Marie-christine Lemardeley
Marie-christine Lemardeley
Mémoires perdues, mémoires vives : de la crypte de Dracula aux lieux de mémoire joyciens, du chien des Baskerville à l'écriture muséographique de Seamus Heaney, du modernisme (Gertrude Stein) au postmodernisme américain (John Barth), ce volume explore les territoires entre le blanc de l'oubli et les traces du passé dans la littérature et les arts visuels (peinture, sculpture, photographie, land art) du monde anglophone (XIXe-XXe siècles).
L'art autarcique existe-t-il ? Tout art n'est-il pas un art dans l'art ? À partir d'études sur la littérature anglophone des XIXe et XXe siècles, les auteurs de ce volume s'interrogent sur les différents modes de présence d'un art dans un autre : citation, montage, appropriation, greffes, etc. Parmi les formes d'interaction examinées : le tableau dans le tableau, la photographie et la musique dans l'écriture, l'architecture et la sculpture dans le roman, le poétique travaillé par le pictural, les résonances littéraires, picturales ou théâtrales de l'art cinématographique.
Ce qui nous est offert ici est une glorieuse galerie de monstres : une naine difforme, un père infanticide souffrant de manie dépressive, un tueur en série amputé d'un bras, un consul presque aveugle, une obèse avachie ou un grand blessé accidenté de la route traversent joyeusement ces pages en compagnie de Sade, de Dracula, et de bien d'autres. Cette grande fantasmagorie du corps difforme ou mutilé justifiait sans doute qu'un ouvrage fut consacré à l'inhumain dans la littérature anglaise et américaine des XIXe et XXe siècles.