Jérôme Segal
Jérôme Segal
Le véganisme a le vent en poupe, mais lorsque Tesla propose des habitacles en cuir végétal ou quand des antispécistes s'allient à l'extrême droite, cette cause est utilisée pour cacher les aspects moins reluisants de certains groupes. Calqué sur le greenwashing qui dénonce les stratégies de communication permettant aux entreprises polluantes de redorer leur image, le terme «veganwashing» dénonce une récupération similaire. Il apparaît pour la première fois en Israël en 2013, en réaction à une campagne de soutien au gouvernement Nétanyahou pour ses relatives avancées dans la cause animale - une contestation qui résonne d'autant plus fort lorsque, dix ans plus tard, l'état-major israélien traite les Palestiniens d'animaux pour justifier leur génocide. Quelles sont les caractéristiques qui font du véganisme, qui répond pourtant à une réelle urgence, un mouvement si vulnérable aux récupérations politiques? Pour que la cause animale ne soit plus pervertie, il convient de démasquer le veganwashing, et c'est ce à quoi cet ouvrage tente de contribuer.
Fin des animaux sauvages dans les cirques, actions militantes devant des boucheries, remise en cause de l'élevage, vidéos dénonçant la réalité des abattoirs... tout ceci donne du crédit au mouvement «antispéciste».Le mot «spécisme» est entré dans les dictionnaires récemment, mais son usage se répand rapidement pour désigner des discriminations fondées sur l'espèce. Une des conséquences de l'antispécisme est le véganisme.Cet ouvrage percutant permet de comprendre les liens de ce mouvement avec des courants de pensée comme le socialisme, l'anarchisme et le féminisme. Il appréhende son rapport avec l'écologie, les religions et la critique du capitalisme, et finalement aborde la question de la convergence des luttes, mais aussi d'une redéfinition de la place de l'humain sur notre planète. Jérôme Segal est un essayiste et historien franco-autrichien, maître de conférences à Sorbonne Université ainsi que chercheur et journaliste à Vienne, en Autriche. Il est l'auteur de Animal Radical. Histoire et sociologie de l'antispécisme, (Lux, 2020), Athée et Juif. Fécondité d'un paradoxe apparent, (Matériologiques, 2016).
L'antispécisme - la lutte contre toute discrimination fondée sur l'appartenance à une espèce animale - est plus explicitement politique que le végétarisme ou le véganisme, qui sont essentiellement des modes de vie. Dès la fin du XIXe siècle, des communautés végétariennes et des groupes de pression ont lutté contre l'exploitation des animaux, mais c'est en Grande-Bretagne, au milieu du XXe siècle, qu'une autre forme de militantisme radical est née, notamment avec la création du Front de libération animale (ALF). Le présent ouvrage remonte aux origines de la cause animale et analyse la diversité des mouvements qui s'en réclament en étudiant de plus près l'antispécisme en France, au Canada et en Israël. L'auteur y aborde les points les plus sensibles de ce discours, tels que la comparaison entre les abattoirs et les centres d'extermination ou encore les liens avec l'esclavage et le sexisme. Il traite aussi du veganwashing, qui consiste à utiliser le véganisme pour occulter des injustices. L'ouvrage évalue ainsi les progrès de la cause animale et, plus globalement, de l'ouverture de nos sociétés aux questions liées à notre rapport aux animaux. Il a été écrit par un militant antispéciste, mais il ne s'agit pas d'un manifeste. C'est un portrait honnête fondé sur une trentaine d'entretiens et qui ne craint pas d'aborder les côtés moins reluisants du mouvement.
Tous véganes ? est un texte court qui défend une thèse simple : il vise à expliquer pourquoi aujourd’hui, le véganisme est nécessaire. Un livre engagé, qui entend convaincre le lecteur de la nécessité de se tourner vers ce mode de consommation, bien conscient du fait que ce changement ne pourra se faire du jour au lendemain et nécessitera d’importantes mesures d’accompagnement et de reconversion. Un ouvrage concis et sérieux qui s’adresse au grand public, avec des sources incontestables. Un livre engagé et unique, visant non pas à diaboliser la consommation de produits d’origine animale, mais plutôt à ouvrir les esprits et éveiller les consciences. Par l’auteur de Animal radical : Histoire et sociologie de l’antispécisme, paru aux Éditions Lux en 2020.