Jean-Marie Gourio
Jean-Marie Gourio
Imaginez une idée, une belle idée, une somptueuse idée : l'idée du grand départ, de la rupture définitive, du bond en avant qui vous arrachera au médiocre quotidien pour vous propulser dans un ailleurs délicieux. Imaginez cette idée vagabondant à Paris un matin de novembre à la recherche de la tête bien faite et bien pleine capable de l'accueillir, de la chérir, de la féconder et de la réaliser dans toutes ses glorieuses dimensions. Jean-Marie Gourio a suivi la malheureuse dans sa quête effrénée, son douloureux périple. De la ménagère au journaliste, de l'enfant au clochard, du chien au bossu, des piliers de bistrot au romancier, il ne nous laisse rien ignorer des pitoyables combats que les pauvres idées doivent mener pour trouver leur accomplissement dans les circonvolutions encombrées et boueuses de nos contemporains. Collaborateur du regretté Hara-Kiri, Jean-Marie Gourio a de l'humour, de la verve, une imagination féconde et ce franc désespoir dont savent se nourrir les véritables humoristes. Pour Jean-Marie Gourio, l'affaire est entendue : c'est bien parce que les idées ne changent pas les hommes que les hommes changent si souvent d'idées.
Avec l'enterrement de ma mère et la pendaison grotesque de ma femme, j'avais perdu en quinze jours ce que je haïssais le plus chèrement du monde, et avec elles m'avait quitté la haine, ce sentiment froid qui met le feu au coeur et donne de la noblesse et de la rigueur au simple et banal merdier quotidien. Alors, quand la petite vieille m'accosta dans la rue, et, au sixième étage tout là-haut, me fit entrer dans la chambre où gisait son petit vieux mort, une aiguille à tricoter plantée dans la gorge, et qu'elle me traita d'assassin, alors je sus que les choses étaient sur le point de basculer dans le moisi. Enfin, je replongeais dans le foutoir avec terreur. Béatement.
Les cafés sont une composante essentielle de notre art de vivre à la française, reconnue dans le monde entier. Comptoir, zinc, formica, tournée belote, plat du jour... chaque entrée nous invite à pousser la porte d'un café d'hier ou d'aujourd'huiJean-Marie-Gourio, auteur des célébrissimes Brèves de comptoir, est chez lui dans nos cafés !" J'ai toujours aimé les cafés, les bars, les troquets, les bistrots, les zincs, les rades, les bouges, les mots ne manquent pas pour désigner ces lieux où l'on s'accoude à un comptoir et où l'on boit avec possibilité de parler. On ne se lance pas dans la rédaction d'un volumineux " Dictionnaire amoureux des cafés " sans avoir une méthode, la mienne aura été de ne pas en avoir, dès le début, quand il m'a fallu concevoir la liste des entrées. Ne rien faire, comme au comptoir, quand il s'agit de rêvasser simplement en regardant la rue. Ne pas réfléchir. Laisser les mots venir sans les chercher, sans les forcer. Que reviennent ceux qui le veulent, le peuvent, ce seront les bons, les vivants. On ne force pas les mots à rentrer dans les cafés, j'ai donc attendu que rappliquent les mots qui avaient le plus soif pour leur ouvrir la porte du bar du dictionnaire : Comptoirest apparu aussitôt bien sûr, Zinc, Bière, Vin, puis d'autres mots comme Cour, Carrelage, Fût, Formica, Jambes, Néon, Bibine, Belote, Facteur, Rire, Sciure, Tournée.. Tous m'ont répété des choses que j'avais gardé précieusement en tête - coquillages usés ramassés un jour sur la plage du zinc rangés et oubliés - des détails qui m'avaient ému, des évènements qui m'avaient frappé, des gestes, des odeurs, des objets, des lumières, des cris... le temps. Le " Dictionnaire amoureux des cafés " est un amoureux qui traîne les bars habillé en dictionnaire. "
Les droites en France, mode d'emploi.Dans cet ouvrage de référence, Gilles Richard insiste sur le pluralisme d'une mouvance qui joue un rôle éminent dans la vie politique de la nation. Un pluralisme qui, depuis 1815, a connu d'impressionnants bouleversements. Si droite et gauche, au XIXe siècle, s'opposent sur la question du régime, le clivage est, au siècle suivant, devenu social. Et ces enjeux revêtent aujourd'hui encore une brûlante actualité : si les droites semblent devenues hégémoniques, elles ne sont pas unies pour autant, la question nationale ayant ressurgi pour opposer la droite néolibérale et la droite nationaliste.Une synthèse précieuse à l'heure où le clivage entre les citoyens et le gouvernement grandit.
