Murielle Gagnebin
Murielle Gagnebin
Je suis au Kingdom, coin Saint-Laurent Sainte-Cath. Mindy et Trevor analysent mon corps avec leurs mains en glu. Nikky est belle. Plus belle que moi. Plus fluide que moi. Je tombe partout. Je ferme les yeux, j'ouvre les yeux. On est le 6 juin 2012. Je suis à l'hôpital Notre-Dame. On m'apprend que j'ai une tumeur en nuage dans mon tronc cérébral. Je ferme les yeux, j'ouvre les yeux. Je suis à New York. Devant la cage des fennecs, au zoo de Brooklyn. J'obtiens une permission spéciale pour pouvoir les flatter. Je ferme les yeux, j'ouvre les yeux. Je vois l'Autriche, je rencontre Ulrich Seidl. Il me parle de son prochain film. Je ferme les yeux, j'ouvre les yeux. Je suis dans un show noise avec les dudes de Granular Synthesis. Je ferme les yeux. Je garde les yeux fermés longtemps. Je ne ferai rien de tout ça. Dimanche je vais aller au Beautys avec les amis boire un milkshake Cookies & Creme. Ça, je le ferai. Les yeux ouverts, grands.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
L'oeuvre psychanalytique de M. de M'Uzan se présente comme un réel système orienté par des notions originales, à la fois cliniques et théoriques. Sont abordés l'interprétation, la mémoire conçue comme un réquisitoire permanent, la mort et le travail du trépas qu'elle insuffle ou encore les mécanismes de la création artistique.
L'art de la feintise ou l'inconscient au banc d'essai de la peinture, du cinéma, de la littérature et de la clinique psychanalytique. Comment les instruments de la psychanalyse permettent-ils de faire la différence entre une oeuvre vraie et une oeuvre fausse ? Mais pour qui sait lire en qualité de psychanalyste, l'inauthenticité est aussi révélatrice. La véracité qui surgit au travers du travail artistique et clinique d'interprétation montre comment la falsification, en passant par des outrances ou par une rhétorique de la litote, se piège elle-même. Les exemples cités relèvent autant de la peinture, du cinéma que de la littérature, mais il s'agit d'une lecture psychanalytique ...
À un moment bien précis de son élaboration, l'oeuvre d'art n'est plus dirigée par l'artiste lui-même mais par une entité autre, que Murielle Gagnebin dénomme Ego alter. L'auteur en traque le dévoilement qu'elle aborde par la notion psychanalytique de projection avec son cortège de régressions et de dépersonnalisations. Ceci, à travers des oeuvres littéraires (Rousseau, Artaud, Walser, des Forêts, Bonnefoy, Barthes), des oeuvres plastiques (Van Gogh, le surréalisme, les frères Van Velde, et des peintres contemporains) et des cinéastes, tels Eustache, Sokurov, Van der Keuken. Ces terres insolites ne sauraient être confondues avec le domaine du rêve, dont M. Gagnebin analyse les multiples fonctions, à même des films. L'auteur s'interroge sur les éclipses de cet Ego alter avec Beckett, Amiel, et Angelopoulos. Centrée sur certaines « peintures noires » emblématiques, la fin du livre permet à M. Gagnebin d'étudier les « interdits » adressés à cet Ego alter.
Deux façons de s'amuser avec cet imagier ! On tourne les pages pour découvrir des animaux et des objets. Ou on commence par la fin et on cherche ce qui a disparu dans la page précédente. Un chien, un chapeau, un collier...
L'auteur propose ici un modèle inédit d'interprétation de l'art centré sur le conflit psychique inhérent à chaque oeuvre. Est ainsi promue une vraie poïétique de la perturbation. De la théorie aristotélicienne de la création, l'auteur retient le jeu des quatre causes qu'elle renouvelle à la lumière des propositions freudiennes et post-freudiennes. C'est-à-dire que le capital pulsionnel, le degré de bisexualité, la capacité à élaborer deuils et choix, enfin l'emprise sur le matériau sont désormais les figures analytiques auxquelles répondent secrètement les oeuvres d'art. Considérés avant tout comme des créatures vivantes, films, tableaux, images dites virtuelles ou de synthèse sont donc à la fois des individus organisés et dotés d'une structure psychique précise et des personnes possédant un destin. Conviée en ces lieux où l'oeuvre dévoile sa vulnérabilité, l'exégèse s'attelle à travailler au bord du gouffre, là où l'art à tout instant risque de se perdre, n'était ce le recours à ce que l'auteur nomme une « greffe métaphorisante » : Antonioni et sa conception du vide, Fincher et le fétichisme, Kurosawa et l'irreprésentable, Lynch et les figures de l'excès, tels sont quelques territoires de l'expérience ici menée. « Montées » sur les paroles du patient, les interprétations psychanalytiques permettent en outre à l'auteur de développer une herméneutique de montage pour le moins intrigante, tandis que certaines données princeps du cinéma viennent comme enrichir ce moment si crucial de la cure.
