Marie Ménoret
Marie Ménoret
Ce livre présente une synthèse des recherches sociologiques sur la médecine et l'expérience du cancer menées par Marie Ménoret pendant une trentaine d'années. Il répond aux grandes questions de la sociologie de la médecine et de la santé : médecine de prévention, dépistage, inégalités sociales dans l'accès et dans les parcours de soin. Il traite aussi des relations entre patient·es et soignant·es, de la production des savoirs ou encore des effets des traitements médicaux.L'ouvrage aborde la notion d'autonomie des patient·es et de ses usages dans le champ de l'oncologie. À partir d'enquêtes sur le dépistage des cancers du sein et de l'ovaire, il interroge les effets potentiellement destructeurs de la recherche oncogénétique sur les patientes et examine la controverse sur l'usage systématique de la mammographie. Enfin, il questionne la définition médicale de la guérison et comment la notion d'incertitude s'est imposée dans la médecine contemporaine.Ce livre s'adresse aux enseignant·es, aux chercheur·es en sociologie et aux professionnel·les de santé. Il offre aussi un éclairage précieux à celles et ceux ayant fait ou faisant l'expérience de près ou de loin du cancer.Sociologue de la médecine et de la santé, Marie Ménoret a été maîtresse de conférences à l'université de Caen, puis à l'université Paris 8. Elle avait fait de son expérience de la maladie un objet de recherche. La maladie l'ayant rattrapée en 2019, ce livre est publié à titre posthume.
Les questions de la maladie et de la santé sont parmi les plus vives aujourd'hui. Elles se posent au croisement des préoccupations individuelles et d'un débat public qui, outre une remontée assez faible des points de vue exprimés par les « clients » du système de soin, ne tend que trop à s'enclore dans des cadres soit biologiques et techniques, soit politiques et gestionnaires. Alors même que le système de santé est appelé à évoluer, il est essentiel, à l'appui des décisions à venir, de clarifer les diverses dimensions et implications sociales de ces questions majeures.C'est ce à quoi s'emploie, avec une ampleur inédite, le présent ouvrage. S'appuyant sur une très vaste littérature, principalement anglo-saxonne et française, il propose une lecture sociologique particulièrement éclairante, structurée autour de trois grands thèmes (institutions, professions, maladies) et fournit tout l'outillage conceptuel prescrit pour penser le lourd et complexe processus de médicalisation à l'oeuvre dans nos sociétés.Cette synthèse critique remet aussi en perspective le rôle des divers acteurs médicaux et paramédicaux ainsi que celui des nouveaux protagonistes apparus dans l'arène sociale de la santé - qu'ils soient issus du monde politique, du journalisme ou de l'univers associatif.Cet ouvrage constituera une référence, un outil de travail et un support de réflexion pour les universitaires (enseignants, chercheurs et étudiants en sciences sociales et en médecine) comme pour l'ensemble du public soucieux d'affronter en connaissance de cause les mutations du monde de la médecine, de la maladie et de la santé.Danièle Carricaburu, Maître de Conférences en Sociologie à l'Université de Rouen, est chercheure au GRIS/Rouen et chercheure associée au CERMES/Paris.Marie Ménoret, Maître de Conférences en sociologie à l'Université de Caen, est chercheure en délégation au CNRS, et affiliée au CERMES (EHESS, INSERM, CNRS). L'institution hospitalière. Les fonctions sociales de l'institution hospitalière. L'hôpital comme organisation. L'activité médicale : des professionnels et des patients. Le médecin : contrôleur social ou entrepreneur moral. Au-delà des médecins : les autres groupes professionnels du monde médical. Sociologie de l'activité médicale : des médecins et des patients. Malades et maladie. Maladies chroniques et normalisation. Vivre avec une maladie chronique. Le sida dans l'espace public. La recomposition du monde de la santé. Déchiffrer la santé. Action collective et santé. À nouvelles techniques, nouvelles critiques ?
Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une « longue maladie ». Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats, s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse, et s'emploie à mettre en oeuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée, mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective, de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé - en sociologue - la totalité des étapes que le malade doit franchir.