Laurence Badel
Laurence Badel
Ce livre met en lumière la place, méconnue à ce jour, que l'État a tenue au XXe siècle dans l'expansion économique internationale de la France. Vendre à l'étranger est devenu après la Première Guerre mondiale une nouvelle mission de la diplomatie française. L'administration a acquis un pouvoir sans précédent en répondant à la demande des entreprises afin de leur fournir une information détaillée sur les marchés extérieurs et leur apporter son appui dans leurs opérations d'exportation. Fondé sur la lecture d'archives inédites et de nombreux témoignages de diplomates et hauts fonctionnaires, cet ouvrage démêle l'écheveau complexe du dispositif français et présente la genèse, dans les années 1960, de la politique des grands contrats dans le domaine des exportations civiles. À l'orée du XXIe siècle, le système hérité de la Libération est, dans une large mesure, démantelé. Il a néanmoins permis à la France d'accomplir une conversion majeure dans la conduite de ses relations extérieures et de mettre en place sur de nombreux marchés extra-européens une politique d'influence fondée sur une image économique rénovée.
Issu d'une thèse de doctorat soutenue sous la direction du professeur René Girault, fondé sur l'exploitation d'archives privées inédites, cet ouvrage apporte une contribution originale à l'histoire des débuts de la construction européenne. Réflexion croisée sur un syndicalisme patronal méconnu, celui du grand commerce intérieur français et sur les formes d'organisation de l'Europe qu'il a soutenues, il met au jour les facettes multiples d'un « milieu » qui, au-delà du secteur commercial, comprend les cercles administratifs, politiques, culturels concernés par la défense des intérêts de ce secteur, « milieu » structuré par une même identité libérale et européenne. D'une après-guerre à l'autre on assiste au combat pugnace mené pour la réhabilitation de la fonction commerciale et la reconnaissance institutionnelle de tout un secteur, longtemps en marge du monde patronal, à la résistance inattendue d'un modèle libéral classique d'organisation de l'économie et de la société, à I'unification des mouvements européens de la mouvance libérale qui s'opère non sans quelques reclassements et luttes intestines. « Grâce au livre de Laurence Badel nous passons d'une histoire plutôt mythique des origines de la construction européenne à une histoire vraie du passé " européen " faite par des hommes préoccupés et inspirés par la vie quotidienne de leurs entreprises. Ce n'est pas un mince mérite » René Girault
L'objectif de cet ouvrage est de définir l'objet "patronat européen" et de préciser les labels (Business History, European studies, histoire des relations internationales, économie politique, etc.). En essayant de penser l'européen à l'aune de processus nationaux, transnationaux, supranationaux ou internationaux, il s'agit non pas de trancher sur la nature de l'Union européenne mais de se donner les moyens de repenser la définition d'un processus qui dépasse les catégories nationales.
Comment les relations internationales sont-elles devenues une discipline académique et quelles orientations ont-elles pris au fil du temps ? Quels sont les outils aujourd'hui disponibles pour comprendre les événements politiques et diplomatiques, du XIXe siècle à nos jours ? Cet ouvrage innovant établit l'idée que l'histoire des relations internationales ne doit pas être exclusivement centrée sur l'Etat, comme c'est encore souvent le cas. Pour en saisir toute la complexité, il est nécessaire d'adopter une lecture décentrée et désoccidentalisée, de mettre l'accent sur les acteurs de terrain (soldats, juristes, scientifiques, migrants...) et sur les « lieux » des relations internationales (institutions, infrastructures et espaces physiques et immatériels). En donnant à voir la diversification actuelle des approches de la scène internationale (histoire internationale, histoire transnationale, global history, etc.) et en proposant des clés méthodologiques originales (grands concepts de la discipline, objets classiques, renouvelés et nouveaux de la recherche), cet ouvrage permettra aux étudiants, chercheurs et acteurs de réfléchir à l'écriture de l'histoire des relations internationales dans une perspective globalisée.
Assurer la représentation de l'État à l'étranger, protéger ses ressortissants, collecter de l'information, promouvoir les intérêts nationaux, négocier... les missions de la diplomatie se sont enrichies et complexifiées depuis le xixe siècle et les acteurs qui l'incarnent se sont diversifiés. Mêlant histoire sociale, culturelle et politique, Laurence Badel retrace les évolutions des pratiques diplomatiques des pays de l'Europe et relate la lente construction d'une diplomatie européenne. Laurence Badel est professeure d'histoire à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
« Comment peut-on être ambassadeur de France et poète ? », s'indignaient les surréalistes, en apostrophant Paul Claudel. C'était en 1925. Que reste-t-il de cette alliance à l'heure du numérique, qui renouvelle l'écriture classique du diplomate ? Dédié à la conjugaison des deux activités, cet ouvrage met en lumière l'ancienneté, le renouvellement et la diversité des pratiques de l'écrivain entré en diplomatie et du diplomate entré en littérature. Interrogeant les identités multiples d'hommes destinés à intervenir dans et sur le monde, analysant les conditions matérielles de l'exercice de leur métier, ainsi que leurs modes d'expression privilégiés, il examine aussi la validité d'un « modèle » français qui serait né avec Chateaubriand. Il s'interroge enfin sur l'invention d'une tradition, formalisée dans l'entre-deux-guerres, mais qui ne trouve sa consécration véritable qu'après 1945, à travers la fortune de l'expression unificatrice et duale d'« écrivain diplomate ». Actes d'un colloque international qui s'est tenu à La Courneuve et à Paris, en mai 2011, augmentés d'articles originaux, ce livre, au confluent de l'histoire littéraire, de l'histoire sociale et de l'histoire des relations internationales rassemble vingt-quatre contributions d'universitaires et de diplomates français et étrangers, ainsi que des échanges entre historiens et diplomates en activité. L'ouvrage est préfacé par Maurizio Serra, délégué permanent de l'Italie auprès de l'Unesco et écrivain. Laurence Badel est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Strasbourg. Gilles Ferragu est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris Ouest-Nanterre-La Défense. Stanislas Jeannesson est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris-Sorbonne. Renaud Meltz est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de la Polynésie française, en délégation au CNRS (ISCC).