Julie Assouly
Julie Assouly
Anatomie d'une oeuvre iconoclaste, bariolée, déjantée, et très accessible. Wes Anderson, issu de la scène indépendante, se démarque de ses contemporains hollywoodiens par son goût prononcé pour la culture française. Du portrait de Cousteau dans Bottle Rocket à la reconstitution de mai 68 à Ennui-sur-Blasé dans The French Dispatch, la filmographie de ce texan atypique est émaillée de références à la France où il réside une partie de l'année. Qu'elles soient iconiques (tour Eiffel, bérets), musicales (Françoise Hardy, Christophe) ou cinématographiques (Renoir, Truffaut, Malle), elles donnent à son cinéma un style transatlantique inimitable. Grand cinéphile, lecteur avide, versé dans la peinture et la musique, il crée dans ses films à la croisée des arts un univers coloré, marqué par un souci obsessionnel du détail, et déploie une esthétique rétro teintée de nostalgie pour les années 1960, forçant le parallèle avec le Nouvel Hollywood et, par extension, avec la Nouvelle Vague. Le cinéma d'Anderson est référentiel et réflexif, familier et déroutant, il traite de sujets graves avec pudeur et légèreté ce qui lui vaut d'être rangé dans la catégorie "comédie dramatique" à laquelle est associée la posture impassible (deadpan) de son équipe d'acteurs. Publicitaires, stylistes et fans de tous horizons cherchent à s'approprier cette esthétique singulière sans jamais y parvenir. Cet ouvrage propose de décrypter ce qui fait l'originalité de Wes Anderson et de son cinéma transatlantique au prisme de la traversée : des arts, des cultures, et des films.
Les frères Coen, "réalisateur à deux têtes", tandem farouchement inclassable, paire prodigieuse révélée au grand public par Arizona junior (1987), dressent un tableau désopilant de l'Amérique profonde. Comédies, westerns, films noirs : les frères Coen ont subverti les conventions du film de genre pour créer un néo cinéma ambitieux, nourri de clins d'oeil rétro aux séries B, aux grandes productions hollywoodiennes, au polar, et à la peinture réaliste américaine... Julie Assouly nous invite à un voyage passionnant au coeur de cet univers, cernant au plus près la vision coenienne d'une Amérique conçue comme un territoire ou` se confondent toujours l'histoire, le folklore et la fable. Losers magnifiques, voyous déjantés, hystériques au grand coeur, tueurs psychopathes, profs dépressifs : dans cette comédie humaine ou la satire sociale le dispute à l'absurde et au tragique, les deux cinéastes racontent, film après film, les laissés pour compte du rêve américain et la perte d'innocence de la société´ contemporaine.