Marc Bredel
Marc Bredel
Une invitation mystérieuse, une fête qui tourne au cauchemar : Lucie la mouffette se retrouve enlevée dès son arrivée !
Et si le président de la République devenait subitement fou ? Et si l'homme le mieux placé pour lui succéder, disparaissait dans un accident de la route ? Et si l'élection présidentielle ne pouvait opposer que le candidat d'une majorité compromise au champion d'une opposition divisée ? Il y aurait eu matière à un roman de politique-fiction qui eût pu décider de la carrière littéraire de Julien Pluvié. Mais Julien avait des ambitions autrement immodestes, et se moquait pas mal de commettre un succès de librairie ; du moins, jusqu'au jour où l'Histoire en personne s'empara du sujet pour l'accomplir à sa façon.
C'était un clochard habillé en notaire, un mystique amateur de calembours douteux, un précurseur archaïque, un ascète arriviste, un naïf cynique, un doux hargneux, Socrate devenu fou ou monsieur Fenouillard touché par la grâce ; bref, quelqu'un de difficile à cerner sans se mettre la tête à l'envers. Quant à son oeuvre, on ne sait qu'en penser ; des trop célèbres Gymnopédies à la Musique d'ameublement, de la Messe des Pauvres aux Embryons desséchés, des airs de caf'conc' à Socrate, les musicologues soucieux de leur réputation n'osent pas se prononcer. Injurié par les critiques, considéré comme un pitre par les mélomanes, ce méprisé a été salué par toutes les gloires de son temps. Le livre retrace moins l'histoire d'un génie méconnu que la démarche d'un paranoïaque retors qui s'est ingénié à transformer l'accès à son oeuvre en parcours initiatique.