Jean-Pierre Luce
Jean-Pierre Luce
On pourrait lui dire qu'il vient de partout et qu'il s'en va nulle part, qu'il a perdu son âge, qu'il regarde ici et écoute ailleurs, il ne s'en effrayerait point. Comme un cerf-volant dans le ciel qui s'enfuit pour chercher le soleil ou comme l'oiseau du matin qui s'envole pour l'océan, il part. Il sait que le vent souffle sur le temps et que bien souvent le monde marche dans l'ombre. Il sait aussi que la neige fond au soleil mais il n'en a que faire. Ceux qui viennent en ce monde pour ne rien troubler ne méritent ni égard, ni patience. Jean Pierre n'est pas de ceux-là. À celui qui n'est pas près de déserter son idéal, à celui qui fait entrer dans sa vie un peu de passion, à cet artiste voyageur en quête de nouveaux pays, à cet écorché bravant les insultes de l'entourage, je fais don de mon amitié impérissable. Lorsque tempêtes et bourrasques hivernales se sont apaisées, lorsque revient le printemps, la neige a regagné les nuages ; on voit alors ceux qui restent ! On m'a dit que toutes les grandeurs de ce monde ne valaient pas un bon ami. Alors, bon ami, je te salue ! Luc H.
Derrière chaque mot de L'Écorché, Jean-Pierre Luce tisse une poésie pudique et sincère, dédiée à l'amitié et à la quête d'accord avec soi-même. Un recueil où la beauté naît de l'inutile, et où chaque vers résonne comme une confidence.
Je vous en ai déjà vendu de la romance à gogo : mauvais roman-photo, histoires fleur-bleue, tout cela ficelé à l'eau-de-rose. Dans cet épanchement de sentiments perdus, j'ai poussé de temps à autre une gueulante, histoire de vous remuer un peu, j'en avais assez de vous voir flasques, ternes, moyens, donc médiocres. Mais tout cela était noyé dans des poèmes d'adolescent, qui ne voulaient rien dire, sinon qu'on était bien mieux lorsqu'on était tiot. « Pied-au-cul la romance » n'échappe pas à la règle : ne vous attendez donc pas à des pamphlets tarabiscotés, ou à un essai sur le matérialisme dialectique. Je vous y parle comme à un ami, vous dis ce que je dois dire, et vous cache ce que je dois cacher. Finalement, c'est plein de pudeur, une poésie : elle vous esquisse la personnalité de l'auteur, et vous dessine imperceptiblement la vôtre. À travers quelques mots, griffonnés sur un bout de papier, je trouve que c'est pas si mal.