Jean-Marie Gourio recueille avec soin depuis des années ces perles surgies du gosier des piliers de bistrot. Il les adapte régulièrement au théâtre avec Jean-Michel Ribes. Ce volume regroupe les trois volumes existants, parus en 2010.
Retrouvailles de Jean-Marie Gourio et Jean-Michel Ribes, pour saluer sur scène le petit peuple des bistrots qui, verre en main, dit l'immensité du monde et la petitesse de la planète. Un irrésistible opéra parlé.
Dans la région d'Annecy, Selim, quinze ans, vient de passer huit mois en établissement fermé après avoir, une nuit de révolte, incendié une voiture. M. Gabriel lui a redonné une chance en le prenant comme apprenti dans sa menuiserie, Le Bois Doré, une association de réinsertion pour jeunes délinquants. Grâce aux encouragements de M. Gabriel, profondément athée, Selim, le musulman, et Yoram, qui est juif, découvrent ensemble la passion du travail et les vertus de la fraternité. Mais Farid, le frère aîné de Selim, colporteur de thèses djihadistes au tempérament liberticide, lui reproche de ne pas être assez pieux. Selim, particulièrement doué, apprend pas à pas les secrets de la sculpture jusqu'au jour où l'on confie à l'atelier la réalisation d'une copie d'un christ en croix datant du XVIIIe siècle. Existe-t-il plus beau miracle que la transfiguration poétique du quotidien ? Dans ce bouleversant plaidoyer pour la liberté, Jean-Marie Gourio place l'art au-dessus de toute autorité. Décrivant la naissance d'une vocation, il renvoie dos à dos le fanatisme et l'ignorance et nous livre un chef-d'oeuvre de délicatesse.
Après le succès des Brèves de comptoir, Jean-Marie Gourio a repris son tour de France des bistrots, rouvrant quelques dizaines de bars dans sa mémoire et nous présentant ces clients qui l'ont marqué et qu'il a aimés. Quarante textes courts, quarante cafés comme autant de petits théâtres d'atmosphère différente, dont l'auteur pénètre l'humanité universelle. Une belle invitation à venir s'accouder au comptoir et à observer les personnages qui s'y croisent. Au détour des conversations, les petites phrases surgissent, attrapées au vol avant qu'elles ne s'effilochent dans l'air du bar. Jean-Marie Gourio est l'auteur de nombreux romans, ainsi que des fameuses Brèves de comptoir. Il a travaillé pour le magazine Hara-Kiri, puis pour Charlie Hebdo, et a participé à l'écriture de films et d'émissions de télévision, notamment Palace.
