Jules David
Jules David
Une feuille de la forêt, Un grain de sable du rivage, Une écume qui ne surnage Qu'un instant, et qui disparaît : Tel je suis pour toi, belle Aimée. Qu'importent donc à tes attraits, Mes voeux, mes espoirs, mes regrets ? Qu'importe au brasier sa fumée ?O pèlerin, monté sur ton sobre chameau, O berger, qui conduis ton indolent troupeau, Si l'un dans le vallon, si l'autre dans la plaine. Vous rencontrez jamais Leïla, l'inhumaine, Dites-lui que je meurs pour ses beaux yeux d'azur Sa lèvre est savoureuse autant qu'un raisin mûr, Son esprit sur son front brille comme une flamme, Son regard droit au coeur comme une flèche atteint ; Un jasmin de Chiraz est moins blanc que son teint ; Mais un djinn, à mes yeux, est moins noir que son âmeCelle que j'adorais m'a laissé dans la foule, Comme l'eau dans la main sa tendresse s'écoule : O mes yeux insensés !Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.