Marie Kortam
Marie Kortam
« Aucune théorie ne permettra de comprendre le Liban » : c'est ce mythe que l'auteure entend déconstruire. En combinant théories sociologiques et anthropologiques avec une ethnographie engagée minutieuse, elle aborde le malaise d'une ville, Tripoli, et au-delà, celui d'un pays. Face aux conflits incessants, face aux politiques néolibérales imposées à la ville et face aux élites, sous quelles formes se traduit la lutte par le bas contre l'absence de politiques publiques ? La question des marginalités et des inégalités est d'abord étudiée en se focalisant sur Bab al-Tebbaneh et Jabal Mohsen - deux quartiers respectivement sunnite et alaouite -, et les pratiques spatiales particulières qui y ont cours : limitations des déplacements et appropriation communautaire de l'espace public. L'étude s'ouvre ensuite de l'échelle locale à l'échelle nationale, et fournit pour conclure un cadre d'analyse des injustices au Liban. Ainsi Tripoli, ville à la marge, devient ville-miroir du pays, révélant les mécanismes inégalitaires et les ripostes qu'ils suscitent.
La recherche de l'auteur sur les violences et les oppressions politiques vécues par des jeunes français et réfugiés palestiniens vise d'un côté l'identification des processus des oppressions subies et de l'autre, les stratégies que ces jeunes déploient pour survivre et trouver une place dans la société. L'étude s'appuie sur les concepts de ségrégation, marginalisation, pouvoir, réfugiés, violence politique, violence institutionnelle et violence sociale.