Victimes de l'alcool, forcément. Victimes du destin. C'était toujours à une minute près. C'est l'histoire d'une journée qui aurait dû être ordinaire mais finira dans le sang. Pedro Da Silva est un père de famille et mari aimant, bon patron maçon, citoyen tranquille. Après avoir quitté son domicile au petit matin, frais, plein de courage, il tue une mère et ses deux enfants en fin d'après-midi, les fauchant à un arrêt de bus au volant de son gros véhicule lancé à grande vitesse. Avec 2 grammes 40 d'alcool dans le sang. Sa femme, anéantie, dira aux policiers " Pedro ne boit jamais ! " Jean-Marie Gourio décrypte, heure par heure, rencontre après rencontre, verre bu après verre bu, gramme après gramme, à la manière d'une enquête policière, une mécanique redoutable : tout ce qui fait de ce jour ensoleillé un drame si douloureux qu'il fera la une des médias pendant plusieurs jours et projette deux familles dans l'horreur, mais des questions se posent autour de ce chauffard saoul. Qui sont les véritables acteurs de ce drame ? Qui a pu, sans savoir ou en sachant, sans se soucier de son état, se faire le complice de ce " meurtre " ? Est-ce seulement le " destin " ? Le roman le plus simenonnien de l'auteur, fidèle à son univers des bistrots, lieux romanesques par essence
De la guerre d'Indo à Charlie hebdo, la vraie vie du trublion d'Hara-Kiri « Il n'y avait pas deux mecs assez fous pour mener cette bande de sauvages ! Il n'y avait que Choron, encore plus sauvage que les autres, qui pouvait mener une bande de dingues pareils ! » (Georges Bernier) D'une authenticité sans fard, les mémoires tragicomiques de Georges Bernier, alias le Professeur Choron, livrent une hallucinante et réelle contre-histoire de la France des années 1930 aux années 1990. Va-nu-pieds issu d'une famille modeste, ouvrier itinérant puis voyou, arnaqueur, proxénète ou gigolo, Bernier raconte sa jeunesse misérable et la sale guerre d'Indochine, où il s'engage de 1949 à 1952. Réformé de l'armée pour tuberculose, il croise sur le pavé de Paris la route de François Cavanna avec qui il créera Hara-Kiri (1960-1985) puis Charlie hebdo (1970-1982). De Cavanna à Reiser et Wolinski, de son pote Coluche à sa fille Michèle Bernier, de l'Olympia à Canal +, ce Diogène moderne, d'une totale intransigeance, qui révolutionna la presse et l'humour français, retrace dans cette virulente et hilarante autobiographie, qui se dévore comme un roman, un destin d'homme, d'éditeur, d'artiste et de libre penseur exceptionnel. Né dans un petit village de Champagne-Ardenne, Georget (dit Georges) Bernier (1929-2005) s'engage dans l'armée en 1948 et traverse les horreurs de la guerre d'Indochine. De retour à Paris, ce meneur d'hommes exceptionnel rencontre François Cavanna, avec qui il fonde la désormais légendaire revue Hara-Kiri (1960-1985) puis le groupe des éditions du Square, qui verra naître Charlie hebdo en 1970, ainsi que La Gueule ouverte (première grande revue écolo) et les revues de BD Charlie mensuel, Surprise, BD... En 1962, il invente pour un roman photo le Professeur Choron, personnage inclassable, bricoleur pince-sans-rire au comique noir absurde, qui scandalise les spectateurs de l'émission de Jean-Christophe Averty « Les Raisins verts » (sur l'ORTF) en les incitant à briser leur télé ou à passer des bébés à la moulinette. Créateur des Jeux de con et des inénarrables Fiches bricolage, qu'il réalisera plus tard en sketches pour Canal +, cet excellent chansonnier se produisit à l'Olympia en 1981. Épaulé par toute la bande d'Hara-Kiri, le Professeur Choron, prince des provocateurs, anar et dionysiaque, incarna quarante ans durant l'esprit « bête et méchant » qui révolutionna l'humour français, de Coluche à Groland.
