Michel Rachline
Michel Rachline
Paris, années folles : Seigneur Titi, surnommé ainsi par Joseph Kessel, incarne l’audace et la générosité. De l’exil russe à la Résistance, son destin flamboyant se lit comme un roman d’aventures et d’amitiés.
1904, Russie tsariste. Katia, 17 ans, voit son monde basculer quand les pogroms forcent cette jeune Juive à fuir son village, son bébé dans les bras.
La psychanalyse ne soigne ni ne guérit d'abord mais révèle à lui-même celui qui honore en elle une science, un art. Voilà comment l'auteur définit sa démarche qui, plus qu'une thérapie, devient le miroir de son histoire et un voyage intérieur. Il nous livre ses profondeurs au détour de ses souvenirs, de ses quêtes amoureuses, de ses amitiés ou de ses obsessions de créateur, démontrant comment et combien son expérience analytique a donné à sa vie une densité et un sens différents. Deux idées-forces se dégagent : la psychanalyse ne ressemble pas à l'image qu'en donnent les psychanalystes. Leur langage est obscur, celui de Freud lumineux. Ensuite, la psychanalyse convient à tout le monde et non pas seulement aux névrosés. Expérience intellectuelle unique, « sport suprême de l'esprit », c'est en tout cas ici un témoignage d'une grande sensibilité qui nous réapprend que « le bonheur n'est nulle part ailleurs qu'en soi ».
Un voyageur, désireux de prendre quelques jours de vacances, se rend dans la petite île de Torcello, au large de Venise. Il loue une chambre dans la maison d'un jeune batelier qui lui confie un manuscrit. C'est alors que surgit, à la faveur de cette lecture, un troisième homme, personnage de légende s'il en est : Don Juan... Une relation se noue : tendre et passionnée entre le voyageur et le batelier, tragique entre le voyageur et Don Juan. Au fond d'étranges péripéties, Don Juan va bouleverser la vie du batelier et du voyageur et les entraîner en une longue quête initiatique vers toujours plus d'exigence et de risque amoureux, toujours plus d'infernale nouveauté. Peu à peu, Don Juan découvre au lecteur son véritable visage : celui de la vie et de la mort, celui du bien et du mal. Et, au bout du chemin, miroite, énigmatique, le Dernier Océan, cet espace indéfinissable dans lequel se jette tout homme qui a trop usé de la vie : selon les cas, on l'appellera la mort, ou bien Dieu. Avec une force et un lyrisme constamment mêlés, avec une terrifiante audace morale, Michel Rachline ravive le soufre et le souffle d'un de nos plus vastes mythes...
La génération des Expressionnistes allemands (1910-1923) fut masculine. Une seule femme parmi eux : Else Lasker-Schüler. Sans doute les Français connaissent-ils Gottfried Benn, ou le génial metteur en scène Max Reinhardt. Else Lasker-Schüler, elle, demeure à ce jour complètement ignorée dans notre pays. Pourtant, dans les manuels de littérature allemands, son nom figure à l'égal de Goethe, et elle y est célébrée comme le plus grand poète lyrique de l'Allemagne. Pauvre, solitaire, juive, Else Lasker-Schüler incarna la vie de bohème qui caractérise le Berlin artistique de la grande époque. Elle a mené une vie extraordinaire, de café en café, de pays en pays, à travers les éblouissants excès du génie et du charme ; car cette femme, laide, fut une grande amoureuse. À soixante-dix sept ans, elle séduisait encore un jeune homme... Dans ce livre, se projette sur l'écran des pages la vie tourbillonnante de la ville expressionniste ; les nuits folles d'un Berlin où les chanteuses avaient nom Marlène Dietrich, et les comédiennes Pola Négri ou Carola Neher ; où l'art universel prenait le visage de Kandinsky et de Klee ; où les écrivains se nommaient Alfred Dblin et Gottfried Benn... Une époque vraiment magique dont les héros furent, non seulement cette femme et ces hommes, mais encore une ville : Berlin.
Une vieille femme passe, place Clichy ; la grande Paula, elle s'appelle ! Une fillette lui tient la main. Seuls quelques initiés le savent : c'est un travesti crapuleux et tendre, père de la fillette. La vieille homme a un amant, le beau Magueule, un des rares héros de romans à posséder un petit sexe et à en être fier ! Boxeur pour vous servir, Magueule, parce que la boxe, ça vous remet en place la virilité. Pourtant, le vrai homme des deux, c'est plutôt le travesti. La vie est ainsi faite à Paris, place Clichy. Des personnages inoubliables s'y croisent : Véra la chanteuse, Kao le roi nègre, Nono qui va mourir, Colette chef d'une bande de filles... Des coeurs sauvages battent la mesure des fausses passions, des fausses amours. Une violente atmosphère sexuelle attire les garçons vers les hommes, les hommes vers les femmes, recrée les âmes, redessine les apparences. Dans ce monde, les seules héroïnes sont des femmes. Elles savent comme il est dur d'aimer un homme...
