Lise Gruel-apert
Lise Gruel-apert
« Qui sont les Touaregs ? Les réponses avancées prudemment renvoient toutes à ce personnage énigmatique juché sur son chameau, le visage dissimulé sous un voile bleu, nomade naviguant en homme libre sur le grand désert qui nous entraîne à lui seul vers les fantasmes les plus exotiques. Mystère, noblesse, pureté, liberté : tous les ingrédients sont réunis dans ce tableau idyllique pour peupler les rêves des citadins sédentaires aux horizons toujours trop étroits, trop familiers. Ce mythe a imprégné toute une littérature qui émerge dès le Moyen Âge. Depuis les indépendances africaines au début des années soixante, les tribus touaregs sont divisées et réparties dans cinq États. Devenus citoyens de nations pluriethniques, les éleveurs nomades vivent en majorité au Niger et au Mali. Mais les deux dernières sécheresses sont venues bouleverser leurs traditions de manière parfois irréversible. C'est au Niger que j'ai choisi de mener mon enquête. En premier lieu dans l'Azawagh, où la culture touareg est la mieux préservée et défendue ; c'est l'une des régions les plus déshéritées et le berceau de la contestation face au pouvoir central. Ensuite, au nord, dans le massif de l'Aïr, où les Touaregs partagent un mode de vie original et où perdurent les caravanes. L'objectif de cette enquête est de jeter un éclairage sur la vie quotidienne et les traditions d'un peuple qui vit le traumatisme d'une transition vers le modèle dominant des sédentaires. » Sylvie Ramir
Incantations, proverbes, contes, chants épiques, chansons rituelles saisonnières, chansons historiques, lamentations et chansons de mariage, ballades et chansons lyriques, chants religieux, théâtre et farce populaire, chansons de brigands ou de prisonniers... la tradition orale russe est si riche, si vaste qu'il est impossible d'en faire le tour. À travers les traductions d'Afanassiév et de Propp, les contes populaires russes sont connus en France depuis une quinzaine d'années. Mais la forêt du conte et de Propp ne doit pas cacher la taïga de la tradition orale et des folkloristes russes. L'entreprise semblerait impossible à réaliser si de grandes régularités ne se faisaient heureusement jour dans ce vaste ensemble et ne permettaient d'y opérer une sélection représentative. C'est ce à quoi l'auteur s'est appliquée, incluant de plus dans le livre la traduction de morceaux choisis. Après avoir posé des jalons concernant l'histoire de la folkloristique russe, après s'être efforcée de mettre en évidence cet enjeu national que représente la tradition orale pour les Russes de tous bords, l'auteur retrace la grande aventure scientifique que fut la recherche de chants épiques et de contes dans les régions reculées de la Russie au siècle dernier. Puis, un chapitre est consacré à chacun des genres les plus célèbres du folklore verbal russe (incantations, contes, chansons rituelles, chants épiques, chansons historiques, ballades, chansons lyriques). Un deuxième volume resterait à écrire.