Boire ou écrire, il faut choisir. " Hier, j'ai insulté mon éditeur par téléphone. Il paraît que j'étais ivre. C'est lui qui me l'a dit. Moi, je ne me souviens de rien. [...] Je lui ai posé la question : "Je ne vois pas pourquoi je vous aurais insulté ?' Il a répété calmement ce qu'il avait déjà dit posément : "Parce que vous étiez complètement saoul. - On ne va pas polémiquer là-dessus !' lui ai-je répondu. Il me semble avoir crié. Il me restait de l'alcool dans le sang. Je crois qu'on s'est quittés en bons termes. Il m'a demandé si le livre avançait. J'ai dit oui, mais non. Le livre n'avance pas. Ceci explique peut-être cela. "
Derrière son guichet, au Crédit agricole de Bourgogne, M. Zoiseaux pense souvent à s'envoler, tout en comptant l'argent de la clientèle. Il y pense trop ! Des plumes commencent à pousser sur son corps qui s'arrondit. Pour son plus grand bonheur ! Au fil des jours, M. Zoiseaux ressemble de plus en plus à une oie sauvage. Il rêve de légèreté dans ce monde trop lourd. À sa femme, à ses enfants, qui adorent cette métamorphose, il promet que, le jour venu, il les prendra sur son dos et les conduira au pôle Nord... M. Zoiseaux ne sait pas encore que la transformation d'un seul être peut bouleverser le genre humain tout entier... Après L'Arbre qui donna le bois dont on fit Pinocchio, où il rendait vie aux pantins de bois, Interview d'une vache et scandale au Palais, où il donnait la parole aux vaches, Jean-Marie Gourio, cette fois, fait voler les humains et nous entraîne encore un peu plus loin dans ce monde magique qu'il a décidé de construire.
Ce livre est un bistrot ! Il suffit d'ouvrir la porte et d'entrer. S'installer au comptoir. Écouter ce que les gens accoudés disent sur tout et sur rien en buvant un verre. On repart quand on veut. On y retourne à l'envi. Le Grand Café des brèves de comptoir ne ferme jamais ! Ce livre est une machine infernale, une machine à écouter. Il contient près de 9 000 brèves inédites entendues par l'auteur dans quelques centaines de cafés en France pendant mille et un jours de bar ! Notées et remises dans la bouche des clients accoudés au zinc du livre.Un comptoir. Des clients. 9 000 brèves. Pas de doute, ce livre est un bistrot ! Santé !
" Jean-Marie Gourio est un artisan de la langue. C'est un généreux qui sait inventer des mots et les parer de couleurs inattendues. Ses Brèves de comptoir ont créé un genre littéraire à part entière et sont maintenant citées par les meilleurs dictionnaires. Cocasses et désopilantes, triviales ou poétiques, prosaïques ou oniriques, toujours savoureuses, elles s'inscrivent dans une tradition illustrée par Raymond Queneau, Jacques Prévert, Marcel Aymé, et qui fait la part belle à la parole populaire. " Daniel Rondeau Les Brèves de comptoir sont nées il y a vingt ans. Ce sont de petites phrases entendues dans les cafés. Un peu partout. Chaque jour. Place Maubert ou à Rennes, à Annecy, à Talloires, dans les cafés de Strasbourg ou de Sens. Dans le petit bistrot d'un village de Bourgogne perdu au milieu des champs. Dans un PMU de Vitry. Dans ces minuscules troquets miraculeusement vivants dans ces rues minuscules elles aussi mais désertes. Au fil des jours et des ballades. Au fil du temps. Des jours de pluie. Il suffit d'être au comptoir avec les gens. Juste écouter pour le plaisir. Et noter ces mots dits en liberté. Qui poussent vivement sur les comptoirs comme les coquelicots le long des routes.
