Léon Koungou
Léon Koungou
Etre dans la peau d'un terroriste parti faire le djihad au nord de l'Irak et fait prisonnier par les forces spéciales françaises constitue l'objet de ce livre. A quelques heures de son exécution, le lieutenant Kanuri, s'adressant à ses camarades d'infortune, dresse le bilan de son activité de combattant. De son accueil au presbytère, son initiation au djihad, son mandat à la tête d'une katiba de l'Etat islamique au Sahel ou ses responsabilités au sein de la Shura, en territoire irakien, c'est un récit glaçant qui nous est délivré. Ce testament est-il prémonitoire à notre actualité de sécurité immédiate? En faisant parler un soldat du djihadisme, ce livre saisit les messages portés par le terrorisme.
Le 17 mai 2014 à Paris, lors du sommet consacré à la sécurité au Nigeria, le Cameroun a déclaré la guerre au mouvement terroriste Boko Haram. Ses actions audacieuses et criminelles installent une véritable sinistrose dans les trois régions du Grand-Nord-Cameroun, frontalières au Nigeria. Pour neutraliser le mouvement, le gouvernement camerounais peut s'appuyer sur son armée. Toutefois, aucune armée, quelle que soit sa puissance, ne fait reculer durablement le terrorisme dans sa détermination.
Cet ouvrage saisit les paradoxes de la société politique en Afrique préoccupée par la modernité, mais prisonnière des symboles. L'Eglise reste un symbole de piété et de partage. Ce roman nous introduit dans l'univers de l'émancipation des peuples. Dans la quête permanente d'un Etat meilleur doté d'un gouvernant responsable, se mêlent le visible et l'invisible où certains acteurs, confortés par leur statut voire l'influence de la tradition, s'apparentent à des dieux.
Les sociétés sahéliennes ont basculé dans l'anticonstitutionnalisme, au point d'en faire un mode d'alternance politique ordinaire au sommet de l'Etat. Plus la situation sécuritaire se détériore, plus la tension entre autorités civiles et autorités militaires s'accroît et plus les militaires sont tentés de prendre le pouvoir avec l'assentiment de la rue. D'où la permanence du coup d'État qui, devenu une institution, s'inscrit désormais durablement dans la pratique politique. Dans ce contexte, la France, partenaire historique, doit se résoudre à côtoyer au Sahel d'autres acteurs internationaux perçus tantôt comme des alliés ou de simples concurrents, tantôt comme des adversaires ou des ennemis. Au-delà du lien établi entre jihadisme, salafisme, ethnicisme, mauvaise gouvernance démocratique et violence endémique, ce livre saisit de manière sous-jacente l'opérationnalité, les fonctionnalités, les métastases du coup d'État et l'émancipation politique en cours dans des Etats de l'ex-pré carré français.
À l'instar de Boko Haram, le fondamentalisme s'appuie sur des supports variés, dont le ressort sociologique, qui lui assure un ancrage territorial. L'ancien empire de Kanem Bornou, (espace de vie des Kanouris), la forêt de Sambisa et les versants des Monts Mandara, érigés en proto-État, constituent le centre névralgique de Boko Haram. Tel est le défi qui interpelle les forces armées nationales du Nigéria, du Niger, du Cameroun, du Tchad et depuis peu la Force Multinationale Mixte.
L'examen du régime de non-prolifération des armes nucléaires permet de constater une évolution, mais également des insuffisances : l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ne fonctionne pas bien, le système de safeguard ne permet pas le respect des engagements. Les obstacles au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires sont d'ordre juridique, politique et historique. Certains acteurs étatiques se voient reconnaître des droits et privilèges, tandis que d'autres en sont exclus...