Lucette Desvignes
Lucette Desvignes
Un vieil homme, face à la mort, revisite sa vie et ses échecs avec une lucidité sarcastique. Mais c’est l’arrivée d’un jeune étudiant en médecine qui va tout changer : entre confidences et révélations.
En 1840, Wollef et Leni ont fui leur Luxembourg natal et ont, avec leur maître Valmy, traversé l'Atlantique et gagné les Amériques. Ils trouveront en Pennsylvanie la liberté tant espérée, la terre où leurs enfants grandiront en vrais Américains. Les exilés auront alors « la brise en poupe », mais les souvenirs restent et à l'heure du bilan, il leur faudra répondre à la question : « Qu'avez-vous fait de votre liberté ? » L'écriture de Lucette Desvignes mêle les voix, les tons, les styles. Elle fait partager aux lecteurs les passions, avouées ou secrètes, d'une famille aux personnalités puissantes, complexes et qui se trouve seule face à l'Histoire.
Famille, familles, est le premier recueil publié par Lucette Desvignes, dont on connaît bien les romans. Ces six nouvelles dont certaines sont assez longues ont pour thème commun les relations familiales, et leur lot de silences, de rancoeur, de haine familière, au milieu desquels surgit is, comme pour racheter la bassesse, un éclair de tendresse. Il est particulièrment inattendu entre la grand-mère et la petite-fille de « Pousse-café », que la misère sépare avant d'opposer silencieusement ! Il ne saurait venir que de l'extérieur parmi ces soeurs célibataires vieillissant ensemble dans l'aigreur et les rétorsions s'abattant sur l'une d'entre elles dans leurs « Affaires de famille ». Mais il arrive que le protagoniste y reste sourd, comme cette mère ruminant la pensée de son fils enfui, dans « L'écluse », ou cette famille relèguant progressivement la grand-mère paralysée en marge de la vie, dans « La scolopendre ». Le pessimisme constant de la peinture des petitesses familiales n'exclut cependant ni la truculence dans « Le privilège », mais c'est alors pour accentuer le malaise du fils soumis au stratagème du père pour sauvegarder le privilège de bouilleur de cru, ni le cocasse par une utilisation bien particulière des techniques de la génétique moderne, mais pour une « Consultalion » qui illustre de façon grinçante une certaine médiocrité paysanne.
Ils sont les héritiers ! Les futurs Messi et Ronaldo de la planète foot (même si quelques erreurs de casting sont à déplorer...) ! Pas plus hauts qu'un poteau de corner, ils n'en cultivent pas moins l'appétit précoce (voire féroce) de la victoire, l'ivresse de la reprise de volée en pleine lucarne ou encore le petit pont décisif... Sous l'oeil attentif d'un coach parfois en conflit avec son alcootest, d'un président soucieux de son image et de papas au comportement jugé excessivement partisan (sans oublier les mamans, passablement débordées, qui éprouvent beaucoup de difficultés à gérer le budget lessive), voici l'univers de ce spin-off de la série Les Foot Furieux, qui met en scène nos jeunes pousses en pleine maturation !
Un quartier désert de banlieue parisienne voué à une prochaine démolition. Jardins en friche, brouillard et tristesse de Toussaint, ombres fugitives, clochards, squatters invisibles : une atmosphère angoissante où grouillent les peurs et les mystères. Seule au bout d'une impasse, une maison sans volets dont une fenêtre troue la nuit. C'est dans ce quartier sinistre qu'un tueur frappe, alors que trois personnages sont inexorablement ramenés devant cette étrange fenêtre : un fils au comportement bizarre, une mère trop longtemps veuve, l'amant de la mère - trois êtres faits pour s'aimer et qui se déchireront à mort. La peur, l'angoisse, le malaise, ressentis par les personnages sont traduits de telle sorte que le lecteur se sent à son tour pénétré de leurs émotions jusqu'à la dernière page de ce roman à énigme.
Dans les années 1830, au Luxembourg, les paysans vivent dans une misère extrême. C'est pour être libre de vivre et d'aimer qu'un tout jeune couple ardent et passionné, refusant l'intolérance et l'étroitesse d'esprit, souhaite émigrer aux Amériques. Cette quête n'ira pas sans violence ni affrontements mais Wollef et Leni s'affirmeront « vent debout », le vent de l'espoir. Alternant et confrontant les voix, Lucette Desvignes construit son roman avec un style qui suit la respiration même de ses personnages. Elle recrée le déroulement de l'expression paysanne en donnant enfin une parole digne d'eux à ces gens du peuple qui, en leur temps, n'avaient guère eu droit à la prendre.