Une adolescente à la dérive, perturbée par l'omniprésence des images pornographiques,se retrouve prise au piège d'une spirale infernale. Bref, violent et percutant, un livre qui ne laissera personne indifférent. Didrie est une adolescente de treize ans qui va mal. Elle sèche le lycée et préfère traîner avec une bande de garçons de son âge qui passent leur temps à se saouler et à surfer de façon compulsive sur des sites pornos. Bien qu'elle déteste cette atmosphère, Didrie s'enlise dans l'alcool, peut-être à cause de cette obsession d'une sexualité malsaine qu'elle a le sentiment de voir dans les yeux de tous les hommes, y compris dans ceux de son propre père. L'effroi et le dégoût que lui inspirent le viol, la prostitution et la pédophilie empêchent son corps de se développer. Romantique sous ses allures de rebelle, elle voue un amour chaste et absolu à son amoureux, Frankie, qui lui permet tout juste d'échapper à une existence de plus en plus sordide. Mais à force de perdre pied avec la réalité, ses pires cauchemars vont prendre le dessus, jusqu'à faire d'elle à la fois la victime et l'instigatrice d'un drame effroyable. Écrit selon le point de vue d'une jeune fille basculant dans la folie sans s'en apercevoir, Sex Toy est un monologue ininterrompu qui semble avoir été rédigé d'un seul souffle. Dès la première page, on est happés, emportés par un flot qui emprunte ses mots au registre des adolescents d'aujourd'hui. Avec une sensibilité époustouflante, Jean-Marie Gourio réussit à épouser les pensées d'une gamine de treize ans, rendant compte des difficultés de la puberté, et d'un rapport ambivalent, entre fascination et répulsion, au corps et au sexe. Le ton est suffocant, les mots sont crus, d'une violence presque insoutenable. Mais comment restituer autrement la commotion intérieure suscitée par ces images pornographiques sur des jeunes gens fragiles, entièrement livrés à eux-mêmes ? En s'emparant de phénomènes récents tels que la consommation pathologique d'alcool chez les jeunes, l'invasion incontrôlée du porno dans leur quotidien, le danger des réseaux sociaux sur Internet, Jean-Marie Gourio décrit des ados fracassés par la vie, incapables de distinguer ni le bien du mal ni la réalité de la fiction, et qui souffrent d'une perte complète de repères. Sans porter aucun jugement sur ses personnages, il exhibe froidement les mécanismes de la tragédie qui va se dérouler sous nos yeux. Roman noir au suspense infernal, Sex Toy est aussi un livre sans concession qui suscite une réflexion sociale. Un livre coup de poing qui questionne la société sur son incapacité à protéger la jeunesse, un réquisitoire puissant et troublant contre la démission des adultes face au désarroi des adolescents.
De l'art de penser hors cadreUn matin, alors qu'il quitte son appartement pour se rendre à son bureau, l'homme ne se dirige pas vers la droite pour prendre le métro, comme il l'a toujours fait, mais part vers la gauche, sur cette portion de l'avenue qu'il n'a jamais empruntée. Ce sera le début d'un périple dans un autre quotidien, où rien ni personne ne ressemblera à ce qu'il connaît... Jean-Marie Gourio nous emporte dans la foulée de cet homme, victime amusée de l'imprévisible et de l'espièglerie du hasard. Démêler le faux du vrai dans le tourbillon de cette nouvelle vie chaotique et joyeuse n'a, au fond, que peu d'importance. Par la grâce de la fantaisie, l'auteur tisse un formidable roman sur la liberté et l'altérité et dresse un vivifiant éloge du pas de côté.
Chantal Breitman avait vingt-six ans quand monsieur Jean, son voisin, a violé et tué sa fille Sandrine. Dans son pavillon, Chantal vivait une existence innocente et paisible, presque hors du temps. Tout y était joli, immaculé, enfantin. Et soudain, l'horreur a fracassé cette bulle féerique. Elle a dû regarder le corps sali et martyrisé de son enfant. Son mari s'est suicidé. Elle a dû admettre que c'était bien son voisin, le gentil monsieur Jean, qui avait commis cet acte abominable. Elle a dû se rendre au tribunal pour qu'on lui raconte une nouvelle fois et par le détail le supplice infligé à sa fille. Elle a appris que monsieur Jean avait été condamné à vingt-quatre ans de prison. Son esprit a explosé. La logique qui structurait sa vison du monde s'est brisée. Chantal Breitman n'est pas folle. Elle est dans une autre dimension... Vingt-quatre ans plus tard, Chantal Breitman est devant la porte d'une prison. En installant chez elle un monsieur Jean effaré, elle va tenter de reconstruire le temps d'avant. Le temps immaculé de l'innocence. " Apnée ", écrit d'une seule traite, restitue le long monologue intérieur de Chantal qui nous entraîne dans les enfers où elle s'enfonce chaque jour davantage. Une extraordinaire exploration de ces gouffres terrifiants mais parfois somptueux que l'obsession de Chantal éclaire d'une lumière éblouissante.