Le conflit psychique impliqué dans la création artistique est ici analysé à travers les éléments plastiques et amène à repenser la question classique de l'illusion créatrice. Ruses, pièges, leurres mettent à l'épreuve l'artiste et son public. La vision participe donc d'un scandale en ce qu'elle révèle un inassimilable, une sorte d'excès. C'est de ce reste, commandant l'inquisition de regards désormais actifs, qu'il est traité chez des peintres (Cranach, Titien, Zurbaran, Picasso, Cy Twombly, A. Kiefer), des dessinateurs et des graveurs (M.-C. Escher, P. Klossowski, A. Rainer), des cinéastes (Visconti, Bresson). L'oeuvre d'art livre une figuration formellement héritée d'Aristote mais revisitée par la psychanalyse où les mécanismes de la bisexualité, du deuil, de la perversion et de l'emprise, apparaissent susceptibles de se laisser codifier. Sur horizon analytique, une éthique de l'art se profile...
Avec le mélange intime de fantaisie et d'autorité qui lui est propre et en allant au plus pressé, Michel de M'Uzan s'explique dans ce recueil sur la nouvelle théorie qu'il a élaborée au long de ses travaux et proposée à la psychanalyse. Il fait jouer son apport conceptuel sur fond de "fable" développementale, recherche une cohérence spatiale, temporelle et économique dans la théorie et chez le psychanalyste lui-même - cohérence dont il se moque avec une belle insouciance quand, par ailleurs, il avance en explorateur sur le territoire, incohérent par nature, des frontières changeantes de l'être. Et parfois, ces frontières donnent à voir des paysages qu'on ignorait. Quand le "jumeau paraphrénique" voyage en terra incognita sur les ailes de la "chimère"... L'inquiétude, là, est l'outil nécessaire à l'acte analytique. Les textes, qui datent pour la plupart de ces dernières années et dont certains sont inédits, se poursuivent avec un Glossaire des notions de psychanalyse introduites ou critiquées par l'auteur - dû à la rigueur attentive de Murielle Gagnebin.
Avec le mélange intime de fantaisie et d'autorité qui lui est propre et en allant au plus pressé, Michel de M'Uzan s'explique dans ce recueil sur la nouvelle théorie qu'il a élaborée au long de ses travaux et proposée à la psychanalyse. Il fait jouer son apport conceptuel sur fond de "fable" développementale, recherche une cohérence spatiale, temporelle et économique dans la théorie et chez le psychanalyste lui-même - cohérence dont il se moque avec une belle insouciance quand, par ailleurs, il avance en explorateur sur le territoire, incohérent par nature, des frontières changeantes de l'être. Et parfois, ces frontières donnent à voir des paysages qu'on ignorait. Quand le "jumeau paraphrénique" voyage en terra incognita sur les ailes de la "chimère"... L'inquiétude, là, est l'outil nécessaire à l'acte analytique. Les textes, qui datent pour la plupart de ces dernières années et dont certains sont inédits, se poursuivent avec un Glossaire des notions de psychanalyse introduites ou critiquées par l'auteur - dû à la rigueur attentive de Murielle Gagnebin.
Pourquoi la critique psychanalytique a-t-elle été si longtemps imparfaite pour traiter du cinéma qui pourtant lui faisait la part belle? Nés quasiment avec le siècle, psychanalyse et cinéma entretiennent malgré tout d'innombrables relations : on parle, ici, comme là, de séance, d'activités fantasmatiques démultipliées, d'identifications à l'analyste ou au héros, de projections - qu'elles soient paranoïdes, défensives, primaires ou d'un 16 mm, voire d'un Super 8... Le cinéma met volontiers en scène des personnages représentant des psychanalystes ou des psychiatres, le patient parle de son « film » quand il évoque un rêve, pour certains analystes le premier « écran blanc » est le sein maternel et nombreux sont les films qui tentent de restituer un matériel onirique. Or, l'inconscient paraît jouer des tours à l'emprise herméneutique, lorsque celle-ci s'applique au cinéma. Leurres, chausses-trappes sembleraient duper le rapport du cinématographique et du psychanalytique, chacun comme pris dans un kaléidoscope vertigineux et de fausses ressemblances.Ce livre tente ainsi de capter à nouveau l'essence si particulière du cinéma à la faveur de divers éclairages psychanalytiques.
