Laurent Willemez
Laurent Willemez
Si la justice est une institution très présente dans le débat public et parfois dans la vie privée des Français, elle reste pourtant mal connue et est l'objet de nombreux préjugés. On évoque ainsi souvent une " crise " de l'institution judiciaire française et la nécessité de la réformer. Au-delà de ces discours, les recherches en sciences sociales et en particulier en sociologie sont aujourd'hui nombreuses. En en proposant une synthèse, cet ouvrage brosse le portrait de l'institution judiciaire française aujourd'hui. Il analyse l'ensemble des juridictions et des divisions au sein de la justice. Il présente les principales professions judiciaires (magistrats, avocats, personnels de greffe). Il étudie la production des jugements et leur aspect inégalitaire en fonction des caractéristiques sociales des justiciables. Il s'interroge enfin sur les enjeux politiques de la justice, avant de mettre l'accent sur les transformations récentes de celle-ci.
Qui sont ces femmes et ces hommes qui ont pour incroyable mandat de poursuivre et de juger leurs concitoyens ? Fonctionnaires atypiques, les magistrats (juges et procureurs) sont au coeur de nombreux débats. Craint par les citoyens comme par les élites, le personnage du magistrat est omniprésent dans la fiction comme dans l'espace médiatique, mais n'en reste pas moins extrêmement méconnu. En somme, le magistrat n'est pas qu'une robe et il s'agit de dévoiler ce qui se cache dessous. L'intérêt de cet ouvrage est de proposer pour la première fois une analyse du corps de la magistrature et de sa morphologie dans son ensemble. Qui sont les magistrats et d'où viennent-ils ? Que font-ils au quotidien ? Comment voient-ils leur place et leur rôle ? Comment se différencient leurs carrières ? Qu'est ce qui fait leur unité, leur identité professionnelle ou leur diversité ? L'ouvrage permet de revenir sur des questions centrales qui agitent la profession, et bien au-delà : le problème de l'origine sociale et de la formation des magistrats, l'enjeu de sa féminisation, les conditions de travail vécues, les perceptions extérieures du « corporatisme » des magistrats.