Si l'on vous disait qu'un mammifère marin se cache au fond du lac d'Annecy, le croiriez-vous ? Un beau matin, accoudé à la Buvette de la Plage, Murray Haig a aperçu un cétacé d'une taille phénoménale onduler à la surface de l'eau, et il est formel, c'est bien d'une baleine qu'il s'agit. Ses rares amis, Joaquim, le barman, et Ingrid, journaliste au Dauphiné libéré, pencheraient plutôt pour un délire d'ivrogne. Après mille et une vies passées au bord des grands lacs européens, Murray est prêt à tout pour leur prouver l'existence de cette créature. Dans les pas du docteur Wilson, qui photographia le monstre du Loch Ness en 1934, Murray, accompagné de sa fidèle barque, Mrs Dalloway, se lance alors à la poursuite d'une preuve irréfutable. Dans ce nouvel opus de la collection " Papillon ", truffé de clins d'oeil littéraires, Jean-Marie Gourio met en scène la rencontre d'une nature indomptable et du pouvoir infini de l'imaginaire. Doux rêveur et poète à ses heures, Murray est un marginal qui voit ce que personne ne prend plus le temps de regarder. À l'instar de son antihéros, Jean-Marie Gourio nous invite, le temps d'une lecture contemplative, à saisir la beauté du monde qui nous entoure.
Journaliste au magazine Votre Temps, Pierre tombe des nues lorsque son rédacteur en chef lui ordonne d'interviewer une vache. Pivoine, jolie Bretonne Pie Noir, se révèle diserte, intelligente, un brin contestatrice. L'article crée l'événement, si bien que la vache se retrouve sur tous les plateaux de télés et coqueluche des radios. Le succès monte aussi vite à la tête des ruminants qu'à celle des humains. Célèbre, Pivoine est propulsée dans les salons de l'Élysée où le président de la République ne sait qu'inventer pour lui être agréable. Tenu à l'écart, humilié, Pierre n'a plus qu'à attendre son heure. Qui viendra. Dans ce deuxième volume de sa collection " Papillon ", Jean-Marie Gourio laisse s'épanouir avec délectation sa fantaisie. Grâce à sa maîtrise du dialogue et à son humour ravageur, il nous offre une farce désopilante et furieusement d'actualité, un chef-d'oeuvre de drôlerie et de férocité.
Giacomo, fils de menuisier, n'a connu depuis l'enfance que l'univers des jouets fabriqués par son père. Pour sauver l'entreprise familiale, il décide de se rendre dans le petit village de Collodi, en Toscane, où se trouverait l'arbre magique dont on fit Pinocchio. Une fois sur place, tout l'enchante : l'Italie, sa langue, son vin, ses femmes... Mais doit-il se fier au mystérieux inconnu qui lui promet de lui révéler son secret ? Et ce trésor qu'il convoite tant, existe-t-il vraiment ? Dans ce conte plein de fantaisie et de tendresse, Jean-Marie Gourio revisite avec bonheur Les Aventures de Pinocchio, classique de la littérature italienne. Construit comme un roman épistolaire, ce récit à l'univers délicieusement poétique nous réconcilie avec le rêve, le merveilleux et le monde de l'enfance. L'Arbre qui donna le bois dont on fit Pinocchio est le premier titre de la collection " Papillon ".
