Joseph Famerée
Joseph Famerée
Les migrations d'aujourd'hui et d'hier ne seraient-elles pas comme un lieu de révélation ? Le fait que les humains migrent, tissent des liens aussi bien (et parfois aussi mal) avec ceux qui sont loin qu'avec ceux qui sont proches, ne manifeste-t-il pas quelque chose d'essentiel sur ce qu'est être et devenir humain ? Tout humain n'est-il pas un migrant et ne doit-il pas l'être pour se trouver lui-même dans sa vérité profonde ?
Juin 2017. Les salles de presse du monde entier bruissent d'une étrange question : "Le Diable existe-t-il ?" Le pape François évoque souvent le Diable dans son enseignement. Aussi lorsque le père Arturo Sosa, supérieur général des Jésuites, dénommé le "pape noir", déclare n'y voir qu'une figure symbolique, il provoque un émoi prévisible. Le Diable, dont le mot vient du verbe grec diaballo qui signifie diviser, venait encore de frapper, semble-t-il, et cela au sommet de l'Église.
Réformer ? Parce qu'on associe ce mot à la restructuration, au réaménagement, au dégraissage, le mot fait peur, évidemment. Voilà pourquoi il importe aujourd'hui de préciser la finalité et les fondements d'une véritable réforme de l'Église. C'est le but de cet ouvrage écrit par Joseph Famerée et Gilles Routhier.Songeant aux siècles à venir, comme à ceux qui se sont écoulés, les deux professeurs d'ecclésiologie démontrent que la fin de toute réforme serait de rendre l'Église plus apte à annoncer l'Évangile, et d'une manière authentique et crédible - non seulement en discours et par le témoignage de ses membres, mais par son être même, jusque dans ses dimensions pratiques, juridiques et institutionnelles.On comprendra donc, en lisant ce livre plein d'espérance, que toute réforme ecclésiale ne pourra se réduire à une simple réorganisation en vue d'une plus grande efficacité. Ce qu'il faudrait, et qu'annoncent les auteurs, est une véritable « conversion pastorale », ce qui indique tout du caractère spirituel et évangélique de la réforme, sans en taire les exigences institutionnelles.N'ayons pas peur de nous réformer !Gilles Routhier est professeur d'ecclésiologie et de théologie pratique à l'Université Laval (Québec, Canada). Spécialiste de Vatican II, il a publié de nombreux ouvrages et articles sur son histoire, son enseignement, son herméneutique et sa réception.Joseph Famerée est professeur d'ecclésiologie et d'oecuménisme, spécialiste des rapports entre l'Église catholique et l'orthodoxie, à l'Université catholique de Louvain.