Un Juif libre est un homme indépendant du judaïsme périmé. Un Juif libre est très proche des Chrétiens, car il entend la voix prophétique du Christ juif. Un Juif libre refuse la malédiction, la souffrance, le sionisme. Un Juif libre chante les vraies beautés du judaïsme, qui concernent tous les hommes.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
L'auteur du « Bonheur nazi » et de « Un Juif libre », a écrit une longue réflexion sur sa mère (morte au moment de la parution de « Un Juif libre ») et sur soi-même, après les remous provoqués par la parution de cet ouvrage à forte polémique. La plume de Michel Rachline se fait ici tendre, mélancolique, et laisse entendre des accents auxquels l'auteur nous avait peu habitués, accents de tristesse, mais aussi de bonheur dû à l'équilibre gagné sur les mésaventures d'une vie déjà bien remplie. S'il fallait absolument situer cet ouvrage dans la tradition littéraire française, nous dirions que la première partie, consacrée à sa mère, peut s'inscrire dans la ligne du « Sido » de Colette, tandis que la seconde partie évoque certains textes de Jouhandeau, par la qualité de l'écriture et la hauteur de la réflexion.
La Métropole du Froid, c'est la formule utilisée par Hippocrate, le grand médecin de l'Antiquité, pour désigner le cerveau humain. Ces termes lumineux sont appliqués par Michel Rachline à l'univers dans lequel nous vivons, au sens propre et au sens figuré. Au sens propre, il s'agit des villes, où les gens ressemblent à des spectres, où le mensonge l'emporte sur une vérité absente. Au sens figuré, Michel Rachline évoque la banquise des sentiments, la neige qui recouvre les coeurs et les esprits, le brouillard à travers lequel nous sommes tenus de naviguer sans la boussole de l'amour, de la simple amitié ou d'un seul regard compréhensif. Il n'est pas rare que cette vie rende fou. Ce livre est le voyage d'un homme, l'auteur, dans la métropole du froid, sa vie. A dessein, Michel Rachline a mêlé le quotidien et l'inaccessible, le matériel et le spirituel, la vérité et l'illusion. Il n'est pas question de roman, puisque tout est vrai dans ce livre, bien que tout y soit faux, ou inventé. Essai, polémique, brûlot ? Rachline, s'il ne crie pas, parle fort. Dans son oeuvre, après Le Bonheur nazi, Un Juif libre, quelques romans et beaucoup de poésie, La Métropole du Froid marque une pause ; il s'agit d'une réflexion dont ne sont absents ni l'horreur ni le bonheur, ni l'homme ni la femme ; cette pause le conduit à s'interroger discrètement sur le sens même de sa propre existence, de la nôtre, jetées dans la métropole du froid qu'est - que serait - la vie de chacun sans les autres et après tout sans... Dieu.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Tendre Banlieue » c'est, d'abord, l'histoire de Nono, un petit mec de Saint-Ouen fou de voyages. La grande aventure commence à Saint-Ouen, passe par Arcueil, Saint-Denis, Clichy ; toute une banlieue violente et douce qui existe encore, qui existera toujours, car elle est le coeur de Paris, Paris but suprême de Nono, Paris qu'il quittera tout de même après avoir tenté de le conquérir pour finir à Saint-Denis, où ses amours sont mortes, où son âme s'est perdue, mais, sur cette terre, avant de sauver son âme il faut nourrir son corps. Les hôtels de passe, les filles ; les prostitués de tous sexes, la banlieue, ses charmes et ses poisons, Pigalle, les trains, le métro et même Berlin, une chanteuse des rues, un petit bonhomme qui devient grand, une grosse maquerelle, une usure des sens, voilà Tendre Banlieue, si cruelle à ceux qui y vivent, si tendre à ceux qui s'en souviennent. On y retrouve des parentés avec l'univers de Mac Orlan, de Carco, de Prévert, mais l'originalité du livre, c'est sa morale : que les meilleurs perdent !
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Elle était toujours très belle, avec une peau transparente, des yeux inoubliables, des belles mains et des jambes si longues pour une femme si petite, à peine un mètre soixante... » En 1977, âgée de soixante-seize ans, Marlene Dietrich demeure une star internationale. À Berlin, Londres, New York, Paris, elle est acclamée par tous. Lorsqu'elle entreprend la rédaction de ses Mémoires, elle engage Norma Bosquet pour l'assister. De 1977 à 1992, date de la mort de l'actrice à Paris, Norma fut sa secrétaire, son infirmière puis son amie. Ce n'est pourtant pas dans ses Mémoires que l'on trouve la vraie Marlene Dietrich, mais bel et bien dans les confidences de Norma Bosquet ici rassemblées. Les rapports de Marlene avec ses amis, ses amants - parmi lesquels Jean Gabin, peut-être son plus grand amour -, son caractère difficile, voire insupportable, et ses rapports tendus avec sa fille ne sont point passés sous silence. Et Norma Bosquet se délivre enfin du terrible secret qu'elle porte depuis la mort de Marlene. Un livre clé sur une des plus fascinantes personnalités du xxe siècle, incarnation du mythe de la femme fatale.