" Pendant trente ans, les Brèves auront été ma musique. Mon obsession. Mon bonheur. Les comptoirs ! Les gens qui parlent en buvant un verre. Qui rient. Qui pleurent. Qui rêvent. Qui déraisonnent. Qui déconnent. Pour moi, la vie est là. Je continuerai toute ma vie à traîner dans les bars. À écouter les gens. À les aimer. Mais désormais, ces mots resteront là où ils sont nés. Dans le bar. Collés sur les murs. Tombés au sol. Finie, la cueillette. En 1985, elles naissaient dans la grande salle commune de rédaction de Hara-Kiri et Charlie Hebdo, où nous avions un comptoir. J'y ai entendu ma première Brève : "Est-ce qu'une plante carnivore peut être végétarienne ?" Choron, Cavanna, Reiser, Gébé, Wolinski, Cabu riaient ! Leurs visages illuminaient le coeur et l'esprit du jeune homme que j'étais. Aujourd'hui, ils sont tous morts, et ils me manquent. Ce livre de Brèves est le dernier de la série. Je ne ramasserai plus le raisin des mots. Ce qui n'empêchera pas la belle vigne de pousser. Entrez dans les cafés. Enivrez-vous ! Tout est là ! "
Découvrez Chut!, un roman tendre et drôle où un militaire séduit une bibliothécaire en apprivoisant l'univers des livres. Une ode à la lecture et à l'amour, à savourer sans modération !
Tel un marin furieux s'obstinant à traverser l'Atlantique, Jean-Marie Gourio a repris sa quête acharnée et poétique pour cueillir les meilleures brèves de l'année 2009. " Le monde cache ses saveurs sous la banalité, les réservant à ceux qui savent la percer. Ainsi, Alexander Fleming en regardant assidûment une moisissure de fromage découvrait qu'elle contenait une médecine qui allait estoquer la chaude-pisse et autres infections peu aimables, de même Léonard de Vinci découvrit sur le visage disgracieux d'une femme sans intérêt un imperceptible sourire qui allait faire la fortune du Louvre, enfin Jean-Marie Gourio plaçant son oreille de façon particulière dans les débits de boisson découvre à la fin du siècle dernier des brèves de comptoir qui réduisent à néant la supposée vulgarité des bistrots, nous offrant le langage enchanteur de l'Homme devant son verre de blanc. Il est à noter cependant la supériorité de cette découverte sur les deux précédentes. En effet on constate que ni avec la Joconde ni avec la pénicilline on peut faire du théâtre, tandis qu'avec les Brèves, si ! " Jean-Michel Ribes
Un déchirant défi à la mort ; un vibrant hommage aux livres. Nous sommes à l'hôpital. Chaque jour depuis des mois, un homme lit pour sa petite fille endormie Alice au pays des Merveilles, de Lewis Carroll. Ce Livre sauvera-t-il sa petite fille, Alice, de la maladie ? Alice du pays des Merveilles sauvera-t-elle la petite Alice du pays des Souffrances ? Il faut croire aux histoires, disent les Livres. Alors Alice au pays des Merveilles quitte son royaume pour venir à la rencontre de la petite Alice à l'hôpital. Sortant du livre de Lewis Carroll, traversant les autres livres de la bibliothèque pour apprendre la vie, Alice au pays des Merveilles et le lapin blanc entraînent la petite Alice dans leur rêve, loin de ses souffrances. Jean-Marie Gourio aborde ici avec délicatesse et virtuosité un sujet des plus durs, l'agonie d'une enfant, et parvient à en faire, sans jamais trahir ses personnages, prêtant la parole aux objets et héros de papier, un extraordinaire chant choral qui nous emmène au-delà du réel." Ce livre est un hommage rendu aux livres. À la vie secrète des livres entre eux. À cette diffusion permanente d'une intelligence humaine, d'une âme. Immuable. Les livres sont toujours là, près de nous, à attendre. Ils vivent pendant que nous vivons, et pas seulement quand nous les ouvrons. Nous les croyons immobiles mais ils bougent avec nous dans le sens où notre mouvement modifie leur situation dans notre géographie intime. Les livres ont ce pouvoir-là : de nous renvoyer une pensée toujours vivante, mouvante, parce qu'ils bougent pour nous montrer que nous bougeons. " Jean-Marie Gourio.
