur la baie d'Ha Long, mes études chinoises, mon recrutement surprise par le quai d'Orsay, ces années à Pékin à me tenir le plus loin possible d'une politique verrouillée par le maoïsme - et ce n'était que maintenant que je m'apprêtais à résoudre l'équation : j'avais été longtemps ce « jeune homme bien élevé » mais j'avais besoin du danger pour me sentir vivant. Je me surprends à me comprendre moi-même, à enfin saisir le mouvement qui me fait et me défait.Je réfute cette consigne de prudence suivant laquelle un diplomate ne doit pas s'identifier par trop avec les heurs et malheurs du pays où il est accrédité. Je pense à l'inverse : dans le grand gouvernement des sensations et de l'inconscient, la seule manière de comprendre est de plonger dans les profondeurs. De courir tous les risques. » Dans les rues étouffantes de Delhi, Ahmedabad et Bombay, dans les villages reculés du Bengale ou dans le désert du Thar, l'auteur poursuit des énigmes : qu'est-ce qui pousse un jeune homme bien élevé à partir toujours plus loin de là où il est né, toujours plus avant dans la tanière du tigre ? Pourquoi entraîner sa famille dans une aventure dont on ignore l'issue ? Comment vivre dans la violence assourdissante du monde, et continuer d'aimer ? De son amitié nouée avec l'écrivain et militante Arundhati Roy naissent des dialogues à bâtons rompus, des rencontres intenses avec la jeunesse engagée d'un pays, des souvenirs d'une autre jeunesse, brûlante et insomniaque, dans les nuits de Pékin.
Je marche tous les jours, par tous les temps, même les nuits pluvieuses. Les villes d'Asie ne dorment jamais à poings fermés. Moi non plus, depuis le jour-sans-nom. Pékin me convient. Mes insomnies trouvent là un terrain idéal. Je ne m'endors qu'au petit matin, quand le ciel blanchit. Liu Dan lui aussi travaille la nuit, dans son grand atelier dans l'Est, en haut d'un gratte-ciel. Il lit beaucoup, se laisse imprégner par certaines pensées, se dégage du temps, de la ville, des inconvénients. Il ne craint pas d'être seul. La solitude lui permet d'avancer dans la direction qui lui sied. Il avance, et peint ce qui est, déjà, la Renaissance de la Chine, après une longue période d'ombre. Ce qui ne va pas sans changement majeur. L'art n'est pas un domaine refermé sur lui-même, et Liu Dan, qui n'a que faire de politique, prépare évidemment la révolution des profondeurs : la révolution des pierres, triomphante car sans but, sans dessein, et patiente. Liu Dan est le peintre des pierres intérieures. Celles qu'on ne peut ni saisir ni briser.
Je marche tous les jours, par tous les temps, même les nuits pluvieuses. Les villes d'Asie ne dorment jamais à poings fermés. Moi non plus, depuis le jour-sans-nom. Pékin me convient. Mes insomnies trouvent là un terrain idéal. Je ne m'endors qu'au petit matin, quand le ciel blanchit. Liu Dan lui aussi travaille la nuit, dans son grand atelier dans l'Est, en haut d'un gratte-ciel. Il lit beaucoup, se laisse imprégner par certaines pensées, se dégage du temps, de la ville, des inconvénients. Il ne craint pas d'être seul. La solitude lui permet d'avancer dans la direction qui lui sied. Il avance, et peint ce qui est, déjà, la Renaissance de la Chine, après une longue période d'ombre. Ce qui ne va pas sans changement majeur. L'art n'est pas un domaine refermé sur lui-même, et Liu Dan, qui n'a que faire de politique, prépare évidemment la révolution des profondeurs : la révolution des pierres, triomphante car sans but, sans dessein, et patiente. Liu Dan est le peintre des pierres intérieures. Celles qu'on ne peut ni saisir ni briser.
