Marie-Christine Lemieux-Couture
Marie-Christine Lemieux-Couture
Trigger Warning : Ce livre contient des expressions qui font s'arracher les cheveux de la tête et déchirer sa chemise dans tous les recoins nébuleux des plus plates conversations. Des expressions comme « hommes blancs cishétérosexuels aisés en bonne santé ». C'est pas mêlant, on crierait à la censure pour moins que ça. À l'ère où on ne peut manifestement plus rire de rien, surtout lorsqu'on a toutes les tribunes pour le faire partout tout le temps, mieux vaut aller se rassurer avec un spécial Netflix transphobe que de réfléchir aux mécanismes des inégalités et des injustices systémiques - check-la qui fait sa fraîche avec son autre gros mot - qui parcourent l'humour. Fait que passez votre tour, allez voir ailleurs, n'achetez surtout pas ce livre.
As-tu dit non? T'es-tu débattue? Peux-tu décrire chacun de vos déplacements avant d'atterrir dans le lit? Comment étais-tu habillée? Est-ce que c'est lui qui a enlevé ta culotte? Dirais-tu que c'était violent? Qu'a-t-il dit avant de partir? Qu'as-tu fait après? Autrice, chroniqueuse et militante, Marie-Christine Lemieux-Couture livre une fiction fabriquée avec la matière qui reste après les coups, les abandons, les agressions. Collage de scènes en surimpression, mêlant poèmes, enquête policière et scénario de film, Tourner sur soi en technicolor est l'histoire bouleversante d'une femme qui se demande comment aimer quand on a été construite par le dégoût de soi et la peur de l'autre.
En 1995, internet n'existe pas, Jacques Parizeau lance sa fameuse phrase à la suite de la défaite référendaire et Lux Éditeur publie son premier ouvrage. C'est également l'année où le film culte La haine prend l'affiche et marquera les esprit avec sa réplique d'ouverture: «C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse pour se rassurer: "Jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien." L'important, c'est pas la chute, c'est l'atterrissage.»