" La vieille dame se tenait juste au bord de la fosse, soutenue par sa fille Louise, solide bonne femme aux quarante printemps venteux et rayonnants. Derrière elle, en tas, venaient la Puce, le petit José, le grand Alf, Antoine et tous les autres clients du café La Renaissance. Louise se pencha sur sa mère. -; C'est le moment. -; Maintenant, déjà ? -; Vas-y maintenant. Blanche ouvrit son petit sac noir, sortit l'objet et composa le numéro du défunt sur son portable tout neuf... tiiiiiiiit... tiiiiiiiiit... tiiiiiiiiit... ça sonnait au fond du cercueil... tiiiiiiiiit... et ça remontait tout vivant jusqu'aux oreilles parce que juste avant qu'on vissât le couvercle sa fille avait glissé le portable jumeau dans la poche du mort. Louise se tourna en direction de ses clients, souriante et tellement fière de son idée. -; Ça marche, cria-t-elle. T'entends quoi, mémé ? -; Ça dit quelque chose, répondit Blanche tout en pressant le téléphone contre son oreille, stupéfaite. -; Allez, dis-nous, on attend ! "
Après avoir refermé ce roman, plus jamais vous ne regarderez un clair de lune de la même manière. Dans un siècle, la Lune sera pleine. Venus de tous les coins de la planète, des centaines de milliers d'êtres humains s'y seront installés. Des gens raisonnables cédant aux charmes d'une vie nouvelle et aux promesses d'avantages sociaux non négligeables, des miséreux, des indésirables chassés sans ménagement d'une Terre devenue trop petite. Sans compter les aventuriers et les fous furieux prêts à fouiller à mains nues le sol de ce nouveau territoire pour en extraire des minerais rares, des pierres précieuses et autres trésors inattendus. Et le jour où tous ces gens se seront acclimatés aux conditions de la vie sur la Lune et que les centres commerciaux se seront multipliés, quelqu'un aura, c'était inévitable, l'idée d'ouvrir un bistrot. Epoustouflant, ce roman raconte l'ouverture du premier café sur la Lune. Pour l'inauguration, les patrons, Bob l'Irlandais et sa compagne TinTao, ont vu grand. Un décor somptueux, des lumières, des musiques, un comptoir grandiose, des flots d'alcools et de bière. Ils veulent que cette soirée soit inoubliable. Elle le sera bien au-delà de tout ce qu'ils avaient imaginé. Car ils sont venus, les assoiffés, les piliers de comptoir, tous ceux qui savent l'importance que peut avoir dans une vie l'existence d'un vrai bistrot. Ils ont investi les lieux, lourds de leurs biographies improbables, de leurs souvenirs, leurs désirs, leur peurs, leurs rêves, leurs folies. Attirant vers ce nouveau lieu de vie des visiteurs extravagants, des Touaregs, des enfants sauvages, des Gitans, Bob et TinTao ont inventé dans ce coin perdu de l'espace un jardin extraordinaire où tout devient possible. Étrangement réunis, ces hommes, ces femmes, ces enfants, premiers habitants sur la Lune, vont être traversés par tous les sentiments et toutes les sensations que peut ressentir un être humain, de la douceur la plus lumineuse à la violence la plus cruelle. La nuit sera longue, la nuit sera folle, la nuit sera merveilleuse et terrible. En ouvrant ce premier café sur la Lune, Bob et sa femme vont déclencher un ouragan.