Tout affrontement ne procéderait-il pas d'un malentendu ? Celui-ci ne résiderait-il pas dans le sujet lui-même, dans ses drames intérieurs? La notion d'affrontement est très loin de pouvoir être ramenée à la seule mise en face à face de sujets, d'entités, de pensées, d'idéologies. Cette notion complexe englobe tout spécialement la jalousie, en réservant une place à l'incertitude : sujet/objet, dedans/dehors, aujourd'hui/autrefois. Cela se vérifie dans le champ des images aussi bien picturales, théâtrales, cinématographiques, musicales que verbales. Des images de l'affrontement à l'affrontement des images, tel est le cheminement, à la fois esthétique, philosophique et psychanalytique, de ce livre. Dès lors, les termes de déconstruction, de démembrement, de démantèlement, élevés au rang d'instruments, et s'exerçant dans le champ strict de l'image, engagent une fécondité révolutionnaire.
Il y a des images propres à représenter la honte et, à côté, des images éhontées, enfin des images qui éprouvent, en leurs plis, la honte. Dira-t-on que notre culture se plaît à jouer avec l'impudeur, l'opprobre, l'abjection? Cherche-t-elle à les piéger ou à les exalter? Que signifie la tentation du snuff movie: ces films «interdits» qui veulent capter le travail du trépas sur les visages ou dans les postures ultimes, et ainsi porter atteinte à ce qui est au plus profond de l'être, à l'identitaire?Aux multiples domaines de l'art s'appliquent les diverses interrogations propres aux sciences humaines: histoire des mentalités, esthétique, psychanalyse.
Les images limites gagnent une importance cruciale dans les différents domaines de l'art (littérature, poésie, peinture, théâtre, cinéma, vidéo, etc.) chaque fois que s'y affirment les problématiques du seuil, de l'entre-deux, de la béance, du manque, de la disparition comme de la butée. De surcroît, camper sur les limites est aussi l'occasion de vertiges, parfois inquiétants. Sont interrogés l'originel (nuit utérine, scène primitive), propre à conférer sa temporalité à l'image des tout débuts, et l'originaire qui en marque le fondement structural. Les bornes de l'image, lieux tantôt de néo-création, tantôt épreuves du désert, retiendront l'attention.
Five ghost stories, published in 1920, by the early twentieth century master of ghostery.
Ce recueil rassemble des textes sur The Handmaid's Tale, le roman de Margaret Atwood inscrit aux programmes 1999 du CAPES et de l'Agrégation d'anglais, sous la plume des meilleurs spécialistes de la littérature canadienne d'expression anglaise, qu'ils soient en Angleterre, en Australie, au Canada ou en France. Le fil rouge de cet ouvrage est d'analyser les jeux de pouvoir, qu'il s'agisse du pouvoir politique des oppresseurs dans des régimes totalitaires, des théocraties ou des dictatures, ou du pouvoir machiste dans un monde dominé par les hommes et où le corps féminin est aussi enjeu de pouvoir. Certes l'exploitation de la femme, sa démarche de libération, l'écriture du corps tiennent une place centrale dans le roman. Mais c'est plutôt des stratégies narratives et du pouvoir subversif de l'écriture dont nous avons voulu parler. Ainsi les liens entre narratrice et lecteur/lectrice, entre réalité et fiction ont pour principale valeur d'être stratégie de libération. Le jeu des affirmations déconstruites, niées puis reconstruites exprime le combat pour la survie, contre le désarroi et l'oppression. Le seul parcours établi par le texte est bien celui de la démarche de résistance et de libération dans le jeu du pouvoir grâce à la puissance du verbe. La lutte pour le pouvoir a pour corollaires obligés la lutte contre la violence et le combat pour la liberté.
On June 6, 2012, Vickie Gendreau was diagnosed with a brain tumour. In between treatments, between hospital stays and her "room of her own," she wrote Testament, an autofictional novel in which she imagines her death and at the same time, bequeaths to her friends and family both the fragmented story of her last year and the stories of the loved ones who keep her memory alive, in language as raw and flamboyant as she was. In the teasing and passionate voice of a twenty-three-year-old writer, inspired as much by literature as by YouTube and underground music, Gendreau's sense of image, her relentless self-deprecation, and the true emotion in every sentence add up to an uncompromising work that reflects the life of a young woman who lived without inhibitions, for whom literature meant everything right up until the end. In this way, Testament (translated by talented writer and translator Aimee Wall), inverts the elegiac, "grief memoir" form and plays with the notion of a last testament, thereby beating any would-be eulogists to the punch.