Pendant que les gratte-ciel jaillissent à l'horizon et que les métros creusent d'immenses galeries souterraines, ils rêvent, le regard tourné vers les étoiles. Ils vivent une vie parallèle, rythmée, rapide, brutale, tantôt extrêmement joyeuse tantôt incroyablement triste. Ils sont poètes, rockers, amoureux. Ils ne dorment jamais, boivent trop, courent à en perdre haleine sur des trottoirs déserts. Parmi eux, Feng Lei, garçon sauvage revenu à Pékin malgré les cicatrices du passé, Sam, la plus jolie fille des nuits électriques, et Xiaopo, sosie de Mao devenu chauffeur de taxi. Pour échapper aux fantômes, il faudra aller vite et ne pas avoir peur. C'est une histoire qui se passe aujourd'hui, en Chine. L'histoire de la nouvelle jeunesse.
Pendant que les gratte-ciel jaillissent à l'horizon et que les métros creusent d'immenses galeries souterraines, ils rêvent, le regard tourné vers les étoiles. Ils vivent une vie parallèle, rythmée, rapide, brutale, tantôt extrêmement joyeuse tantôt incroyablement triste. Ils sont poètes, rockers, amoureux. Ils ne dorment jamais, boivent trop, courent à en perdre haleine sur des trottoirs déserts. Parmi eux, Feng Lei, garçon sauvage revenu à Pékin malgré les cicatrices du passé, Sam, la plus jolie fille des nuits électriques, et Xiaopo, sosie de Mao devenu chauffeur de taxi. Pour échapper aux fantômes, il faudra aller vite et ne pas avoir peur. C'est une histoire qui se passe aujourd'hui, en Chine. L'histoire de la nouvelle jeunesse.
Oeuvre de deux jeunes écrivains de grand talent, aux univers originaux et distincts, cette confrontation fraternelle d'expériences intimes et littéraires, mêlant fiction et récits personnels, entraîne le lecteur d'Haïti à Pékin, de Delhi à Paris, dans la mémoire des lieux et la fragilité des vies. Makenzy Orcel et Nicolas Idier se sont rencontrés à Pékin en 2012, revus à Paris. Après plusieurs années, ils se retrouvent à Calcutta. Ils ont mille choses à se raconter : l'amour de leurs mères, la naissance de leurs enfants, leurs projets d'écriture, leur révolte contre toutes les formes d'injustice, les grandes amitiés qui leur donnent le courage d'écrire, les visages et les drames des peuples qui font la vérité du monde. L'un vit entre Port-au-Prince et Paris, l'autre entre Pékin et Delhi, mais ce soir-là, ils sont assis au bar d'une boîte de nuit. De cette rencontre improvisée surgit l'idée d'écrire un livre qui réunisse deux voix des littératures française et haïtienne dans la sincérité absolue d'un échange sans tabou. Oscillant entre roman, poésie, essai et confidences, par-delà toutes les catégories, ce texte magnifique traverse les frontières et les continents pour atteindre à l'universel.
Quand Eugenie Davis meurt écrasée dans une rue de Londres - le chauffard ayant pris soin d'achever sa victime en repassant sur le corps en marche arrière -, l'inspecteur Lynley est chargé de l'enquête. Les suspects du crime - car à l'évidence c'en est un - sont nombreux. Parmi eux un certain J.W Pichley, nom de code Langue de Velours, doué d'un penchant certain pour les femmes mûres ; Katja Wolff, Jadis condamnée à vingt ans de prison pour avoir assassiné la fille de la victime et récemment libérée sous condition ; ou encore le major Ted Wiley, libraire amoureux d'Eugenie. Tandis que ses fidèles subordonnés, Barbara Havers et Winston Nkata, suivent ces pistes, l'inspecteur Thomas Lynley s'intéresse de près au fils de la victime, Gideon Davies, enfant prodige devenu violoniste virtuose, soudain - et inexplicablement - incapable de tirer la moindre note de son instrument. Les enquêteurs ont tôt fait d'établir un lien entre les événements récents et les faits tragiques survenus dans le passé de la famille Davies. Ces affaires sont imbriquées, sans aucun doute possible. Et la solution se trouve probablement dans l'enfance de Gideon...